Le jeune autiste a été reconnu coupable de leurre d'enfant, ainsi que de production, possession et distribution de pornographie juvénile.

Envoyer ou non un autiste en prison

La défense parvient difficilement à dénicher un expert qui se penchera sur le cas du jeune autiste qui a été reconnu coupable de leurre d'enfant, ainsi que de production, possession et distribution de pornographie juvénile.
L'avocat Xavier Jean-Gagnon est en démarche de contestation de la peine minimale de 12 mois de prison qui s'impose pour de tels crimes. L'individu a reconnu sa culpabilité en décembre dernier, devant le juge Pierre Lortie, au Palais de justice d'Alma.
«Nous souhaitons démontrer au juge que d'envoyer un autiste dans la vingtaine en prison pour 12 mois, c'est une peine cruelle et inusitée. Ça n'a aucun bon sens. Ça dépasse l'entendement et la logique. C'est le problème des peines minimales. Elles font dans 95% des cas, mais on se retrouve dans des situations comme celles-là où ça n'a aucun bon sens», commente Me Jean-Gagnon.
Le procureur multiplie les contacts pour trouver un professionnel spécialisé dans le domaine de l'autisme, mais en vain. Ses recherches s'étendent jusqu'à la Métropole.
L'audition de la contestation de la peine minimale est prévue pour le 18 octobre prochain, au Palais de justice d'Alma.
Faits
L'individu, atteint d'un autisme de haut niveau, s'est fait passer pour un adolescent et une adolescente sur Facebook, par le biais de deux comptes différents.
Il recevait ensuite des photos osées de jeunes. Ces derniers acceptaient de les partager en privé, pensant se confier à un autre jeune de leur âge. L'autiste envoyait ensuite les clichés aux autres adolescents avec qui il entretenait une relation virtuelle.
Le stratagème a duré plusieurs mois avant que des adolescentes de l'extérieur de la région décident de porter plainte.
L'homme réside au Lac-Saint-Jean. Il est en liberté durant les procédures. Un rapport l'a jugé criminellement responsable de ses actions.