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Louis Hébert avec son père Jean-Jacques.
Louis Hébert avec son père Jean-Jacques.

Ferme familiale Hébert de Saint-Félicien: 140 ans d’histoire

Guillaume Pétrin
Guillaume Pétrin
Le Quotidien
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L’année 2021 marque le 140e anniversaire de la ferme de la famille Hébert de Saint-Félicien, ce qui en fait la plus ancienne entreprise familiale encore en activité dans cette ville.

Selon la copie de l’acte notarié, c’est le 18 juin 1881, soit quelques mois avant la création officielle (1882) de la municipalité de Saint-Félicien, qu’Antoine Hébert a pris possession de sa ferme.

La famille Hébert, qui provenait de Saint-Grégoire au Centre-du-Québec, s’était installée alors sur des terres qui s’étendaient jusqu’aux rives de la rivière Ashuapmushuan, tout juste à côté de l’église.

Les années passèrent et l’urbanisation a obligé la famille Hébert à réaménager les bâtiments de ferme à l’autre extrémité des champs, soit à la hauteur du rang Double.

Au mariage de Lugder Hébert et Alice Jalbert, en 1904. Alice était la nièce de Damase Jalbert, fondateur du village-usine de Val-Jalbert.

À travers les époques, les différentes générations se sont succédé à la tête de l’entreprise agricole, qui a toujours su demeurer bien ancrée dans sa ville d’accueil.

Au cours des années 1990, la ferme familiale, qui pratiquait la culture biologique, fut l’une des premières entreprises de la région à recevoir une certification internationale.

La dernière génération, la sixième à poursuivre la longue tradition paysanne familiale, est celle de Louis Hébert, également le brasseur-propriétaire de la microbrasserie La Chouape.

L’an dernier, ce dernier avait franchi une étape importante en finalisant le transfert de la ferme familiale avec ses parents Céline et Jean-Jacques. Un processus qui s’était étalé sur une période de plus de 15 ans.

Ferme d’Antoine Hébert, à Saint-Félicien au Lac-Saint-Jean, vers 1906.

140 ans

140 ans, ça se fête en grand. Qui dit festivités dit bien souvent dégustation de bières ! Pour souligner cet événement hors de l’ordinaire, Louis Hébert profitera de l’occasion pour présenter tout au long de l’année des collaborations spéciales concoctées avec des proches ainsi qu’avec d’autres brasseurs qui lui tiennent à coeur.

« Je vais les inviter à venir brasser ici pour souligner ça. Au courant de l’année, on devrait sortir 7 ou 8 bières spéciales. »

Si la situation reliée à la COVID-19 s’améliore et que les mesures sanitaires le permettent, d’autres festivités devraient avoir lieu, dont un concert gratuit planifié au bistro.

Traditions et valeurs familiales

Une histoire riche de 140 ans fait en sorte que les valeurs et traditions se transmettent de génération en génération.

Parmi les valeurs familiales que Louis Hébert tient à préserver, une s’inscrit en haut de la liste : le respect.

« Notre première valeur d’entreprise, c’est le respect. C’est une valeur familiale aussi. Le respect au sens large, qui inclut le respect de la terre, de l’environnement, des humains, de ma famille et des employés. Ça passe aussi par l’agriculture biologique. »

La Chouape

En 2007, Louis Hébert et sa conjointe Marie-Eve Séguin ont fondé la microbrasserie La Chouape. Il sait que le développement de son entreprise brassicole est intimement relié à l’évolution de la ferme des Hébert.

La ferme est devenue un fournisseur d’importance dans l’élaboration des bières de la microbrasserie. L’orge cultivée dans les champs sert à la fabrication de la gamme principale de six bières certifiées biologiques.

La ferme en 1954.

« Parce qu’une bière débute son cycle à partir du moment où l’on sème le grain d’orge dans le champ. Nous cultivons dans nos champs depuis 2005 l’orge de brasserie biologique pour le brassage de nos bières. Actuellement, en tenant compte des rotations, la totalité de nos surfaces disponibles est dédiée à la culture d’orge pour nos bières. »

École Hébert

Parmi les autres faits intéressants, l’école primaire Hébert, maintenant située sur la rue L. W. Leclerc, fut nommée en l’honneur de la famille.

Dans les années 1960.

Jadis, l’école se trouvait sur les terres de la ferme. Le Cégep de Saint-Félicien et l’hôtel de ville ont été construits quant à eux sur une partie du lot ancestral des Hébert.

Par ailleurs, les différents événements et dates relatés dans ce texte ont pu être identifiés en partie grâce à un document publié conjointement par la Ville de Saint-Félicien et la Société d’histoire de Saint-Félicien.

Copie de l’acte notarié quand Antoine Hébert a pris possession de sa ferme le 18 juin 1881.

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SIX GÉNÉRATIONS

De père en fils, voici la chronologie des six générations du clan Hébert qui se sont succédé :

— 1ère génération : Antoine Hébert (père)

— 2e génération : Antoine Hébert (fils), maire de Saint-Félicien de 1901 à 1904

— 3e génération : Ludger Hébert

— 4e génération : Joseph-Antoine Hébert

— 5e génération : Jean-Jacques Hébert

— 6e génération : Louis Hébert

Et y aura-t-il une 7e génération pour reprendre le flambeau? À cette question, l’actuel patriarche préfère ne pas trop y penser pour l’instant, ses enfants étant encore assez jeunes.

« Je ne suis pas rendu là. Ils sont tous jeunes, mais j’aimerais ça qu’ils retiennent le plaisir de cultiver la terre et de la campagne », partage Louis Hébert.