Joker Sport a reçu une grosse commande de Poste Canada pour porduire des masque à leur effigie.
Joker Sport a reçu une grosse commande de Poste Canada pour porduire des masque à leur effigie.

Équipements sanitaires : les entrepreneurs du SagLac à l’affût

À peine quelques jours après l’annonce de la fermeture des commerces non essentiels, Cindy Dufour, la directrice générale de Polaire+, et son équipe de travail se sont retroussé les manches pour répondre à l’urgence sanitaire en se lançant dans la confection de masques artisanaux. Et en moins de 24 heures, l’entreprise de Saint-Félicien a reçu plus de 1200 commandes!

Que ce soit pour répondre à la demande croissante de produits sanitaires ou pour profiter d’une occasion d’affaires, les entreprises du Saguenay-Lac-Saint-Jean sont nombreuses à travailler d’arrache-pied pour fabriquer des masques non médicaux ou des jaquettes pour le personnel hospitalier. Pleins feux sur une tendance qui ne semble pas vouloir s’essouffler.

Avec une production automatisée, Joker Sport peut déjà produire plus de 20000 masques par semaine.

« On est très fier d’avoir pu maintenir les activités de l’entreprise en réagissant rapidement », dit-elle. Alors que peu d’entreprises faisaient des masques à la mi-mars, Polaire+ a rapidement reçu de très grosses commandes, dont celle de fournir plusieurs unités aux commissions scolaires de la région, ainsi que plusieurs commandes de la région métropolitaine.

Depuis un peu plus de deux mois, l’entreprise a fabriqué plus de 30 000 masques avec son équipe qui compte une dizaine de couturières. « On est capable de fabriquer entre 1500 et 1800 masques par jour », remarque Cindy Dufour.

L’atelier de Joker Sport

Alors que plusieurs entreprises se sont lancées dans la fabrication de masque, Polaire+ a lancé un nouveau modèle pour se démarquer de la compétition. « On a fait un partenariat avec une entreprise de Québec qui nous fournit un tissu qui filtre les particules de plus d’un micron », explique cette dernière. Polaire+ offre ainsi un produit de qualité misant sur la performance de la capacité à filtrer les particules plutôt que sur l’esthétisme, ajoute-t-elle. « En ajoutant de la coloration, on perdrait de la capacité de filtrage ». C’est pourquoi ce masque est seulement disponible en blanc, à un montant de 11,99 $/unité.

Appelée à servir

D’autres entreprises régionales, comme Noriske, ont reçu des coups de fil des établissements de santé de la province pour fournir des équipements de protection. « On s’est reviré sur un 10 cents pour fabriquer des équipements pour les hôpitaux », explique Nathalie Savard, la propriétaire de l’entreprise spécialisée dans la fabrication d’équipement de protection individuelle pour les industriels comme Hydro-Québec ou Rio Tinto.

Avec une production automatisée, Joker Sport peut déjà produire plusde 20000 masques par semaine.

Début avril, Noriske annonçait avoir reçu le mandat de produire 70 000 jaquettes, blouses et pantalons pour les établissements de santé. Pour livrer les commandes à temps, l’entreprise a fait appel à plusieurs sous-traitants régionaux, tels que Bilodeau Canada, Imago Structures et Identification sport. Ce mandat a permis aux 60 employés de Noriske de rester à l’emploi. « On a le sentiment de participer à l’effort pour passer à travers la crise », soutient Nathalie Savard, qui ne sait pas encore si elle continuera à produire de tels équipements après la crise. « Toute notre énergie est consacrée à la production pour l’instant », dit-elle.

En plus de travailler avec Noriske, Bilodeau Canada a modifié sa chaîne de production, pour respecter les règles de distanciation sociale, et pour produire différents équipements sanitaires. Depuis six semaines, l’entreprise de Normandin a fabriqué plus de 8000 jaquettes hydrofuges – dont plusieurs ont été commandées par des compagnies d’ambulance -, 5000 blouses de chirurgie et près de 4000 masques. « On est à temps plein là-dessus et ça permet de faire travailler une quarantaine de couturières, soit 95% de notre équipe de travail », dit Samuel Bilodeau, le directeur du développement des affaires.

L’atelier de Noriske

Même si Imago Structure, à Saint-David-de-Falardeau, était plutôt spécialisé dans la fabrication de yourtes et de tentes, l’entreprise n’a pas hésité à mettre son expertise en textile à profit pour répondre aux différents besoins de fabrication pendant cette urgence sanitaire, explique Martine Houde, la copropriétaire. Après avoir réalisé le projet avec Noriske, l’entreprise s’est mise à fabriquer des masques non médicaux, qu’elle vend en paquet de 10, principalement aux entreprises. Jusqu’à maintenant, Imago a vendu 6000 masques en un mois. « Ça nous a permis de rester en action au lieu d’arrêter et ça nous a permis de recommencer notre production régulière plus rapidement », souligne cette dernière.

Produire plus de 20 000 masques par semaine!

Alexandre Dufresne, le propriétaire de Joker sport, une entreprise spécialisée dans la sublimation de vêtements sportifs, a attendu avant de se lancer dans la fabrication de masque. « Au début, je ne voulais rien savoir des masques », dit-il. Mais après quelques semaines, il a constaté l’ampleur de la crise. En discutant avec des partenaires d’affaires dans différents pays, il a tenté de cerner le besoin des consommateurs en offrant un produit qu’ils recherchent.

Noriske a reçu un contrat pour produire 70 000 jaquettes, blouses et pantalons pour les établissements de santé.

En rouvrant l’usine de Saint-Prime au début du mois de mai, il a rapidement relancé les activités à vitesse grand V, produisant aujourd’hui plus de 20 000 masques par semaine. Mais l’entrepreneur ne compte pas s’arrêter là, car il a décidé d’investir 150 000 $ pour essayer de doubler la production d’ici quelques semaines. « La demande pour les masques est énorme et on doit refuser des commandes de 100 000 masques », lance-t-il, avant d’ajouter qu’il croit que la demande va demeurer assez élevée pour au moins trois ans. « De plus en plus de commerces exigent qu’on porte un masque, comme le fait Costco, et ça risque de devenir une nouvelle norme sociale, comme en Asie », soutient Alexandre Dufresne.

C’est une chaîne de production automatisée qui permet à Joker sport de produire une si grande quantité de masques. « On fait la découpe au laser, ce qui permet d’éliminer les coutures », ajoute ce dernier.

Les masques de Polaire Plus permettent de filtrer les particules fines jusqu’à un micron.

L’entreprise peut également personnaliser les masques qu’elle produit en ajoutant les logos sublimés sur le tissu. Postes Canada a notamment commandé plusieurs masques à son effigie.

D’ici peu, Joker sport commencera aussi la production de jaquettes, notamment pour les dentistes.

Polaire+

Après avoir investi dans des équipements pour la production de masques, Alexandre Dufresne souhaite ajouter ce produit à son offre de service, question de profiter de l’opportunité d’affaires, tout en améliorant l’autonomie sanitaire de la province.

Plusieurs autres petites entreprises et artisans de la région produisent aussi des masques, comme L’Unyk Création à Jonquière, Confection Imagine à Larouche, Atelier DCö à Saint-Félicien et le Cercle fermière des fermières de Laterrière.