La directrice des Soins infirmiers du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Sylvie Massé, assure qu’elle a pris la décision qui s’imposait dans les circonstances pour offrir des soins de qualité et sécuritaires aux patients de l’hôpital de Chicoutimi.

Étudiantes en renfort au CIUSSS: pour la sécurité des patients

La directrice des Soins infirmiers du CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, Sylvie Massé, a pris les mesures nécessaires pour donner des soins de qualité et sécuritaires aux patients à l’hôpital de Chicoutimi en étant consciente de l’impact de cette décision pour les étudiantes au DEC-BAC de l’Université du Québec à Chicoutimi.

Au cours d’une entrevue qu’elle accordait au Quotidien, jeudi, Mme Massé a tenu à expliquer les raisons pour lesquelles les étudiantes qui avaient obtenu des disponibilités pour les études ont été contraintes de prioriser leur emploi d’infirmière. Le CIUSSS, insiste la directrice, est favorable à la formation de son personnel et va le demeurer. Le problème était d’un autre ordre et exigeait des mesures à la hauteur des difficultés qui se présentaient.

« Nous avions un choix déchirant à faire puisque nous considérons que la scolarisation et la formation pour le personnel sont très importantes. Le choix était de permettre aux infirmières de poursuivre leur formation ou de leur demander d’augmenter leur disponibilité pour donner des soins sécuritaires et de qualité à la population. On ne pouvait pas laisser les gens sans soins et notre premier rôle est de donner des soins », a répété Sylvie Massé qui ajoute que cette situation a été provoquée par des événements différents dans l’historique de l’hôpital.

L’hôpital de Chicoutimi parvient à répondre aux besoins de la population avec une vingtaine de lits de débordement qui nécessitent un certain nombre d’infirmières. Pour différentes raisons associées à la grippe et une augmentation des problèmes cardiaques, l’hôpital a été dans l’obligation de maintenir ouverts plus ou moins 40 lits de débordement. Il s’agit du double de l’historique de l’établissement.

Au cours des dernières heures, la pression a diminué avec la fermeture de plusieurs lits de débordement. La situation, dit-elle, est fragile, mais la fermeture des lits de débordement permettra de faire baisser la pression sur les ressources.

« Cette situation a eu un impact sur les ressources », souligne l’infirmière de formation. L’entente intervenue avec les étudiantes infirmières leur permettait d’assister aux cours et de travailler la fin de semaine. Cette solution n’a pas été suffisante pour maintenir les niveaux de soins en fonction des besoins des patients qui se présentaient à l’hôpital.

Le besoin en main-d’œuvre pour les infirmières n’est pas nécessairement élevé. Le CIUSSS accueille toujours favorablement les demandes d’emploi d’infirmières d’expérience. 

D’autre part, Sylvie Massé souligne que le taux d’échec à l’examen de l’Ordre des infirmières du Québec de l’automne dernier a été élevé, ce qui a privé le CIUSSS d’un certain nombre d’infirmières détenant un permis de pratique.

« Celles qui ont échoué leur examen continuent à travailler, mais elles doivent toujours être sous la supervision d’une infirmière », explique Sylvie Massé.

Pour la période estivale, le CIUSSS n’a pas encore pris de décision quant à une diminution des services. 

Les hôpitaux vont diminuer les services comme ils le font toujours en période estivale. Aucune autre mesure n’a encore été arrêtée si ce n’est que la période de prise de vacances des infirmières a été prolongée. 

Les vacances estivales seront prises de mai à octobre, selon les règles d’attribution des conventions collectives.

Sylvie Massé a assuré que les discussions allaient se poursuivre avec l’UQAC pour identifier des solutions. 

Elle ne peut dire pour le moment si les étudiantes au DEC-BAC qui n’obtiendront pas leur diplôme pourront avoir accès à des postes d’infirmière clinicienne sous réserve de compléter leur programme ultérieurement. Les conventions collectives en vigueur dans chacun des établissements diffèrent sur cet aspect de la dotation de postes.

Préposés au bénéficiaires

La Fédération de la santé et des services sociaux affiliée à la CSN suit de près la situation des préposés aux bénéficiaires. Une entente est intervenue avec l’employeur pour ce qui concerne les heures de travail. Selon les données du CIUSSS, il manque en ce moment 90 préposés aux bénéficiaires dans les établissements de la région. Le vice-président régional de la fédération, Gaston Langevin, affirme que les équipes syndicales suivent la situation au jour le jour. Le syndicat veut s’assurer que le personnel soit en mesure de prendre les vacances autorisées pendant la période estivale afin d’éviter les départs en maladie qui ont un impact sur les équipes de travail.

Des problèmes créés par les libéraux, dit la députée Mireille Jean

La députée de Chicoutimi à l’Assemblée nationale, Mireille Jean, n’en revient pas de voir tous les efforts déployés par les gestionnaires du CIUSSS, les syndicats et l’UQAC pour trouver des solutions aux problèmes créés par les politiques d’austérité du gouvernement libéral, doublées de la réforme Barrette.

La semaine a débuté avec la liste d’attente de 100 enfants pour des services de protection de la jeunesse. Pour Mireille Jean, il est inacceptable qu’au Québec, on accepte que 100 enfants n’aient pas accès à un service aussi essentiel que la protection de l’État. Elle constate que les solutions ne sont pas simples puisque le problème s’est aggravé sur une longue période. 

L’affaire des infirmières qui suivent une formation universitaire pour se perfectionner dépasse aussi la limite de l’acceptable pour la députée. Encore une fois, il ne sera pas facile de trouver des solutions rapidement pour corriger la situation.

« Il est tout à fait normal que des femmes désirent obtenir une meilleure formation. Les citoyens sont aussi en droit d’obtenir des services de personnes qui font l’effort d’aller chercher une meilleure formation pour améliorer leur compétence. Ce qui est anormal, c’est que ces personnes voient leurs efforts contrés par les décisions prises par un ministre. Elles sont tout simplement pénalisées par des décisions gouvernementales », a soutenu la députée de Chicoutimi.

Elle reprend en soulignant tout le travail réalisé par une multitude de personnes pour en arriver à sauver la situation et maintenir les services à la population. Dans certains cas, ce sont des femmes qui risquent de payer plus que d’autres pour des politiques gouvernementales. Ces personnes qui doivent payer la facture ne seront surtout pas compensées par le dernier budget libéral, qui n’apporte aucune solution à la situation qui prévaut au CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean et dans de nombreux autres établissements du Québec.

« On est en mesure de voir que les gestionnaires du CIUSSS font des efforts, les infirmières font des efforts, l’UQAC fait des efforts. Tout ce monde doit compenser pour des problèmes qu’ils n’ont pas causés. Malgré tous ces efforts, ce n’est pas encore assez. Ça démontre assez bien l’ampleur des impacts des mesures d’austérité que le gouvernement a mis en place et qu’il voudrait faire oublier », a conclu la députée péquiste.

Mireille Jean rappelle que des infirmières d’établissements de santé dans d’autres régions du Québec ont pratiquement été dans l’obligation de faire des débrayages illégaux pour attirer l’attention du gouvernement sur la situation qui prévaut dans le réseau.

En chiffres

1536 infirmières techniciennes

703 infirmières cliniciennes

738 infirmières auxiliaires (manque d'effectif estimé à 50 personnes)

124 candidates au poste d'infirmière qui seront embauchées dans les prochaines semaines