Félycia utilise le bois de l’érablière de ses parents pour faire ses meubles.
Félycia utilise le bois de l’érablière de ses parents pour faire ses meubles.

Félycia Faucher, ébéniste à 16 ans

À 16 ans, Félycia Faucher est entrepreneure et ébéniste.

La semaine dernière, elle publie des photos de ses meubles faits main sur Facebook. « Je vous présente quelques-uns de mes projets récents », écrit-elle.

Elle part ensuite travailler pour la journée. Quand elle revient, elle n’en croit pas ses yeux : sa publication a été partagée 150 fois et plusieurs personnes lui écrivent pour avoir des meubles. « J’ai passé la soirée à répondre à des messages », raconte Félycia.

Depuis une semaine, elle est submergée de commandes de toutes sortes. Les gens lui envoient leurs idées sur Facebook et elle les réalise. Les messages qu’elle reçoit viennent de partout dans la province. Elle a même des commandes provenant de Montréal.

Félycia a grandi au milieu de la forêt, à quelques minutes de Sainte-Rose-du-Nord, sur l’érablière de ses parents. Son père coupe du bois sur leur terre de 111 hectares et sa mère est acéricultrice.

Les arbres qui servent à faire ses meubles proviennent du terrain où elle vit. Quand elle a besoin d’une planche, elle va marcher avec son copain dans la forêt pour trouver le bon arbre.

Félycia travaille le bois de toutes sortes de façon : un banc fait de palettes récupérées, un support pour les plantes en boulot ou des crochets de rangement pour les coupes et les tasses.

Félycia Faucher récupère de vieux meubles pour leur redonner une seconde vie et utilise le bois de l’érablière familiale.

En ce moment, elle travaille sur une décoration pour une mère dont le fils est autiste. Elle a inscrit sur une planche de bois : « Un enfant autiste ne vient pas avec un manuel. Il vient avec des parents qui n’abandonnent jamais. »

La jeune ébéniste mijote son projet depuis un moment déjà. « J’ai toujours aimé travailler le bois, dit-elle. J’en ai parlé à ma famille et ma mère m’a crinquée. »

Son amoureux et sa meilleure amie l’aident dans la confection de ses meubles. Ils passent leurs fins de semaine ensemble à travailler le bois.

Elle voit ce projet comme un passe-temps. L’étudiante de secondaire 5 aimerait aller en droit à l’université dans les prochaines années. Mais elle ne ferme pas tout à fait la porte : « Si la demande est présente, on verra. »

Pour l’instant, les clients sont au rendez-vous. Le confinement est un bon moment pour ce genre de projets, croit Félycia. « Une cliente m’a dit : “Depuis la quarantaine, je suis tannée d’être dans le même décor. Je suis en train de tout redécorer.” »

Elle fait elle-même la livraison avec sa mère. « J’aime ça être en contact avec les gens, explique-t-elle. C’est l’fun de voir leur réaction pour le travail que j’ai mis ! »

Félycia utilise aussi de vieux meubles pour leur redonner une deuxième vie. Il y a quelques semaines, en entrant dans la remise, elle a redécouvert une vieille commode ayant appartenu à son grand-père. « Je suis en train de faire un banc avec ça, explique Félycia. On va donner une deuxième vie à la commode. »

C’est la création dont elle est le plus fière. « C’est émotionnel parce que ç’a appartenu à mon grand-père ! »