Les parents de Marianne St-Gelais ont de loin préféré les Jeux olympiques de Vancouver, où leur fille les a surpris par ses performances.

Être les parents d’un olympien

Francine Privé et Gaétan St-Gelais sont représentatifs des parents qui organisent leur vie autour d’un enfant-athlète. Aujourd’hui, Le Progrès et Radio-Canada leur décernent la médaille d’or en guise d’hommage à tous les parents qui multiplient les sacrifices pour soutenir leurs enfants. Fraîchement de retour de la Corée du Sud, les parents de la patineuse Marianne Saint-Gelais racontent leur parcours. À ceux qui se demandent pourquoi nous n’avons pas sélectionné un athlète, comme Samuel Girard, par exemple, nos critères exigent que le lauréat vive à l’année dans la région.

Voir son enfant participer aux Jeux olympiques est l’une des plus grandes fiertés qu’un parent peut ressentir. Pour Francine Privé et Gaétan St-Gelais, c’est même arrivé à trois reprises et chaque fois, ils étaient dans les gradins pour encourager leur fille Marianne. Même si la patineuse est revenue bredouille de Pyeongchang, ils gardent une étincelle dans les yeux lorsqu’ils parlent de ses performances.

«On aurait aimé que ça se termine mieux pour elle, mais on n’est pas amers et on n’a pas de regrets. Je lui lève mon chapeau parce qu’elle est sortie plus grande de ces Olympiques-là», souligne Francine Privé, la mère de Marianne. 

Pour elle, l’important, c’est que sa fille a donné tout ce qu’elle avait. Elle se rappelle d’une compétition de Marianne à Montréal où elle s’était assise sur ses lauriers alors que toute la famille s’était déplacée pour l’encourager. 

«On lui a expliqué que de donner son 100 %, ce n’est pas de finir première. Elle avait eu de la peine de ça. Elle a compris ce qu’on a voulu lui expliquer. Oui, il y a des sous, mais surtout, il y a de l’énergie en arrière de tout ça», explique la maman de Marianne.

Appui inconditionnel

Il n’y a pas de doute pour eux : si Marianne souhaitait participer pour une quatrième fois aux Olympiques, ils seraient derrière elle même si un tel séjour vient avec un coût. Leurs voyages à Sotchi et à Pyeongchang ont chacun coûté environ 30 000 $. 

Francine et Gaétan ont reçu un énorme soutien de la population. Ils ont réussi à vendre 450 chandails au coût unitaire de 20 $ pour financier une partie de leur séjour en Corée du Sud.

Une famille de quatre enfants organisée et unie

Marianne est la deuxième d’une famille de quatre enfants. Ses soeurs et son frère ont tous les trois essayé le patin, mais Marianne est la seule à s’être rendue aussi loin. 

Pour atteindre des sommets, Marianne devait patiner jusqu’à six fois par semaine dès l’âge de 12 ans. De ce nombre, deux entraînements avaient lieu à Saguenay. Son père, un travailleur forestier qui était en ville seulement la fin de semaine, l’accompagnait le samedi. 

« Moi, j’ai frappé un mur quand ma femme m’a dit qu’il fallait aller à Chicoutimi au Centre Marc Gagnon pour s’entraîner. Je n’étais pas d’accord au début. Toute ma journée y passait. C’est pour ça que j’y ai pensé longtemps avant de dire oui, mais Francine avait de bons arguments », avoue Gaétan St-Gelais avec le sourire. 

C’est aussi le papa qui s’est rendu à Calgary et Whitehorse avec sa fille pour lui permettre de participer à différentes compétitions, aux Jeux du Canada notamment. « Ce sont des compétitions qui coûtaient cher. Francine gardait les enfants et moi, je voyageais. J’avais le beau rôle », dit-il en riant. 

« Il ne fallait pas négliger les autres non plus. C’était important qu’il y en ait un qui accompagne Marianne et un autre qui reste avec le reste de la famille », ajoute sa femme. 

Pas de jalousie

Les parents soutiennent qu’ils n’ont jamais eu de reproches de leurs trois autres enfants quant à leur implication en temps et en argent pour permettre à Marianne d’atteindre ses buts. 

« Il y a une seule chose, c’est qu’on avait promis à Bastien et Catherine qu’on irait à Disney World, mais on n’est jamais allés parce qu’on allait aux Olympiques. Un moment donné, tu dois faire des choix », racontent Francine Privé et Gaétan St-Gelais. 

Ils précisent que la famille était bien organisée et qu’il fallait faire des choix parfois crève-coeur, mais que malgré tout, personne n’a jamais manqué de quoi que ce soit. 

« L’été, on allait au chalet avec les enfants et encore aujourd’hui, même s’ils sont à l’âge adulte, ils reviennent chaque été. Ils gardent de bons souvenirs. C’est vraiment ce qui nous permet de se retrouver », fait valoir le père de Marianne.

Aiguisage de patins

En plus de l’accompagner dans ses déplacements, M. St-Gelais aiguisait les patins de sa fille. Même après que Marianne eut déménagé à Montréal, à l’âge de 17 ans, il affilait ses lames. 

« Je le faisais parfois et les autres parents me demandaient ce que je faisais et je leur répondais que j’aimais ça », explique-t-il en souriant. Meghann Dionne