Le directeur du Parc national des Monts-Valin, François Guillot, considère que la valeur de la Vallée des fantômes pour l’industrie touristique du Saguenay-Lac-Saint-Jean nécessite une réflexion sur les interventions possibles afin de préserver le secteur.
Le directeur du Parc national des Monts-Valin, François Guillot, considère que la valeur de la Vallée des fantômes pour l’industrie touristique du Saguenay-Lac-Saint-Jean nécessite une réflexion sur les interventions possibles afin de préserver le secteur.

Épidémie de tordeuse: une intervention envisagée

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
La Vallée des fantômes située au coeur du Parc national des Monts-Valin représente un attrait hivernal de premier plan pour l’industrie touristique régionale et il n’est pas impossible que la Sépaq tente d’obtenir les autorisations nécessaires pour tenter de freiner l’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette afin de sauver cette section du territoire.

Le directeur régional François Guillot doit rencontrer l’équipe du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs la semaine prochaine pour faire le point sur la situation de l’épidémie de tordeuse qui sévit tant au sud qu’à l’ouest des limites du territoire. Le ministère prévoit des opérations de récolte dans la zone du Valinouët, à l’ouest du parc, ainsi qu’au nord de Saint-Fulgence, du côté de la limite sud et de l’entrée principale.

« En pratique, il n’est pas autorisé de faire des interventions (arrosage ou récolte), à l’intérieur d’un parc de conservation ou d’une aire protégée. L’idée est de laisser la nature faire son oeuvre et de composer avec ces transformations », explique François Guillot.

« Malgré cette règle, le gouvernement du Québec a déjà autorisé l’arrosage de certains secteurs du Parc de la Gaspésie afin de créer des conditions favorables pour sauver l’habitat du caribou forestier. Dans ce cas, il y avait l’enjeu du caribou qui est important. Dans le cas du Parc national des Monts-Valin, il n’y a pas d’enjeu pour le caribou, même si nous avons documenté sa présence. C’est une situation différente. »

Le directeur du parc n’entend pas aller à l’encontre du cadre réglementaire, mais considère que la valeur de la Vallée des fantômes pour l’industrie touristique du Saguenay-Lac-Saint-Jean nécessite une réflexion. « Quand on considère cette importance, on peut discuter de l’opportunité d’une opération d’arrosage », indique-t-il.

Selon François Guillot, le personnel du parc a constaté la présence de la tordeuse pendant l’été dans la section de la Vallée des fantômes. Il estime qu’il est peut-être encore temps de procéder à un arrosage pour éviter le pire. Normalement, un arbre meurt à la troisième année de présence des insectes.

« L’arrosage n’est pas efficace à 100 % et on ne peut pas penser arroser tout le parc en raison de la superficie. Si on décide d’arroser un secteur, il faudra déterminer qui va assumer la facture, puisque ce n’est pas donné. On va faire l’analyse et on ne doit pas écarter qu’il n’y ait aucune intervention. Ce qui veut dire qu’on risque de perdre la Vallée des fantômes pendant plusieurs années, puisque c’est un phénomène naturel. »

Le gouvernement canadien a de son côté déjà autorisé des arrosages à l’insecticide. Ce fut le cas pour le Parc national de Banff du réseau de Parcs Canada. Il s’agissait de contrer une épidémie particulièrement agressive du dendroctone du pin qui a ravagé les forêts de l’ouest en quelques années seulement.

La Vallée de fantômes pourrait changer de visage dans les prochaines années.

Le ministère a de son côté poursuivi les consultations auprès des propriétaires du village alpin du Valinouët. Une récolte d’un peu plus de 200 000 mètres cubes est prévue dans cette zone alors que la tordeuse est présente depuis deux ans.