Étude sur la communauté LGBTQ+ du Saguenay–Lac-Saint-Jean

Eve-Marie Fortier
Eve-Marie Fortier
Le Quotidien
Une étude visant à documenter les diverses sphères de vie des personnes LGBTQ a présentement lieu dans l’ensemble de la province. Les citoyens du Saguenay–Lac-Saint-Jean sont invités à y participer en répondant à un sondage en ligne.

Martin Blais, sexologue, sociologue et cotitulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), explique que cette étude est la plus grande enquête qui a été faite au Québec pour en apprendre plus sur l’expérience de la communauté LGBTQ en ce qui a trait à l’exhaustivité des domaines couverts, mais également au nombre de répondants.

Martin Blais, sexologue, sociologue et cotitulaire de la Chaire de recherche sur l’homophobie de l’Université du Québec à Montréal (UQAM), est l’un des chercheurs du projet.

« Nous souhaitons obtenir des réponses venant de 5000 personnes. Mille proviendront de Montréal, 500 de la Capitale-Nationale et 250 de chacune des autres régions administratives. Le grand nombre de visions permettra de bien représenter la diversité des expériences, qui ne seront pas les mêmes d’une région à l’autre. »

Le projet de recherche partenarial, qui s’échelonne sur sept ans et qui est sous la responsabilité de Line Chamberland, permettra entre autres de comprendre l’inclusion et l’exclusion des personnes LGBTQ en plus de sensibiliser la population.

« L’objectif est aussi de créer des environnements plus sécuritaires et plus ouverts dans plusieurs contextes, a affirmé le sexologue et sociologue. Certains médecins de famille ne sont pas au courant de l’orientation sexuelle de leur patient, ce qui ne permet pas toujours une bonne prise en charge. »

Line Chamberland, directrice de la recherche.

Le Dr Blais a expliqué, lors d’une entrevue téléphonique, que la recherche se déroule en trois volets. Celui qui s’intitule analyse et politique permettra de comprendre le contexte autour duquel l’étude se construit. Pour y arriver, une ligne du temps, qui démontre l’évolution chronologique des changements politiques et juridiques face aux droits et libertés des personnes LGBTQ au Québec, sera créée.

Les volets entrevue et enquête en ligne seront ceux qui permettront aux chercheurs d’obtenir des données concrètes et véridiques sur les divers domaines couverts. Étant donné l’exhaustivité de l’étude, répondre au sondage en ligne pourrait durer plus ou moins une heure, selon Martin Blais.

« Les personnes qui participeront au volet en ligne auront à répondre à des questions en lien avec plusieurs sphères de leur vie afin qu’on soit en mesure de documenter tout moment d’inclusion et d’exclusion. Les sphères de la famille et de l’amitié seront couvertes, mais également celles entourant les réseaux sociaux, le travail, la scolarité, les soins de santé et même le voisinage. »

Le chercheur a notamment expliqué que rares sont les personnes hétérosexuelles qui se questionnent avant de prendre la main de leur partenaire en marchant dans leur quartier. « Les marques d’affection en public entre personnes LGBTQ diffèrent également d’une région à une autre », a-t-il ajouté.

Mieux outiller

Outre la sensibilisation de la population générale à la réalité des personnes LGBTQ, l’étude permettra aussi d’outiller les professionnels de la santé, les décideurs et les organismes communautaires. Sur le site Web de la recherche, il est possible de lire que même si le Québec et le Canada sont considérés comme étant des sociétés ouvertes à la diversité sexuelle et de genre, les personnes LGBTQ « demeurent néanmoins confrontées à des expériences de dévalorisation, de dénégation et d’infériorisation qui les privent de leurs pleins droits dans plusieurs sphères de leur vie. »

Les citoyens qui souhaitent répondre au sondage en ligne peuvent le faire dès maintenant au savie-lgbtq.uqam.ca.