Carole Arsenault, qui est responsable d’un service de garde en milieu familial utilisant le programme Ratatam, pose en compagnie de Kathleen Dryburgh, chargée de projets au CPE-BC Au pays des lutins.

Faire bouger les jeunes

Alors que près du tiers des enfants de trois à cinq ans ne bougent pas assez, plusieurs Centres de la petite enfance (CPE) du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont mis en place des programmes novateurs afin de contrer ce problème.

Grâce, entre autres, au travail du Consortium québécois de développement des pratiques psychomotrices (CQDPP), les éducatrices de CPE du Saguenay-Lac-Saint-Jean travaillent avec des programmes visant à encourager le développement et l’apprentissage autonome des tout-petits.

Le CQDPP forme du personnel dans les CPE et dans les écoles primaires des commissions scolaires de la région. Les activités de psychomotricité utilisées sont inspirées de la pratique de l’Européen Bernard Aucouturier. Ce qui a été développé dans la région permet à certains CPE et services en milieu familial d’avoir accès aux salles et infrastructures des écoles.

Dans la région, la recherche dans le domaine de la psychomotricité a démarré au milieu des années 80 grâce au travail d’enseignantes du Cégep de Jonquière, dont Suzanne Gravel. Celle qui est aujourd’hui retraitée de l’enseignement collégial occupe maintenant le poste de coordonnatrice au CQDPP.

« C’est un programme qui est né dans la région et qui s’est énormément développé parce qu’il répond à un besoin pour les enfants, le personnel éducatif et les parents. En fin de journée, les parents sont en mesure de valider si les jeunes ont participé ou non aux séances de psychomotricité à l’école. De manière informelle, les parents confirment que les enfants dorment mieux en plus d’être disposés à faire leur leçon en fin de journée », ajoute celle qui est également chargée de cours à l’UQAC. 

Suzanne Gravel précise que plus un enfant est jeune, plus nous devons passer par les mouvements de son corps afin qu’il se développe. Ainsi, chaque fois qu’on empêche un jeune de bouger et d’expérimenter, on l’empêche, en quelque sorte, de se développer. Les nombreux écrans et le transport en auto sont à la base du défi de la vie d’aujourd’hui. 

« On recommande au personnel éducatif d’avoir, au minimum, une année d’expérience. Le défi c’est d’accompagner l’enfant sans lui dire quoi faire. On doit l’écouter, l’observer, le décoder dans ses jeux et ses actions afin d’amener l’enfant à se dépasser là où il est rendu. L’enfant exprime ses émotions par le mouvement. Les enfants agités parlent, parfois, de leur vie émotionnelle surchargée pour eux », précise Suzanne Gravel. Celle qui a consacré sa carrière au développement des jeunes conclut qu’aujourd’hui, alors que tout est rapide, nous devons apprendre à prendre le temps. 

Les jeunes participent à plusieurs activités du programme Ratatam et même des leçons de yoga.

Milieu familial

Les services de garde éducatifs en milieu familial ne sont pas en reste. Grâce au projet Ratatam conçu en 2011 par À vos marques Santé, les responsables sont en mesure d’augmenter quotidiennement les périodes d’activités des enfants 0-5 ans. Le programme d’activités psychomotrices permet de bouger dans des petits espaces avec peu de matériel. En effet, le contenu du programme qui comprend, entre autres, cordes, balles et éponges prend place dans un bac. Les outils se retrouvent presque tous déjà dans les milieux familiaux. L’utilisation du programme Ratatam est simple alors que les intervenants sont en mesure de maîtriser les bases après une formation de six heures qui permet d’approfondir la base de la psychomotricité. 

Carole Arsenault, qui est responsable du service de garde en milieu familial, utilise ce programme avec les jeunes qui passent la journée en sa compagnie. Ils ont rapidement adopté le projet. 

Régulièrement, ils réclament des activités tirées de Ratatam. Les parents remarquent les journées sans Ratatam. En effet, les siestes sont plus difficiles pour les enfants qui se montrent plus impatients alors qu’ils n’ont pas canalisé leur énergie.