La présidente régionale de la FIQ, Julie Bouchard, assure que le travail de préparation à la pandémie de COVID-19 se déroule très bien avec la direction du CIUSSS.
La présidente régionale de la FIQ, Julie Bouchard, assure que le travail de préparation à la pandémie de COVID-19 se déroule très bien avec la direction du CIUSSS.

Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec: «Faire attention» au personnel

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
« On a beaucoup de questions de la part de nos membres. Ce sont des questions qui concernent la présence des femmes enceintes auprès des personnes atteintes du coronavirus ou du personnel considéré comme immunosupprimé. Mais les choses avancent. »

La présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ) pour le CIUSSS du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Julie Bouchard, est consciente que le système de santé n’est pas encore confronté à la vague annoncée de personnes atteintes de la COVID-19, mais admet que tout le travail de préparation est bien amorcé.

« Je lève mon chapeau au CIUSSS. Il y a des discussions et nous sommes en communication constante avec l’employeur. C’est un vrai travail en partenariat qui a lieu en ce moment. Notre crainte pour les services de garde est déjà passée puisque depuis lundi matin, pas une seule membre n’a manqué son travail parce qu’elle devait demeurer à la maison avec les enfants. Tout a bien fonctionné et elles sont habituées avec ces situations ».

« En ce moment, il y a un travail qui se fait pour la mitigation des services. Cette mitigation est faite en fonction de phases pour aller chercher le bassin supplémentaire de ressources dont nous allons avoir besoin pour donner des soins si la pandémie se développe comme ça s’est produit ailleurs dans le monde », poursuit-elle.

Julie Bouchard indique qu’il y a un véritable momentum au sein du personnel pour en faire plus afin d’assurer les soins à la population. Plusieurs membres du syndicat ont confirmé leur intention d’augmenter leur disponibilité dans les prochains jours. Il s’agit d’employées qui, pour différentes raisons, travaillent à temps partiel en permanence. Il s’agit, selon la présidente, d’un ajout de ressources significatif dans les circonstances.

Les professionnelles enceintes, tout comme celles qui sont immunosupprimées, vont devoir se retirer de la première ligne – urgence, soins intensifs, groupe de médecine familiale. La FIQ a transmis ses directives aux syndicats sur l’importance d’assurer pour chacun des membres un environnement de travail sécuritaire.

« Nous prenons toutes les précautions pour assurer la population qu’il y aura du personnel en nombre suffisant pour répondre. Mais la population doit aussi faire attention au personnel soignant. Il faut que les gens suivent les règles pour protéger ceux et celles qui vont intervenir auprès des personnes infectées », insiste Julie Bouchard.

Elle cite en exemple les inhalothérapeutes, dont le rôle sera central au plus fort de la pandémie, quand les personnes infectées développeront des problèmes respiratoires, selon le scénario qui s’est déroulé dans des pays qui composent avec la COVID-19 depuis plus longtemps que le Canada.

« Nous avons, pour desservir la région, 148 inhalothérapeutes dans nos membres. Les hôpitaux d’Alma, Roberval, Jonquière et Dolbeau en comptent 20. Les autres sont à Chicoutimi. Ce sont des professionnelles qui circulent partout dans les hôpitaux et elles vont vraiment être sur la première ligne. C’est important de leur faire attention. »

Pour le moment, poursuit la présidente de la FIQ, pas une seule des 3200 inhalothérapeutes, infirmières auxiliaires ou infirmières, n’a eu recours aux dispositions de la loi pour refuser de travailler en raison des risques de contamination. Le syndicat a aussi reçu des appels de professionnelles retraitées qui souhaitent revenir au travail si la situation se détériore ou touche le personnel soignant.

Julie Bouchard admet qu’en situation normale, le réseau régional de la santé affiche un équilibre fragile au chapitre des ressources dans les catégories d’infirmières et infirmières auxiliaires. Les différentes mesures adoptées vont permettre de combler en partie cette réalité, mais elle n’est pas en mesure d’aller plus loin dans l’évaluation de la réponse du réseau régional à plus long terme, surtout au plus fort de la pandémie.

Elle est surtout rassurée par le travail accompli par la direction du CIUSSS, qui n’a pas hésité à mettre à profit les syndicats pour bien faire passer les messages aux employés et identifier des solutions. Les différentes directions du CIUSSS et les directions syndicales ont de nombreuses conférences téléphoniques quotidiennes pour préparer le réseau régional à faire face à la pandémie.