La mairesse de Saguenay Josée Néron et les directeurs des Cégeps de Jonquière et Chicoutimi, Raynald Thibeault et André Gobeil réclament une modification aux lois sur l’enseignement collégial afin de protéger les exclusivités offertes par les collèges publics en région. 
La mairesse de Saguenay Josée Néron et les directeurs des Cégeps de Jonquière et Chicoutimi, Raynald Thibeault et André Gobeil réclament une modification aux lois sur l’enseignement collégial afin de protéger les exclusivités offertes par les collèges publics en région. 

Exclusivités collégiales: Jonquière et Chicoutimi font front commun

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
Les Cégeps de Chicoutimi et Jonquière font front commun avec la ville de Saguenay pour exiger des modifications aux lois encadrant l’enseignement collégial privé et public au Québec afin de protéger les programmes exclusifs en pilotage au CQFA et pour tout le volet des communications au département d’ATM.

Les représentants des collèges ont tenu un point de presse en compagnie de la mairesse Josée Néron, jeudi matin, à l’hôtel de ville de Saguenay. Le message s’adressait à la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, qui a la responsabilité d’appliquer les lois encadrant l’enseignement collégial et donc d’accorder à des collèges privés l’autorisation d’offrir des formations similaires à celles dispensées dans les collèges du réseau public.

C’est la décision de la ministre de permettre au collège Mérici de Québec d’offrir un DEC en pilotage qui a provoqué la création de ce nouveau front commun. Le Cégep de Jonquière a vu le gouvernement accorder au collège Bart de Québec des programmes en production et postproduction alors que le CQFA et le Cégep de Chicoutimi ont maintenant deux collèges privés sur leur route avec les autorisations accordées au Collège Richelieu ainsi qu’à Mérici.

La mairesse Josée Néron a demandé à la ministre responsable de la région et députée de Chicoutimi, Andrée Laforest, ainsi qu’à sa collègue Danielle McCann, des positions fortes de façon à protéger les exclusivités régionales. Les participants à la conférence de presse sont toutefois conscients qu’il sera difficile de forcer le gouvernement à faire marche arrière puisque, selon les propos de la ministre Andrée Laforest, il est important d’avoir de la concurrence.

«Dans la loi actuelle, dès qu’un collège privé dépose une demande en démontrant notamment qu’il a la capacité financière de livrer le programme, le ministère n’a pas les leviers suffisants pour lui refuser», a expliqué le directeur du Cégep de Jonquière, Raynald Thibeault. Il croit donc nécessaire d’apporter des modifications législatives afin de protéger les collèges en région qui ont ainsi la possibilité d’attirer des étudiants de l’extérieur. Le programme d’ATM du Cégep de Jonquière attire à lui seul 700 étudiants par année, dont une grande majorité provient d’autres régions du Québec.

Son collègue du Cégep de Chicoutimi, André Gobeil, a de nouveau réitéré l’importance pour le gouvernement du Québec de procéder aux investissements nécessaires afin de soutenir le rôle du CQFA, qui fait partie des cinq écoles nationales du Québec. Les besoins pour la mise en place du nouveau programme sont de l’ordre de 32 M$, incluant l’achat d’avions de type King air et d’hélicoptères.

Le Cégep de Chicoutimi soutient que son programme en pilotage est grandement apprécié dans l’industrie de l’aviation. Les collèges privés offrent un programme au coût de plus ou moins 100 000 $ par étudiant.

Selon les informations obtenues hier, le prix pour former un étudiant au CQFA varie entre 60 000 $ et 75 000 $ selon le type d’aéronef (aviation commerciale, brousse et hélicoptère). L’étudiant, qui est accepté en fonction de son dossier académique, ne débourse évidemment pas cette somme.

La ministre Andrée Laforest a déclaré au Quotidien, il y a quelques semaines, que le gouvernement allait procéder à une annonce importante pour le programme d’ATM du Cégep de Jonquière. Le directeur général Raynald Thibeault est demeuré prudent en lien avec cette déclaration de la ministre régionale.

Le Cégep de Chicoutimi, qui a besoin d’investissements dans ses locaux, a de son côté démontré au ministère qu’il faut traiter le CQFA à l’extérieur du devis régulier du Cégep. Selon ce devis, le Cégep de Chicoutimi a 1000 étudiants de moins que ce qu’il devrait avoir normalement en tenant compte de ses infrastructures.

Le directeur du Cégep de Jonquière a de son côté fait des mises en garde concernant les devis collégiaux. Il souligne que ces devis seront revus en fonction des nouvelles réalités. À titre d’exemple, le Cégep de Jonquière a en ce moment 1200 élèves de moins que son devis et le directeur affirme qu’il n’y a plus d’espace.