Fermé au moins trois semaines

La Ville de Saguenay suspend toutes les activités au Centre Georges-Vézina

Toutes les activités se déroulant au Centre Georges-Vézina sont interrompues pour une période minimale de trois semaines. La Ville de Saguenay a annoncé la fermeture complète de l’amphithéâtre, vendredi soir, sous les recommandations de la Commission des sports et loisirs après que celle-ci ait pris connaissance d’un rapport préliminaire de la firme de génie-conseil Gémel.

Cette nouvelle a pris tout le monde par surprise, en fin de journée vendredi, officialisée par la mairesse de Saguenay, Josée Néron. Le Progrès a eu vent de l’information en milieu d’après-midi et l’organisation municipale a convoqué les médias à 18h pour confirmer le tout. L’accès au centre de la rue Bégin a été interdit à partir de la même heure.

Mme Néron et son équipe ont été informées de la situation au cours de la journée de vendredi et une rencontre était organisée à 15h30 avec les principaux acteurs du dossier. L’option de la fermeture temporaire est devenue inévitable. Pour le moment, aucune option n’est écartée, ni même celle d’une fermeture définitive.

La structure du toit du vieil édifice est le principal point problématique. Au cours des trois prochaines semaines, Gémel va approfondir ses analyses sur ladite structure. Les principaux utilisateurs du Centre Georges-Vézina, les Saguenéens de Chicoutimi, de la Ligue de hockey junior majeur du Québec, et les organisations de patinage de vitesse courte piste, ont été avisés de la situation après 17h vendredi.

« Des dispositions vont être prises dès samedi matin afin de relocaliser les activités de tout un chacun, dans le but de minimiser les impacts de cette décision », a déclaré Josée Néron, ajoutant que le premier rapport de Gémel était basé sur une suite d’analyses réalisées par le passé. La compagnie Roche était alors mandatée du dossier.

L’étude préliminaire exécutée par Gémel a été demandée par la Commission des sports et loisirs de Saguenay, dont le président est Michel Thiffault, en lien avec la question entourant la rénovation du Centre Georges-Vézina ou la construction d’un nouveau centre sportif.

Précisant que cette décision était avant tout préventive, la mairesse n’a pas voulu affirmer que les utilisateurs avaient eu des raisons de craindre pour leur sécurité.

« Si on nous confirme que tout est encore sécuritaire, on va procéder à la réouverture du Centre Georges-Vézina, mais on veut prendre toutes les dispositions nécessaires pour assurer la sécurité de la population, a fait valoir Josée Néron. Il faut attendre la fin de l’analyse pour avoir une réponse finale. Avec l’étude amorcée, on nous recommande de procéder à la fermeture temporaire. C’est ce qu’on fait de manière responsable. »

De la négligence?

En raison de cette décision rapide qui a pris tout le monde par surprise, il est permis de se demander s’il n’y a pas eu négligence dans le dossier. Depuis l’installation du nouvel écran géant, il est connu que la toiture du Centre Georges-Vézina ne peut soutenir une charge supplémentaire. D’ailleurs, une compagnie est appelée à enlever la neige à la moindre bordée.

Questionnée à cet effet, Josée Néron est demeurée prudente.

« J’aime mieux attendre le dépôt de l’étude finale avant de conclure quoi que ce soit », a-t-elle réagi.

À un moment où le débat entourant la rénovation du Centre Georges-Vézina ou une nouvelle construction fait rage, la nouvelle choc de vendredi à de quoi raviver les discussions. La fermeture temporaire du plus gros aréna du Saguenay-Lac-Saint-Jean donne un nouvel argument à ceux qui estiment que l’heure est venue de procéder à la mise en chantier d’un édifice flambant neuf.

« Vous comprendrez que l’analyse avait justement été commandée pour permettre à la Commission des sports et loisirs de statuer sur le projet qui pourrait être retenu, a souligné la mairesse de Sauguenay. L’analyse finale va permettre de nous orienter. »

Yanick Jean va prendre le temps

Les Saguenéens sont actuellement dans les Maritimes pour y disputer trois matchs en quatre soirs face aux équipes de l’est du pays. Si la nouvelle de la fermeture du Centre Georges-Vézina a fait du chemin jusque là, Yanick Jean a préféré prendre le temps de tout analyser avant de s’aventurer sur les répercussions qu’une telle situation pourrait avoir sur son équipe.

Le directeur général et entraîneur-chef des Sags se concentre sur le travail de son équipe sur la glace, plus particulièrement en vue des matchs de samedi (à Charlottetown) et dimanche (à Bathurst). Le patron hockey de l’organisation chicoutimienne a bien sûr été surpris d’apprendre que le centre Georges-Vézina devenait soudainement indisponible, mais il s’est montré bon joueur.

«On va voir la situation à notre retour, mais pour l’instant, on laisse nos gestionnaires gérer tout ça, a indiqué Yanick Jean. On a une entière confiance en tous les gens concernés. »

La magie des réseaux sociaux fait en sorte que les joueurs ont rapidement été mis au parfum de la situation. « Il y a un peu d’insécurité, mais on traversera le pont quand on sera rendu à la rivière », a philosophé Jean, préférant être courant de tous les tenants et aboutissants avant de commenter plus en détail.

« On va s’ajuster, mais en temps et lieu, a exprimé l’entraîneur. D’ici là, on a d’autres chats à fouetter avant notre retour à Chicoutimi. On va faire ce qui est le mieux pour les joueurs et l’équipe, mais on va prendre le temps de le faire comme il faut. La Ligue de hockey junior majeur du Québec va nous aider, tout comme les gestionnaires de l’équipe et la Ville de Saguenay. » 

La mairesse de Saguenay, Josée Néron, et le président de la Commission des sports et loisirs, Michel Thiffault, ont rencontré les médias.

Un gros casse-tête à prévoir

Outre les Saguenéens, les jeunes qui pratiquent le patinage de vitesse courte piste au Centre Georges-Vézina sont les plus grandes victimes de la fermeture temporaire de l’édifice vieux de 70 ans.

Le Centre Marc-Gagnon, centre d’entraînement régional pour développer l’élite de ce sport, y tient ses activités, tout comme les Comètes de Chicoutimi. Les meilleurs patineurs font partie du Centre Marc-Gagnon, tandis que le club des Comètes regroupe tous les jeunes. Les bureaux des deux regroupements sont également situés au Centre Georges-Vézina.

L’annonce de vendredi vient donc donner de sérieux de maux de tête aux personnes concernées. Joint vendredi, le président de l’association régionale de patinage de vitesse et coadministrateur du Centre Marc-Gagnon, Christian Simard, tentait de trouver des solutions. Il a rappelé que les patineurs de vitesse courte piste, par l’entremise du centre régional, des Comètes ou du programme sports-études, utilisent le Centre Georges-Vézina pas moins de 35 heures par semaine.

M. Simard s’explique mal pourquoi la décision a été prise aussi rapidement, sans réel préavis.

« On savait qu’il y avait des problèmes avec le toit, mais on se pose des questions, a-t-il confié. On trouve que ça s’est détérioré très rapidement. »

Christian Simard a souligné que six athlètes sont présentement en intense préparation en vue d’un important championnat national à Calgary. L’indisponibilité de la patinoire olympique du Centre Georges-Vézina vient donc compliquer sérieusement les choses.

« On vit des moments très pénibles présentement », a convenu M. Simard.

Le déplacement du Centre Marc-Gagnon à Québec pour les prochaines semaines fait même partie des solutions envisagées. Christian Simard et son équipe vont attendre les mesures proposées par la Ville avant de prendre une décision finale. Il ajoute que les patinoires du Centre Jean-Claude Tremblay de La Baie et du Centre Mario-Tremblay d’Alma permettent la pratique du patinage de vitesse, même si elles ne sont pas de dimensions olympiques.

Le Centre Marc-Gagnon compte à lui seul 22 patineurs d’élite, d’un peu partout au Saguenay-Lac-Saint-Jean.