Face à face avec un ours noir: comment agir?

Guillaume Roy
Guillaume Roy
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Étant donné que les ours noirs ont quitté leur tanière pour partir en quête de nourriture en forêt, parfois à proximité des secteurs résidentiels ou touristiques, le ministère de la Forêt, de la Faune et des Parcs (MFFP) tient à rappeler les mesures préventives pour le côtoyer en sécurité.

D’emblée, le MFFP rappelle qu’on ne doit jamais nourrir les ours noirs et qu’il faut bien gérer ses déchets pour éviter qu’il ne s’approche des lieux habités. La gestion des déchets est particulièrement importante, car un ours aura tendance à revenir aux endroits où il a trouvé de la nourriture. Il est aussi recommandé de bien nettoyer les équipements de cuisine pour éliminer les odeurs pouvant attirer la bête.

Malgré toutes les précautions, il est possible de croiser un des 70 000 ours noirs que l’on retrouve dans les forêts québécoises. Malgré sa taille impressionnante, le MFFP tient à rappeler que l’ours attaque très rarement l’homme. Au Québec, il n’y a pas d’obligation légale de déclarer une attaque d’ours, sauf si la bête est tuée. Selon les données de la Protection de la faune du Québec, deux lieux d’attaque d’ours ont été recensés dans la province cette année, un en 2019 et trois en 2018. Le MFFP précise qu’il garde les statistiques par « lieu d’attaque au lieu de nombre d’attaques, car il se peut que le même ours ait tenté d’attaquer dans le même secteur, « mais sans avoir eu de conséquences graves ».

Il est important de rappeler que les attaques d’ours sont très peu fréquentes et qu’un très petit pourcentage d’attaques entraînent des blessures sérieuses. Selon le MFFP, « les attaques sont souvent reliées à une femelle voulant protéger sa progéniture ».

La revue scientifique Nature a répertorié 664 attaques d’ours noirs dans le monde entre 2000 et 2015. De ce nombre, 183 attaques ont été perpétrées en Amérique du Nord, mais ce chiffre tient compte des attaques de grizzlys, dans l’Ouest canadien, lesquels sont réputés pour être beaucoup plus agressifs que les ours noirs du Québec.

Habituellement, l’ours noir craint la présence des humains, mais lorsque la nourriture se fait rare, il n’hésite pas à s’aventurer près des sources d’origine humaine. Et c’est d’autant plus le cas lorsque les odeurs alléchantes viennent à son nez.

Si vous rencontrez un ours, il est recommandé de ne pas l’approcher, car l’ours est un animal sauvage au comportement imprévisible, surtout s’il s’agit d’une femelle avec ses petits. Il faut éviter de crier et de faire des mouvements brusques. Le MFFP recommande de parler doucement et de se retirer tranquillement, sans faire de mouvement brusque, et ce, jusqu’à ce que l’animal soit parti. Il faut éviter de le regarder dans les yeux, car il peut percevoir ce geste comme une menace.

Si l’ours se dresse parfois sur ses pattes arrière, il cherche habituellement à identifier une odeur ou une source de bruit. Si l’ours s’avance vers vous, montrez-vous imposant en agitant les bras, parlez fort et tentez de l’impressionner avec un bâton, en tapant sur les arbres ou sur le sol, par exemple. S’il décide d’attaquer, utilisez les éléments à portée de main, comme des branches ou des roches, pour vous défendre.

Le MFFP déconseille de faire le mort ou de grimper aux arbres, car l’ours est un très bon grimpeur. Il faut plutôt confronter l’ours et être prêt à réagir en cas d’attaque, tout en s’éloignant lentement en premier lieu, si c’est possible.