En 2018, le Saguenay–Lac-Saint-Jean comptait 277 406 habitants, ce qui est relativement stable depuis 2016. Le scénario démographique de l’Institut de la statistique du Québec prévoit que la population de la région subira une légère hausse de 0,1% par année d’ici 2019.

Faible croissance de l’emploi

La croissance de l’emploi au Saguenay–Lac-Saint-Jean sera plus faible entre 2019 et 2021 qu’ailleurs au Québec, avec une hausse de 0,3 % comparativement à 0,8 % pour la moyenne provinciale. Ce sont environ 1200 emplois qui devraient s’ajouter au total actuel, et ce, principalement dans le secteur des services.

La Direction de l’Analyse du marché du travail (DAMT) de Service Canada vient tout juste de publier ses plus récentes données sur l’emploi. Chaque année, des scénarios de prévisions à moyen terme sont présentés pour le Québec et ses différentes régions.

Partout au Québec, et le Saguenay–Lac-Saint-Jean ne fait pas exception, le secteur des services occupe une place importante. À preuve, parmi les 10 plus grandes places d’affaires de la région, sept sont des entreprises de services. Elles se situent particulièrement dans la région métropolitaine de recensement (RMR) de Saguenay, où se trouvent 58 % de l’emploi de la région et 58 % de la population.

En 2018, le Saguenay–Lac-Saint-Jean comptait 277 406 habitants, ce qui est relativement stable depuis 2016. Le scénario démographique de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) prévoit que la population de la région subira une légère hausse de 0,1 % par année d’ici 2021.

Même si l’économie de la région se diversifie lentement, elle repose encore grandement sur la forêt, le bois, le papier et l’aluminium. Les grands projets laissent toutefois entrevoir de bonnes perspectives, s’ils se réalisent.

Selon le rapport, la fin des grands chantiers ou la fin imminente de ceux-ci n’est pas étrangère à cette faible croissance pour la région, tout comme les grands projets annoncés et qui tardent à démarrer. Les barrières tarifaires imposées par les Américains sur le bois d’œuvre et l’aluminium demeurent des enjeux de taille pour les employeurs d’ici.

« Le niveau d’emploi du secteur de la production de biens augmentera légèrement. Cette croissance aurait pu être plus forte si ce n’était de l’instabilité causée par l’imposition des droits compensatoires sur le bois d’œuvre canadien et des problèmes de recrutement de main-d’œuvre qui freinent la croissance de certaines entreprises », peut-on lire dans le rapport, précisant que la décroissance des 15 ans et plus peut expliquer, en partie, les problèmes de recrutement de main-d’œuvre et de relève entrepreneuriale.

En 2006, 14,7 % de la population de la région était âgée de 65 ans et plus. Ce chiffre est monté à 22 % en 2018, et l’ISQ prévoit que le pourcentage atteindra 24,8 % d’ici 2021.

Le rapport rappelle que plusieurs projets d’importance ont été retardés en raison des mesures protectionnistes et que les investissements ont été plus difficiles à réaliser. On cite notamment la première phase de développement de l’usine de traitement et de valorisation des résidus de bauxite du Complexe Jonquière, même s’il s’agira surtout d’un projet de maintien plutôt que la création de nouveaux emplois. Cependant, le projet Elysis, qui vise à produire de l’aluminium vert, Métaux BlackRock et Arianne Phosphate, qui est en train de ficeler les derniers détails de son projet de mine d’apatite, pourraient changer la tendance. L’industrie de la fabrication de produits en bois évoluera à la baisse, au cours des deux prochaines années. Le redémarrage de l’usine de panneaux de Chambord aurait pu changer la donne, mais le lancement des activités semble retardé.

Dans l’industrie du papier, l’emploi est à la baisse depuis 20 ans. Cette tendance ne devrait pas changer au cours des prochaines années, parce qu’en plus de la baisse de la demande de papier, le recrutement est aussi difficile.

Le nombre de personnes en emploi a chuté de 3,9 % après avoir connu une hausse en 2017.

Au total, 5800 emplois à temps plein ont été perdus, ce qui fait en sorte que le niveau d’emploi de 2018 se situe sous la moyenne observée depuis la dernière récession. « De plus, ce qui se cache derrière le plus bas taux de chômage depuis 1987 n’a rien de bien positif, puisque la population inactive augmente, alors que le nombre d’emplois, de chômeurs et d’adultes en âge de travailler diminue », souligne le rapport.

+ SANTÉ: DES PROBLÈMES DE RECRUTEMENT

En 2017, même si le Saguenay–Lac-Saint-Jean comptait un nombre record de médecins omnipraticiens et de spécialistes, des problèmes de recrutement persistaient au niveau des autres professionnels et technologues de la santé et des services sociaux. 

Dans un rapport de la Direction de l’Analyse du marché du travail (DAMT) de Service Canada publié mercredi, on apprend aussi qu’en 2017-2018, la région était bien desservie au niveau des infirmières, comptant davantage d’infirmières par 100 000 habitants que la moyenne provinciale.

Le vieillissement de la population augmente cependant la demande pour les soins et l’assistance sociale, tout comme les besoins de main-d’œuvre, mettant ainsi de la pression sur le réseau régional de la santé et des services sociaux.

Depuis quelques années, le rapport mentionne que le Centre intégré universitaire de santé et services sociaux (CIUSSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean éprouve des difficultés de recrutement, ce qui fait en sorte que la croissance de l’emploi sera inférieure à la moyenne du Québec. Mélanie Côté