D’abord masqués, les deux complices de Twenty One Pilots se sont posés à Québec avec tout un attirail d’équipement, une mise en scène élaborée et une panoplie de costumes afin d’en mettre plein la vue.

Envolée spectaculaire au FEQ avec Twenty One Pilots [VIDÉOS ET PHOTOS]

CRITIQUE / Avec Twenty One Pilots aux commandes, le 52e Festival d’été de Québec a certainement accueilli dimanche sa plus grosse foule à date sur les plaines d’Abraham. Et celle-ci a eu droit à une spectaculaire envolée musicale sous les bons soins de deux fantastiques bêtes de scène.

Tyler Joseph est chanteur, mais il est aussi rappeur, bassiste, pianiste, joueur de ukulélé, chef de chœur, grimpeur et on en passe. Josh Dun est batteur, trompettiste, (un peu) chanteur, surfeur et acrobate, parmi ses autres tâches connexes. À eux deux, ils forment une redoutable machine scénique qui a joyeusement conquis les Plaines dimanche soir.

D’abord masqués — ça n’a pas duré… —, les deux complices se sont posés à Québec avec tout un attirail d’équipement, une mise en scène élaborée et une panoplie de costumes afin d’en mettre plein la vue. Comme leur musique polymorphe qui fait fi des frontières entre les genres (entre la pop, le rock, le hip-hop, le reggae et cie), Joseph et Dun se sont métamorphosés toute la soirée. Quand ils ne butinaient pas d’un instrument à l’autre au fil d’une même chanson, ils changeaient de rôles à une vitesse effarante, offrant du coup une solide prestation musicale et une rencontre franchement divertissante. 

Des exemples? Ce moment où ils ont joué les comiques en disant avoir été si inspirés par Québec qu’ils ont composé une nouvelle chanson. Josh juché sur les épaules de Tyler, ils ont entonné Can’t Help Falling in Love With You. Un petit backflip à partir du piano? Why not? Tant qu’à y être, pourquoi ne pas escalader une tour d’éclairage? 

Avec Twenty One Pilots aux commandes, le 52e Festival d’été de Québec a certainement accueilli dimanche sa plus grosse foule à date sur les plaines d’Abraham.

Des démonstrations de surf sur foule, on en a vu une et une autre au FEQ. Mais de mémoire de festivalière, pas de la manière choisie par Josh Dun, qui a littéralement joué de la batterie sur le public le temps d’un clin d’œil à Seven Nation Army des White Stripes. On a eu droit à un exercice similaire, en duo cette fois, en finale du concert. 

Musicalement, le duo n’a pas été avare de ses succès, qui ont déboulé à vive allure. On s’en doute, le méga hit Stressed Out a récolté la plus forte réaction. We Don’t Believe What’s on TV et Ride ont également suscité de belles chorales sur les Plaines.

Super sympathiques et fort habiles animateurs de foule, nos Pilots ont de toute évidence à cœur de faire vivre une expérience à leurs fans. C’est tout à leur honneur. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne prennent pas la sécurité à la légère. Par deux fois, ils ont inclus des agents du FEQ dans leur spectacle : d’abord en leur demandant de démontrer leurs talents de danseurs pendant My Blood, puis en faisant monter un groupe sur scène. Le tout en demandant aux festivaliers de les remercier pour le travail accompli. Chouette attention. 

Les gars avaient l’air franchement touchés par l’ovation qui leur a été réservée en fin de parcours. Gageons que leurs fans prendront aussi un moment avant de retoucher terre après cette soirée du tonnerre.

Yungblud

En début de soirée, l’ouragan Yungblud a décoiffé les plaines d’Abraham avec son énergie contagieuse. Celui qui arbore la camisole de force sur la pochette de son album «21st Century Liability» avait plutôt opté pour la petite robe noire et les chaussettes roses pour son baptême des Plaines.

En début de soirée, l’ouragan Yungblud a décoiffé les plaines d’Abraham avec son énergie contagieuse. Le jeune Anglais a pris un gros maximum de 18 secondes pour faire lever un solide party au parterre. Arrivé sur scène à la belle course (c’est aussi ainsi qu’il l’a quittée), il a offert une haletante portion de rock et d’attitude.

Celui qui arbore la camisole de force sur la pochette de son album 21st Century Liability avait plutôt opté pour la petite robe noire — un indémodable classique! — et les chaussettes roses pour son baptême des Plaines. Et ce n’est pas seulement par son look qu’il aura laissé une inoubliable impression. 

Rien ne semble à l’épreuve de l’auteur-compositeur-interprète de 21 ans, qui martèle ses vers en traversant les planches sans laisser de répit à personne. Déjà maître dans l’art de mettre la foule de son côté, Dominic Harrison (de son vrai nom) a fait bondir le parterre, a souvent tiré la langue (Gene Simmons a de la relève...), a distribué les baisers soufflés et a répandu l’amour sur l’immense site en demandant aux festivaliers d’enlacer leurs voisins. 

«Quand j’étais plus jeune, ils ont essayé de me médicamenter pour censurer ma personnalité. Si ça vous arrive, levez votre majeur vers le ciel et dites : “Fuck you man!”», a lancé le chanteur, dont le conseil a été repris d’une seule voix par les spectateurs massés devant la scène. 

«On doit revenir à Québec, vous êtes fucking incroyables!», a-t-il aussi observé tout sourire. Quand tu veux, monsieur!

The Glorious Sons

Arpentant la scène comme un fauve, le chanteur et harmoniciste Brett Emmons (à gauche) de The Glorious Sons, était vocalement en forme, mais avait parfois l’air un peu détaché, voire absent.

Pas facile de suivre sur les planches une bombe comme Yungblud. C’est dommage, mais même des faiseurs de hits comme The Glorious Sons ont un peu souffert de la comparaison, dimanche soir. 

Si on a senti une petite baisse de régime, la formation originaire de Kingston n’a pourtant pas mal fait, loin de là. Les Ontariens sont débarqués dans la capitale armés d’un bon échantillon de leur rock mélodique et radiophonique, bonifié d’une chouette reprise de Praise You de Fatboy Slim.

Arpentant la scène comme un fauve — il portait d’ailleurs une veste à motif de léopard agencée à un pantalon style tartan (!) —, le chanteur et harmoniciste Brett Emmons était vocalement en forme, mais avait parfois l’air un peu détaché, voire absent. Il s’est bien offert un petit bain de foule pendant le succès S.O.S. (Sawed Off Shotgun). Mais après l’explosive connexion créée par Yungblud, on était un peu loin du compte.