La pointe Langevin, en date du 20 avril 2020.
La pointe Langevin, en date du 20 avril 2020.

Érosion de la pointe Langevin: toujours dans l’impasse

Les printemps se suivent et se ressemblent pour Daniel Murray, président de la Ligue des propriétaires de Vauvert. La pointe Langevin continue de s’éroder et selon lui, le problème ne se réglera pas de sitôt.

Il estime que rien n’a évolué depuis décembre 2019, soit exactement quatre mois après avoir présenté publiquement une nouvelle étude.

« Le 20 décembre 2019, on a transmis différents documents et rapports à tous les ministères concernés. Depuis cette date-là, on est sans aucune nouvelle de leur part. J’ai eu quelques échanges avec la députée Nancy Guillemette et je crois qu’elle fait quelques efforts. Elle dit que le dossier avance à petits pas, mais moi, j’ai plus l’impression que l’on avance d’un pas et que l’on recule de deux. »

Rappelons que l’expertise avait été commandée par un petit nombre de membres de la Ligue des propriétaires de Vauvert qui s'étaient cotisés afin de faire la lumière sur la situation. Les résidants avaient alors mandaté la firme J.F. Sabourin et Associés (JFSA), experts-conseils en ressources hydriques et en environnement, pour effectuer un avis technique sur la problématique de l’érosion de la pointe.

Le président de la Ligue des propriétaires de Vauvert croit que le dossier a assez traîné en longueur. « Ç’a fait quatre ans au mois de mars 2020 que l’on considère qu’aucun développement ne s’est fait dans ce dossier-là. C’est pas compliqué, c’est laissé à l’abandon. Il faut qu’une position claire soit prise. Qu’est-ce que l’on fait avec cette pointe-là ? »

Épuisement

Il ne cache pas non plus que de mener un combat qui semble aller nulle part est épuisant pour tout le monde, lui le premier. Il parle même de découragement pour certains.

La Pointe Langevin, en date du 20 avril 2020.

« Quand on a fait les présentations des rapports les 18 et 19 décembre et que l’on a fermé les livres le 23 décembre, oui, j’étais épuisé. L’équipe qui m’entoure aussi l’était (...) C’est certain que les riverains qui sont directement affectés par cette situation commencent à être découragés. »

À l’instar de quelques autres résidents, il se demande si « c’est vraiment ça que je voulais avoir pour ma retraite? »

Avec son comité, il admet avoir réalisé et entrepris toutes les démarches possibles et que maintenant, c’est au gouvernement d’agir.

« On a fait tout ce qui était dans nos moyens. On s’attend bien qu’à un moment donné, le gouvernement va réagir. »

Pas de réponse

À Dolbeau-Mistassini, le maire Pascal Cloutier affirme continuer de discuter avec les citoyens concernés.

« On est là-dedans et on fait le suivi. On continue à travailler sur le dossier et encore dernièrement, nous avons eu des discussions avec des citoyens. »

Par contre, il blâme le gouvernement, de qui il attend encore des réponses. « Pour notre part, le programme est là, tout est fait et tout est prêt. Après qui on attend ? Après le gouvernement. On n’a pas encore de réponse et ce n’est pas normal. Un moment donné, il va en falloir. On est rendu à cette étape-là. Il faut arrêter de se faire dire que nous allons en avoir plus tard. Là, ça en prend ! »

Le premier magistrat confirme que la Ville a fait ses devoirs, mais que c’est à Québec que le dossier semble faire du surplace.

« Oui, on le sait que la municipalité va devoir s’engager financièrement. Le programme, c’est nous autres qui l’avons monté et on a fait des représentations auprès de Rio Tinto. Cette année, des relevés bathymétriques seront faits et le gouvernement aura seulement à les traiter (...) Un moment donné, il va falloir une action de leur part et des engagements avec des solutions tangibles. »