Une opportunité de travail à l’étranger en Colombie, pour Annie-Claude Laflamme, chargée de projet international pour le Cégep de Jonquière, a permis à la famille arvidienne de tisser des liens avec la famille Villate, qui a profité du congé des Fêtes pour découvrir la région et la province. À gauche, Félix Daviault-Ford et Annie-Claude Laflamme sont entourés de leurs trois enfants, Nathan, Émile et Clara Ford, en compagnie de la famille Villate, à droite, composée d’Eduardo Villate, de Diana Weisner et de leurs enfants Pablo et Gabriella.

Faire tomber les barrières

Les grands espaces publics ainsi que la beauté des paysages enneigés du Saguenay-Lac-Saint-Jean et de la province inspireront l’architecte et activiste colombienne Diana Wiesner, à son retour à Bogota, elle qui milite au quotidien pour l’accessibilité des espaces verts et leur préservation.

De passage dans la région pendant la période des Fêtes avec sa famille, Diana Wiesner ne peut s’empêcher d’étudier l’aménagement du territoire québécois avec son regard d’architecte paysagiste.

« Ici, c’est remarquable, car il n’y a pas de clôtures, rien. Tout est partagé. C’est une autre notion d’utilisation de l’espace qui est magnifique », a exprimé d’emblée l’architecte reconnue dans son domaine, lorsque rencontrée en début de semaine, dans une résidence en bordure du lac Kénogami, elle qui a fondé la firme Architecture and Landscape et qui dirige la fondation Cerros de Bogota.

Son conjoint Eduardo Villate, également architecte, et leurs deux enfants, Pablo, 8 ans, et Gabriella, 11 ans, jetaient un regard émerveillé sur la transformation du paysage canadien par les saisons, une réalité nordique si différente de leur quotidien, à Bogota, où l’altitude des différents plateaux entourant la capitale colombienne régit plutôt le climat.

Une faible neige recouvrait doucement le sol et la forêt de conifères avoisinante, donnant des airs de carte postale à ce secteur de villégiature, situé tout près du Centre touristique du lac Kénogami de la SÉPAQ. Les membres de la famille Villate ne pouvaient rêver d’un décor plus féérique, eux qui n’avaient jamais vu de neige ou qui n’avaient encore jamais enfilé de patins avant de s’élancer sur le lac gelé, il y a quelques jours.

Un séjour rendu possible grâce aux liens tissés avec Annie-Claude Laflamme et son conjoint, Félix Daviault-Ford, deux résidants d’Arvida qui ont passé près d’un an et demi en Colombie. Accompagnés de leurs trois enfants, les jumeaux Nathan et Émile, 11 ans, et Clara, 8 ans, ils ont posé en juin 2016 leurs valises à Medellín, puis à Bogota, grâce à une opportunité de travail à l’étranger (voir autre texte).

La famille Villate leur a fait découvrir les alentours de Bogota et les perles de la capitale, loin des attraits courus par les touristes. Annie-Claude et Félix ont ensuite voulu leur rendre la pareille en les accueillant dans la région pendant les Fêtes, eux qui profiteront également de leurs vacances pour découvrir Charlevoix et Québec, avant leur départ, le 10 janvier.

Découverte d’Arvida

La famille arvidienne, qui s’improvise à son tour guide touristique, s’est fait une fierté de leur faire visiter l’ancienne ville de compagnie, déclarée 13e site patrimonial de la province par Québec à la fin du mois de novembre.

Son urbanisme, qui contraste avec la planification rectiligne de plusieurs villes nord-américaines, a charmé les architectes. Et le seul fait de voir que les enfants pouvaient jouer librement dans un parc, situé près de l’école Sainte-Bernadette, à la fois public et utilisé par les écoliers, dans le quartier Saint-Philippe, les a impressionnés.

À Bogota, ces aires de jeu pour écoliers sont plutôt inaccessibles, hors des heures scolaires, et entourées de clôtures. « En Colombie, tout est privé et clôturé, a souligné Mme Wiesner. […] En raison de la recherche d’un sentiment de sécurité, les espaces publics sont séparés de tous ces lieux communs qui pourraient également profiter au public. »

Pour l’architecte paysagiste militante, qui aménage des espaces verts à Bogota, entre autres villes, le décloisonnement de l’espace public est une question de réappropriation du territoire, de partage, mais aussi d’inclusion et d’atténuation des disparités sociales.

Un idéal qui semble plus près de se réaliser qu’autrefois, dans la ville de neuf millions d’âmes, estime son conjoint Eduardo Villate, où les violences marquent trop souvent le quotidien de ses habitants. Il cite en exemple les différentes initiatives en matière d’aménagement d’infrastructures publiques du maire actuel de la métropole, Enrique Peñalosa.

« Je suis très heureuse de travailler dans ce domaine, car je sens que nous contribuons à un changement pour la population », a conclu avec espoir Diana Wiesner.

Eduardo Villate, Diana Weisner, et leur fils Pablo

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UNE EXPÉRIENCE PROFESSIONNELLE ET HUMAINE

L’opportunité de travail à l’étranger qu’a pu saisir Annie-Claude Laflamme, chargée de projet international pour le Cégep de Jonquière, en 2016, s’est traduite par une expérience et des liens inoubliables pour toute la famille.

Annie-Claude Laflamme a pu travailler pendant près d’un an et demi en Colombie grâce à l’organisme Collèges et instituts Canada, en se consacrant à l’implantation de programmes techniques dans les domaines minier et de l’environnement.

Son conjoint Félix Daviault-Ford a profité de l’occasion en œuvrant comme consultant auprès de microbrasseries colombiennes.

« Il y a un beau développement de la microbrasserie en Colombie. C’est comme l’essor au Québec, il y a 10 ans, mais comme ils sont neuf millions d’habitants, quand ils décident que quelque chose est populaire, ça pousse vite ! », a expliqué celui qui est l’un des cofondateurs de la microbrasserie Pie Braque, de Lac-Kénogami. Il travaillait alors également, à distance, au démarrage de la microbrasserie coopérative.

Les enfants, puis les parents

Les familles Villate et Ford se sont liées d’amitié après que leurs enfants, qui fréquentaient un lycée suisse, à Bogota, aient tissé des liens, alors qu’ils se trouvaient dans les mêmes classes.

« La connexion s’est faite très rapidement. C’est très rare que les enfants et les parents s’entendent aussi bien ! », a souligné en riant Mme Laflamme, en racontant l’histoire de leur rencontre.

Les premiers mois passés en Colombie ont représenté tout un défi pour leurs trois jeunes enfants, qui ont fréquenté à Medellín une école où l’anglais et l’espagnol étaient les seules langues parlées.

Accueil inoubliable

Ils gardent néanmoins un souvenir impérissable de l’accueil des Colombiens à leur endroit. « Ils sont vraiment très gentils, quand il y a de nouvelles personnes qui arrivent », a partagé Émile, pour qui l’usage de l’espagnol est revenu rapidement, comme pour son frère et sa sœur, lors de l’arrivée de la famille Villate pour les Fêtes.