Eric Girard doit se départir de la majorité de ses vaches pour pouvoir exercer son nouveau rôle de député à temps plein à l’Assemblée nationale.

Eric Girard vend ses vaches pour siéger à Québec

Le nouveau député de Lac-Saint-Jean, Eric Girard, délaissera bientôt les champs pour les bancs de l’Assemblée nationale. Afin de se consacrer à 100 % à son rôle d’élu à Québec, l’agriculteur n’aura pas le choix de vendre la majorité de son cheptel de 200 bêtes au cours des prochaines semaines.

Copropriétaire avec sa femme d’une ferme bovine située à Labrecque, le député de la Coalition avenir Québec s’est déjà départi de 25 vaches d’élevage et compte laisser aller au moins 70 % de son troupeau pour pouvoir conjuguer ses nouvelles responsabilités de parlementaire.

Comme ses absences seront nombreuses au cours des quatre prochaines années de son mandat, un membre de sa famille va prendre la relève pour poursuivre la culture de céréales biologiques dans les champs de sa ferme Boréaliste.

Mais des 100 vaches et 100 veaux qu’il possède, il ne conservera qu’une soixantaine de têtes au maximum.

« C’est sûr et certain que je conserve ma ferme, mais je ne garderai pas beaucoup de bêtes. On va se concentrer sur la production de céréales. C’est une belle entreprise que j’ai montée avec ma conjointe. C’est aussi une question de retourner à la base et de se rappeler d’où on vient. L’été je vais aimer ça revenir et faire un tour de tracteur. On dit souvent “retomber les deux pieds sur terre”, mais moi je dis “retomber les deux pieds sur le plancher des vaches” », raconte candidement Eric Girard.

Pas le profil type


Ex-maire de Saint-Nazaire et ancien vice-président de l’Union des producteurs agricoles du Saguenay–Lac-Saint-Jean, Eric Girard est conscient qu’il n’a pas le profil type des députés provinciaux, qui sont souvent issus des milieux financiers, juridiques ou encore de la santé.

« Ce n’est pas parce qu’on est agriculteur ou camionneur, par exemple, qu’on n’est pas capable de faire de la politique. Un agriculteur, oui c’est manuel, mais on a la tête dans la paperasse, on travaille avec plusieurs organisations du ministère, on est des entrepreneurs et on crée beaucoup de richesse dans les milieux ruraux », note M. Girard, qui compte défendre des dossiers comme la gestion de l’offre auprès de son gouvernement, mais aussi tous les dossiers qui touchent ses concitoyens.

Alors que certains auraient pu le voir à l’Agriculture – poste obtenu par le député originaire de Saint-Félicien André Lamontagne –, Eric Girard assure qu’il n’a jamais eu les yeux sur un poste de ministre.

« Mon but, c’était d’être député avant tout. À partir de là, je veux me consacrer à 100 % à la population et faire avancer ses dossiers. Je n’avais aucune attente à ce niveau-là », indique-t-il.

Rentrée dans un mois


D’ici le 27 novembre, jour de rentrée parlementaire à Québec, Eric Girard a prévu de nombreuses rencontres avec les intervenants de son comté, dont la CIDAL, le Collège d’Alma, la MRC Lac-Saint-Jean-Est et plusieurs entreprises.

Il dit aussi travailler sur une base quotidienne avec ses collègues régionaux François Tremblay (Dubuc) et Andrée Laforest (Chicoutimi).

« On a une très belle équipe régionale et on sait qu’avec l’élection à venir dans Roberval, il y a une personne de plus qui va se joindre à notre équipe », prédit déjà le député de Lac-Saint-Jean.