Éric Larouche

Éric Larouche « pas sûr » de la tutelle pour Promotion Saguenay

Le président du conseil d’administration de Promotion Saguenay, Éric Larouche, assure toute sa collaboration à la mairesse Josée Néron et au ministère des Affaires municipales pour faire la lumière sur la gestion de l’organisation, que cela prenne la forme d’une mise sous tutelle ou d’un autre processus de vérification externe.

Le président du conseil d’administration de Promotion Saguenay, Éric Larouche, estime que la mise en tutelle pourrait être évitée en mettant en place d’autres mécanismes de vérification qui permettraient de faire la lumière sur la gestion de l’organisation. Dans tous les cas, il assure cependant sa pleine collaboration.

M. Larouche avoue avoir été quelque peu surpris, samedi matin, lorsque la mairesse de Saguenay, Josée Néron, l’a contacté pour lui annoncer sa décision de demander la mise en tutelle de Promotion Saguenay. Il mentionne cependant avoir confiance en la mairesse et assure sa pleine collaboration dans le processus.

«On va collaborer et on va donner l’information qu’il faut pour être capable de tirer la situation au clair et s’assurer que la population va être satisfaite des réponses, et qu’on va pouvoir regarder vers l’avant et livrer, travailler, à ce que Promotion Saguenay doit faire, soit du développement économique et livrer les mandats que la Ville lui aura confiés», a-t-il déclaré, lors d’une entrevue téléphonique accordée au Quotidien, dimanche.

D’autres mesures possibles

Il estime cependant que d’autres mesures qu’une mise en tutelle pourraient être appliquées et qu’elles pourront être évaluées cette semaine lors de discussions avec l’administration municipale et le ministère des Affaires municipales. L’homme d’affaires, président du conseil d’administration depuis le début du mois de novembre, respecte toutefois la demande initiale de Josée Néron.

«Je pense qu’il faut aller au fond des choses. On va répondre à l’ensemble des questions. Si, pour s’assurer de la transparence de l’organisation et que les gestes qui ont été posés n’ont pas été faits à mauvais escient, s’il faut que ça passe par la tutelle, on passera par la tutelle.»

«Mais je pense qu’il y a beaucoup de mécanismes qui peuvent être mis en place pour éviter ça, a-t-il poursuivi. Saguenay a besoin de son organisme de développement. Je ne suis pas sûr que la tutelle, ce soit le bon mécanisme pour s’assurer que l’organisme va continuer de fonctionner de façon efficace.»

Les états financiers de Promotion Saguenay, vérifiés par une firme externe depuis 16 ans, seront mis à la disposition des vérificateurs qui pourraient être nommés dans ce dossier. «Si ça prend une autre firme externe pour venir revalider que Promotion Saguenay a des pratiques qui sont acceptables, on le fera», a exprimé le président.

Confiance envers l’équipe

Éric Larouche a réitéré sa confiance envers la présidente-directrice générale de Promotion Saguenay, Priscilla Nemey, et l’équipe de Promotion Saguenay. «L’ensemble des personnes qui supportent l’organisation sont très, très, très en confiance par rapport aux gestes qu’ils ont posés. Alors je vous dirais que moi, en tant que président du conseil, je supporte l’organisation jusqu’à preuve du contraire.»

Promotion Saguenay a d’ailleurs envoyé dimanche un courriel à ses 55 employés pour les rassurer et indiquer que les bureaux de l’organisation demeuraient ouverts lundi, tel que prévu. La situation actuelle sème l’inquiétude au sein des employés, a tenu à souligner le président.

Appui des trois députés provinciaux

Les députés de Jonquière, de Chicoutimi et de Dubuc appuient la décision de la mairesse de Saguenay, Josée Néron, de demander la mise sous tutelle de Promotion Saguenay.

Les trois députés provinciaux contactés par Le Quotidien dimanche parlent d’une même voix dans ce dossier et assurent leur support à la mairesse dans ses démarches.

Sylvain Gaudreault, député péquiste de Jonquière, a été scandalisé par le contrat de travail de l’ancien président-directeur général de Promotion Saguenay, Ghislain Harvey, rendu public la semaine dernière. « Je pense que madame la mairesse a pris une excellente décision, une décision qui est responsable », a-t-il réagi.

Celui qui a été ministre des Affaires municipales au sein du gouvernement de Pauline Marois avait déjà lancé une démarche semblable dans le cas de Laval. Il avait envoyé deux enquêteurs, à la fin de l’année 2012, pour faire la lumière sur les dépassements de coûts de l’OSBL qui gérait le projet de construction de la Place Bell, avant que la municipalité ne soit elle-même mise sous tutelle.

Assigner des enquêteurs à la vérification d’un OSBL revient en quelque sorte à une mise en tutelle, a indiqué M. Gaudreault. « Là, il faudra voir la procédure légale comme telle. Ce qui compte, c’est le signal très, très fort envoyé par la mairesse. »

Mireille Jean

La députée péquiste de Chicoutimi, Mireille Jean, applaudit elle aussi la décision de Josée Néron.

« J’ai accueilli [la décision] très positivement, je trouve que c’était l’action qu’il y avait à faire, a-t-elle déclaré. Déjà, depuis des années, on se pose des questions sur ce qui se passe à Promotion Saguenay, qui a 10 M$ qui proviennent des comptes de taxes et on ne sait pas ce qui se passe avec cet argent-là [...]. »

Elle offre son soutien à la mairesse. « Tout ce qui permettra d’avoir de l’information sur ce qui se passe avec l’argent des citoyens, certainement que je vais l’appuyer en ce sens-là. »

Serge Simard

Serge Simard, député de Dubuc, a lui aussi été surpris par le contenu du contrat de travail de Ghislain Harvey, la semaine dernière. « Je pense que madame Néron fait son travail. Elle est en train de regarder l’état des lieux [...]. La population lui a fait confiance pour essayer de changer les façons de faire et je pense qu’elle fait très bien son travail. »

« Nous, on va collaborer avec Mme Néron, par rapport à ses besoins, et c’est très clair », a-t-il indiqué.

Il a ajouté que la mairesse de Saguenay pourra s’appuyer dans son travail sur la nouvelle loi sur la gouvernance de proximité entrée en vigueur cet automne, qui donne de nouveaux pouvoirs aux municipalités.

Vérifications en cours

Le ministre des Affaires municipales et de l’Occupation du territoire (MAMOT), Martin Coiteux, a réagi par le biais d’une déclaration transmise par courriel au Quotidien par son cabinet. «Avec la reconnaissance des municipalités en tant que gouvernements de proximité, celles-ci ont davantage de pouvoirs. Cela signifie aussi plus de responsabilités et plus d’imputabilité. Dans le dossier de Promotion Saguenay, le sous-ministre au MAMOT est en communication avec la Ville de Saguenay. Des vérifications sont en cours», a-t-il déclaré.

Par ailleurs, le premier ministre du Québec et ministre responsable de la région, Philippe Couillard, n’était pas disponible dimanche pour réagir à la demande de mise sous tutelle de Promotion Saguenay de la mairesse de Saguenay, Josée Néron.