Le coordonnateur des opérations forestières pour l’unité de gestion Saguenay du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, André Dufour

Érablières: le ministère fait le ménage

La modification du règlement sur l’encadrement des permis d’érablière et l’érection de bâtiments donne une plus grande marge de manœuvre au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs pour contrer l’accaparement des terres publiques et la construction de résidences secondaires.

Depuis quelques années, Le Quotidien a reçu des plaintes accompagnées de photographies dénonçant la transformation d’érablières en véritables domaines de villégiature et, dans certains cas, en territoires privés de chasse au gros gibier. Ce phénomène était concentré au sud de Laterrière, en bordure de la Réserve faunique des Laurentides et au sud du lac Kénogami.

D’entrée de jeu, le coordonnateur aux opérations forestières responsable de ce dossier à l’unité de gestion Saguenay du ministère, André Dufour, admet que le règlement qui encadrait la construction de bâtiments sur les érablières comportait des zones grises. Ça faisait en sorte que le ministère ne pouvait obliger les détenteurs de permis d’érablières qui ont érigé des bâtiments de très grande valeur à les démolir, tant et aussi longtemps qu’ils respectaient les obligations de récolte d’eau d’érable.

Changements

« Le nouveau règlement impose des contraintes pour les bâtiments. Un abri ne peut pas être érigé à moins de 100 mètres d’un plan d’eau. Nous ne sommes pas dans la villégiature. C’est normal puisqu’un permis d’érablière peut coûter 60 ou 80 $ par année alors qu’un bail de villégiature coûte beaucoup plus cher. »

La règle de base pour le détenteur d’un permis d’érablière est de prélever de l’eau d’érable sur une base régulière à l’intérieur de la période de cinq ans que dure le permis. Dès qu’un détenteur de permis cesse pendant trois ans de récolter l’eau d’érable, le ministère retire le permis et peut le transférer à une autre personne.

La règle de base pour le détenteur d’un permis d’érablière est de prélever de l’eau d’érable sur une base régulière à l’intérieur de la période de cinq ans que dure le permis. Dès qu’un détenteur de permis cesse pendant trois ans de récolter l’eau d’érable, le ministère retire le permis et peut le transférer à une autre personne.

« Si un détenteur de permis a érigé des bâtiments dans son érablière et qu’il n’y a pas d’exploitation pendant trois ans, le permis est retiré. Nous transférons le dossier au ministère des Ressources naturelles qui traitera l’affaire comme une occupation illégale du territoire et obligera le propriétaire des bâtiments à les démolir pour remettre le site en bon état », ajoute le fonctionnaire.

Selon les nouvelles dispositions du règlement, le refuge de l’érablière ne peut pas avoir plus de 400 pieds carrés. Le bâtiment de l’évaporateur peut avoir une superficie maximum de 576 pieds carrés pour une érablière de 600 à 900 entailles. Les permis sont délivrés à titre artisanal et il est strictement interdit pour le détenteur de réaliser des activités commerciales sur les sites.

Selon la porte-parole du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, Catherine Thibeault, le Saguenay-Lac-Saint-Jean compte plus ou moins 25 000 entailles alors que l’industrie acéricole québécoise en dénombre sept millions.

« Dans la région, nous avons 90 érablières. Au départ, le ministère a délivré ces permis dans un but de protection de ces sites puisque nous sommes à la limite nordique de la distribution de l’érable à sucre. Il y avait vraiment une volonté de protection. L’érable est une essence prisée pour le bois de chauffage et il y avait de la coupe », reprend le coordonnateur aux opérations forestières.

Les fonctionnaires du ministère visitent chaque année 30 % des sites sous permis. Les détenteurs doivent transmettre chaque année un rapport sur les opérations réalisées dans l’érablière. Ils n’ont pas l’obligation de procéder à l’évaporation sur place.

Le ministère a déjà retiré des permis d’érablière avant échéance. Dans deux cas, les détenteurs avaient transformé les sites en véritables dépotoirs. Ils ont cédé les permis et, dans un autre cas, dans le secteur d’Hébertville, le permis a été retiré parce qu’il n’y avait pas d’exploitation.

Le coordonnateur a conclu en rappelant qu’un détenteur de permis d’érablière n’a pas le droit d’interdire à d’autres personnes de réaliser d’autres activités comme la cueillette ou la chasse dans une érablière puisque ce sont des terres publiques accessibles à tout le monde.