Louis-Clément Tremblay est entré à la Mercerie Marcel Paré en 1949. Il a vendu officiellement la bâtisse mercredi.

Fermeture de la Mercerie Marcel Paré à La Baie

La Mercerie Marcel Paré à La Baie fermera ses portes d'ici la mi-juillet. Son propriétaire, Louis-Clément Tremblay, se concentrera sur son entreprise de noeuds papillon en bois, Abattis.
La bâtisse, évaluée à 169 900 $, abritant le commerce et deux logements a été vendue officiellement mercredi après-midi à de jeunes promoteurs. « Des jeunes qui avaient un beau projet m'ont demandé si ma bâtisse était à vendre. Ils ne sont pas prêts à l'annoncer, mais ils ont un "mosus" de beau projet », a mentionné celui qui a commencé à travailler comme employé dans le commerce de la rue Victoria en 1976.
Ce sera bel et bien la fin de la mercerie, car les nouveaux acquéreurs ne garderont pas le commerce. Ils devraient toutefois, selon M. Tremblay, conserver les deux logements à l'étage.
L'offre est intervenue à un moment propice. Il était en réflexion sur le temps qu'il pouvait accorder à Abattis. « Je n'avais plus de temps à consacrer au magasin. Quand j'ai eu à réfléchir à Abattis, François-Michel (son fils) finissait en marketing. Lui, il allait ailleurs, ce n'est pas ce qu'il veut. Donc je n'ai pas de relève. Dans la vente au détail, il n'y a personne pour aider les jeunes, il n'y a aucun budget », a-t-il déploré. Ainsi, le père de quatre garçons n'avait pas de relève familiale et pas d'autre acquéreur en vue. Ses trois autres garçons n'étaient pas attirés non plus. Gabriel est mécanicien, Marc-André est électricien et Clément-Jacques est chanteur (d'où son nom d'artiste de Clément Jacques).
Celui qui habille les gens de La Baie depuis 40 ans assure qu'il ne ferme pas en raison de difficultés économiques. Au contraire, il indique que ses affaires étaient à la hausse, surtout en raison de la fin depuis quelques années des travaux, qui se sont étirés dans le secteur. « Le centre-ville à La Baie, ça va bien, c'est exceptionnel. Il n'y a pas que les bateaux. Il y a une belle dynamique. Le centre-ville est plein. Au Summum, ça marche, c'est fou », a-t-il mentionné, en ajoutant que les affaires vont bien également pour Le Pavillon noir et la boutique amérindienne Authentique origine.
Fondée en 1949
La mercerie a été fondée en 1949 par Marcel Paré qui l'a gérée jusqu'à sa mort en 1974. Son épouse a vendu l'entreprise à deux employés, Steven Desmeules et Yvon Simard. Louis-Clément Tremblay a acheté les parts de M. Simard en 1999 et de M. Desmeules en 2005. « Si je n'avais pas eu Abattis, j'aurais continué. Si François-Michel était resté, j'aurais continué. Et si je n'avais pas eu d'acheteur, j'aurais continué. » Il a même fourni une autre preuve qui montre qu'il entendait encore continuer à exploiter son commerce récemment. Il a montré sur son téléphone cellulaire une photo de sa nouvelle affiche lumineuse et en bois qu'il était en train de confectionner. Elle ne servira donc jamais.
Liquidation
Comme le commerce ne sera pas repris, la vente de liquidation en sera bel et bien une. Louis-Clément Tremblay estime qu'il a environ 250 000 $ de stock en inventaire. « J'étais le seul à vendre du 7x dans la région », a-t-il souligné. 
Son service de vêtements sur mesure sera disponible pour encore seulement deux semaines et sera également réduit de 25 %, même si c'est fait à Montréal et non en magasin.
Noeuds papillon Abattis: bientôt un nouveau produit en bois
Louis-Clément Tremblay travaille présentement sur un nouveau produit pour Abattis. 
« Je suis en train de développer autre chose. Le produit que je veux sortir, c'est un produit qui n'existe pas », a-t-il révélé. Tout au plus, il se limite à dire qu'il sera fait en bois, tout comme les noeuds papillon qu'il crée lui-même un par un dans son atelier, en compagnie de sa femme qui s'occupe des bandes en tissu.
Abattis est en pleine expansion. En ce moment, une vingtaine de commerces en vendent un peu partout au Québec. Moins de 24 heures après l'annonce de la fermeture, déjà trois concurrents ont contacté Louis-Clément Tremblay pour devenir un point de distribution à Saguenay. 
« Par semaine, j'en vends une moyenne de 40 à 45. Dans mon magasin, j'en vends 25 à 30 par semaine », a-t-il détaillé. 
Les produits sont également en vente sur son site noeudpap.ca. Les prix varient entre 34 $ et 45 $ l'unité. Ils peuvent également être faits sur mesure. « On en a même vendu un à Quaqtaq ! » Ce village est situé tout au nord de la baie d'Ungava !
Une troisième institution fermée en quatre ans
Il s'agit du troisième commerce installé de longue date à fermer ses portes au centre-ville de La Baie en quelques années.
En mars 2014, Albert Tremblay Meubles avait fermé ses portes après 68 ans d'opération. Le magasin de la rue Albert a fait place depuis à DERYtelecom. Quelques mois plus tôt, en décembre 2013, le magasin de vêtements Odina Simard avait également mis un terme à ses activités, après 108 ans d'existence.
La Mercerie Marcel Paré était là depuis 1949. Démoli en 2011, le magasin JH Duchesne avait également été ouvert pendant plus de 70 ans au coin des rues Bagot et du boulevard de la Grande-Baie Nord. Le petit parc aménagé au même endroit porte d'ailleurs ce nom. Notons également la fermeture du restaurant Poulet Frit Gagnon en 2015 après 45 ans d'existence.
Selon quelques recherches, les trois plus vieilles entreprises restantes sont la Fromagerie Boivin, fondée en 1939, le magasin de chaussures J.-E. Morin, situé sur la 3e rue à Port-Alfred, en 1926, et finalement, la Laiterie La Baie, en 1919.