Lucile Pain, une étudiante au doctorat en biologie à l'Université du Québec à Chicoutimi, travaille sur sa thèse qui porte sur l'étude du code génétique de l'asthme. Elle cherche à déterminer quels gènes pourraient avoir une incidence sur le traitement de l'asthme.

Étudier le code génétique de l'asthme

PAGE UQAC / L'asthme est une maladie qui affecte plusieurs personnes. Pour tenter d'en découvrir plus sur ce trouble respiratoire, l'étudiante au doctorat en biologie à l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), Lucile Pain, étudie son code génétique et cherche à déterminer quels gènes pourraient avoir une incidence sur le traitement de l'asthme.
«Le but est d'avoir le plus de détails possible sur cette maladie qu'on dit complexe», présente Mme Pain.
Sa thèse de doctorat s'intitule Étude de l'éosinophile dans l'asthme allergique: caractérisation de l'épigénome et du transcriptome et elle est sous la supervision de la professeure Catherine Laprise.
«Il faut voir l'asthme comme une porte avec une multitude de serrures. L'éosinophile est l'une des serrures importantes. J'essaie d'aller étudier son information génétique. Je vais donc étudier un acteur important dans notre système immunitaire et dans l'asthme et je veux l'étudier avec des moyens génétiques», explique Lucile Pain.
«On dit souvent qu'on est gouverné par nos gènes, et c'est vrai en partie. Mais nos gènes sont également modifiés en fonction de notre environnement, et c'est ce qu'on appelle l'épigénome. Je vais donc voir des marques que l'environnement a laissées sur l'ADN des personnes qui pourraient expliquer leur maladie», ajoute-t-elle.
Selon elle, connaître davantage le bagage génétique de l'asthme permettrait de créer des traitements mieux ciblés pour les personnes atteintes de la maladie. Lucile Pain mentionne que présentement, les pompes ne sont pas adaptées à tous, et que plusieurs personnes réagissent différemment à ce médicament.
«Je trouve ça fascinant d'être capable d'aller voir les gènes et d'expliquer à quelqu'un pourquoi il est comme ça! Être utile dans la communauté, aider les gens en y alliant la science, c'était le match parfait», raconte Lucile Pain. L'étudiante d'origine française travaille d'ailleurs en partenariat étroit avec des patients de la région qui se sont portés volontaires pour participer à l'étude.
Une passion
«J'ai commencé par faire une maîtrise qui portait sur le cancer du poumon, et je devais tester une molécule qui avait un potentiel intéressant. À la fin de la maîtrise, j'ai voulu continuer au doctorat parce que je n'étais pas tannée de mes études, et que la recherche continue de m'intéresser», mentionne Mme Pain.
Elle a donc souhaité poursuivre dans le domaine des maladies respiratoires et approfondir ses connaissances sur la génétique, en plus de garder un angle thérapeutique.
Depuis la fin de son baccalauréat, qu'elle a complété en France, Lucile Pain est très intéressée par la recherche. «Ç'a commencé à m'intéresser très tôt. À la fin de mon baccalauréat, j'ai eu la possibilité de venir étudier au Québec, à l'UQAC. Le fait qu'on soit dans une université de région permet une proximité avec les chercheurs, alors j'ai pu poser des questions, voir ce qui se passait dans les laboratoires», explique-t-elle.
Lucile Pain croit également que les cours plus pratiques de la maîtrise offerts au Québec, contrairement aux cours très théoriques offerts en France, lui ont permis de s'initier à la recherche et de voir que c'était ce qu'elle aimait vraiment.
«C'est un domaine dans lequel on ne s'ennuie jamais! Il y a des moments où on va travailler en laboratoire et d'autres où on va discuter avec les personnes, et on rentre en contact avec beaucoup de personnes différentes également», conclut-elle.
Diffuser les connaissances de la recherche universitaire
L'un des aspects importants de la recherche universitaire est le partage des connaissances, et les futurs chercheurs y sont sensibilisés dès le doctorat.
«J'ai participé au Congrès québécois en santé respiratoire à Montréal en novembre dernier. Ça c'est bien passé, et j'ai même eu un prix de présentation. J'ai bien aimé être capable de voir tout le monde présenter et appréhender d'autres maladies respiratoires», raconte Lucile Pain.
Par ailleurs, ce qui l'a également marqué, c'est d'être capable d'en apprendre davantage sur des maladies comme la fibrose kystique.
«Ce qui est intéressant, c'est aussi d'être capable d'échanger avec d'autres étudiants, de voir comment se passe leur parcours, ou encore de leur poser des questions pour connaître les processus qu'ils utilisent», poursuit-elle.
Ce sont des rencontres comme celles-ci qui lui permettent de se renseigner sur différentes façons de faire la recherche et sur les différents domaines qui touchent à la biologie et à la santé.
«Peut-être qu'après ma thèse je vais faire un stage postdoctoral. Alors ça me permet de voir toutes les facettes utilisées pour appréhender une même maladie. Je trouve ça super enrichissant et très passionnant», explique l'étudiante.
Les congrès et les colloques sont également nécessaires aux étudiants du doctorat pour s'assurer qu'ils sont capables de vulgariser leur sujet, assure Lucile Pain.
«Ce n'est pas tout le monde qui touche à ce qu'on fait. Alors vulgariser un sujet est un aspect très important en recherche. On ne peut pas travailler tout seul dans son coin. On doit collaborer et échanger ses idées. C'est comme ça que de grands travaux sont publiés.»
Mme Pain termine son doctorat dans deux ans. Entre temps, elle aimerait participer à des congrès internationaux, afin de rencontrer encore plus de chercheurs.