Le grand patron de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau, affirme que le discours de Donald Trump n'avait pas grand chose de rassurant face à l'avenir du commerce international.

Ère Donald Trump: Richard Garneau «un peu nerveux»

Le chef de la direction de Produits forestiers Résolu (PFR), Richard Garneau, était «un peu nerveux», vendredi, en assistant au discours du nouveau président des États-Unis, Donald Trump. Le grand patron de Résolu estime qu'il y a encore beaucoup de points d'interrogation, mais que les impacts sur le commerce et les emplois seront majeurs si Trump met ses idées en pratique.
Richard Garneau a pu assister au discours d'assermentation de Donald Trump, vendredi, à Washington. Il avait été invité personnellement par l'ancien ambassadeur des États-Unis, David Wilkins, qui possède une terrasse à deux pas du Capitole. Il était donc presque aux premières loges, lors du discours du nouveau président américain.
«C'était la première fois que j'assistais à une assermentation d'un président. Même si je n'étais pas un invité officiel, c'était très intéressant d'être à proximité comme ça. C'était impressionnant, la foule, les policiers. Il n'était toutefois pas question de franchir le périmètre», a affirmé Richard Garneau, lors d'une entrevue téléphonique accordée au Quotidien, dimanche.
Évidemment, le président et chef de la direction de Résolu a écouté attentivement le discours de Donald Trump.
«Je dois admettre que le discours du président était assez "rough". Il a beaucoup parlé de protéger les frontières américaines et n'a pas fait de distinctions entre elles. Il parlait des "borders" au pluriel. Il a également affirmé vouloir reconstruire le pays avec les Américains et protéger les emplois. Bref, c'était un style plutôt intimidant, à l'image de ce qu'il a démontré tout au long de sa campagne.
Disons que je suis un peu nerveux face à l'avenir», a admis le patron de Produits forestiers Résolu.
Impacts importants
Selon Richard Garneau, les impacts sur le commerce international seront très importants, puisque le président américain a promis d'aider les compagnies américaines à exporter davantage, en plus «d'acheter américain et d'embaucher américain».
«J'ai hâte de voir. La situation risque de se compliquer encore plus et son discours a soulevé plusieurs questions. Les grands défis seront évidemment le bois de sciage, le papier surcalendré et le North American Free Trade Agreement (NAFTA) (L'Accord de libre-échange nord-américain - ALÉNA - en français). Avec sa vision "d'Amérique seulement", il y aura évidemment des conséquences et des impacts directs pour les emplois au Canada. Disons qu'il faudra suivre ça de près et être très attentif», a ajouté Richard Garneau.
Une voix québécoise dans l'enquête
Le grand patron de Produits forestiers Résolu, Richard Garneau, voit d'un bon oeil la participation de l'entreprise dans l'enquête en droits compensateurs et dumping visant les exportations de bois d'oeuvre du Canada aux États-Unis.
Nous apprenions, vendredi, que PFR avait été choisi par le Département du commerce américain pour une enquête visant à examiner les régimes forestiers et les programmes offerts à l'industrie forestière par le fédéral et les provinces canadiennes.
«Nous ne représenterons pas vraiment le Canada, puisqu'au départ, trois entreprises seulement avaient été choisies par le Département du commerce américain et il s'agissait de trois entreprises de la Colombie-Britannique. C'est le gouvernement du Québec qui a poussé pour qu'une compagnie québécoise fasse partie de l'enquête. Les compagnies sont choisies en fonction de leur niveau d'exportation, soit les plus importants importateurs aux États-Unis. Au Québec, c'était nous», a expliqué Richard Garneau.
Produits forestiers Résolu devra donc se soumettre à une rigoureuse enquête, qui déterminera ensuite le taux compensatoire qui s'appliquera à toute la province. «Nous allons travailler de concert avec le gouvernement du Québec afin d'établir les taux et la base d'imposition s'il y a lieu, en espérant que tout le monde puisse ensuite bénéficier d'un libre accès au marché américain», a ajouté M. Garneau.
Les taux préliminaires devraient être connus en mai, tandis que les taux finaux seront divulgués l'automne prochain.