Depuis plus de quatre ans, Denyse Gagnon présente le domaine de l’agriculture aux jeunes. Son rôle de mentore chez Academos lui permet de répondre aux diverses questions des étudiants.

Faire découvrir l’agriculture aux jeunes

Pour les jeunes habitant de grandes villes, l’agriculture peut sembler être un domaine à la fois impressionnant et inconnu. À travers son rôle de mentore chez Academos, l’agricultrice Denyse Gagnon répond aux nombreuses questions des étudiants et transmet sa passion pour sa profession.

Combien d’heures travaillez-vous par semaine ? Êtes-vous riche ? Comment puis-je acheter une ferme ? Voilà un aperçu des réponses auxquelles l’agricultrice de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix trouve la bonne réponse.

« Je fais connaître le travail que je fais. Après tout, je suis entrepreneure. Souvent, les gens pensent que travailler sur une ferme, c’est seulement traire des vaches. C’est beaucoup plus que ça », explique la copropriétaire d’une ferme laitière.

La consigne oblige la mentore Academos à répondre aux questions formulées par les jeunes dans un délai de 48 heures. Grandement intéressée par le processus, elle assure répondre le plus rapidement possible.

Bénévole depuis 2014, Mme Gagnon a aidé plus de 80 jeunes quant à leur choix de carrière. Elle avoue que les questions proviennent en grande majorité de la ville. Des jeunes intéressés à prendre leur place au sein de la relève familiale la contactent également.

À travers ses interventions, elle se fait un devoir de rappeler aux jeunes qu’il n’y a « pas de nourriture sans agriculture ».

Un parcours différent

À l’époque, Mme Gagnon a dû exprimer, à son père, son désir de faire partie de la relève familiale qui était réservé à ses frères. Elle ne s’en cache pas : elle a dû faire une mise au point quant à ses intentions professionnelles. Celle qui travaillait en service social a joint les rangs de l’entreprise familiale au début des années 80. « J’ai pris ma place dans ce qui était un monde d’homme. J’avais un travail plus physique. J’ai ensuite pris ma place dans le volet administration de l’entreprise », raconte-t-elle.

À travers ses activités de mentorat, Denyse Gagnon s’est retrouvée, quelques décennies plus tard, devant une situation similaire à la sienne. Une jeune fille l’a contactée puisqu’elle souhaitait devenir la relève de la ferme familiale, alors que c’est son frère qui était désigné. Après plusieurs échanges, l’étudiante a confié à Mme Gagnon le succès de leurs discussions. Son père avait changé d’idée et avait accepté de lui confier la relève de la ferme.

Ces échanges écrits avec les jeunes permettent à l’agricultrice de redécouvrir son quotidien sous un autre angle. « On ne s’arrête pas toujours sur le travail qu’on fait. Les jeunes nous posent des questions et cela nous fait réfléchir. On se confirme que nous apprécions encore notre travail », témoigne Mme Gagnon.

Bénévole accomplie

L’horaire chargé de l’agricultrice est loin d’être un frein à son implication bénévole dans la communauté. « Avec le bénévolat, on n’attend pas d’argent. C’est un contact et des échanges avec les gens. Cela nous apporte tellement. C’est une façon de trouver l’équilibre à travers tout ce que nous faisons. Le merci qu’on obtient à la fin est tellement important », exprime celle qui effectue du mentorat d’affaires à la Chambre de commerce et d’industrie Lac-Saint-Jean-Est, en plus de présider la section Lac-Saint-Jean-Est de la Croix-Rouge.

La copropriétaire de Ferme du Clan Gagnon, Denyse Gagnon, reçoit via courriel les diverses questions entourant les métiers de la ferme. Elle doit répondre aux jeunes dans un délai maximal de 24 heures.

Bénévoles recherchés

L’organisme Academos est à la recherche de mentors provenant du Saguenay–Lac-Saint-Jean qui ont un intérêt à partager leur passion professionnelle à des jeunes de 14 à 30 ans. Avec ses 3000 mentors, Academos accompagne, par le biais d’Internet, près de 100 000 jeunes dans leur démarche d’orientation.

L’application mobile permet de connecter des professionnels à des jeunes grâce à un mentorat virtuel. Ceux-ci ont l’occasion de questionner et de s’informer à propos du métier qu’ils rêvent d’exercer.

« L’application Web permet à des jeunes de communiquer avec des mentors provenant de toutes les régions. On sait que pour bien des jeunes, c’est important de trouver quelqu’un qui fait le métier qui les intéresse et qui vit dans la même région. La connexion est plus facile à faire et pour les jeunes, c’est plus facile de se projeter de faire un métier quand ils savent que c’est possible dans la région », explique la présidente et fondatrice d’Academos, Catherine Légaré.

Le travail des mentors bénévoles se déroule exclusivement de manière virtuelle. Une fois l’inscription faite, une entrevue de validation permet de confirmer le sérieux des candidats qui échangeront avec une clientèle, en partie mineure. 

La tâche demandée est d’à peine quelques minutes par semaine. Les mentors ont le mandat de raconter leur quotidien et de répondre aux interrogations des jeunes. Un algorithme permet de recommander des mentors aux jeunes, en fonction de leurs intérêts. 

Plus de 3000 mentors professionnels sont membres de la plateforme. Malgré des horaires professionnels et personnels chargés, ils trouvent le temps de converser avec les jeunes. 

« Les jeunes se sentent mieux informés quant au marché du travail. Cela leur donne la confiance qu’ils pourront faire le métier qui les intéresse », explique Mme Légaré.

Elle cite en exemple une étudiante qui se questionnait quant à la possibilité de devenir policière malgré sa taille. Le mentor fut en mesure de répondre à ses interrogations, en plus de lui rappeler le quotidien d’un policier et les aptitudes requises. 

Mme Légaré présente Academos comme un moyen de réflexion sur la réalité des métiers. Les métiers d’avocat, d’enseignant et de psychologue figurent dans le palmarès de recherche. Grâce aux quelques médecins qui donnent de leur temps, plusieurs jeunes prennent conscience de la réalité de ce métier.

Academos se retrouve dans la pédagogie de plusieurs écoles du Québec. L’application facilite grandement le travail des écoles et des enseignants. 

Thèse de doctorat

Academos célèbre son 20e anniversaire cette année. Catherine Légaré a développé le projet dans le cadre de son doctorat en psychologie. Vingt ans plus tard, le projet est devenu un organisme à but non lucratif qui emploie une quinzaine de personnes. « C’est une thèse qui n’est pas restée sur les tablettes », souligne-t-elle. 

« Je voyais que les jeunes avaient besoin de projets et d’aspiration pendant leurs études. Au secondaire, cela fait toute la différence quant à la motivation et à notre engagement dans l’école », explique celle qui réalisé des études en psychologie axée sur le domaine scolaire.

La passionnée de technologies tenait à faire un projet qui permettrait de développer le potentiel des jeunes à travers les technologies.