Le professeur en droit de l'environnement à l'UQAM Jean Baril, déplore que le chef de la CAQ, François Legault, parle peu d'environnement.

Environnement: la CAQ inquiète un professeur de l'UQAM

Selon le professeur en droit de l’environnement de l’UQAM, Jean Baril, une victoire de la Coalition avenir Québec (CAQ) serait dommageable en raison des faiblesses environnementales de son programme et des prises de position de son chef François Legault.


« Ce qui est décevant, c’est qu’il y a deux partis, Québec solidaire et le Parti québécois, qui parlent beaucoup d’environnement. Ils ont des programmes intéressants à mon avis. Mais ça semble assez clair que ce n’est pas eux qui vont former le gouvernement. Et le parti qui en parle le moins, c’est la CAQ. Encore hier (lundi), M. Legault parlait de remblayer les milieux humides, d’autoriser les motoneiges dans le Parc national du Mont-Tremblant, ou la production d’hydrocarbures sur Anticosti. Disons que c’est assez désastreux comme positions environnementales et c’est probablement malgré tout le parti qui va être au pouvoir. C’est sûr que comme environnementaliste, ça me déçoit. Mais bon, c’est la démocratie aussi », a déclaré le professeur lors d’une entrevue avec Le Quotidien.

Une campagne d’information

Ce dernier était en visite au Saguenay pour donner une conférence mardi soir à l’invitation du Conseil régional de l’environnement et du développement durable du Saguenay-Lac-Saint-Jean (CREDD). Le conférencier réalise une tournée du Québec où il explique les changements inclus dans la récente Loi sur la qualité de l’environnement, en vigueur depuis mars de cette année. Jean Baril est l’auteur du Guide citoyen du droit québécois de l’environnement, qu’il dit être « un ouvrage de vulgarisation, un outil de formation et d’éducation populaire ».

La nouvelle loi donne plus de droits aux citoyens qui désirent s’opposer à des projets qui ont des impacts environnementaux. « C’est pour expliquer aux citoyens les droits environnementaux qu’ils possèdent, car il y a plusieurs changements, notamment pour ce qui est de l’information. Il y aura la création d’un nouveau registre public », a-t-il détaillé.

Dorénavant, avec la nouvelle Loi sur la qualité de l’environnement, en vigueur depuis mars, une évaluation stratégique environnementale permet d’étudier l’ensemble d’une filière, et non seulement des projets à la pièce, comme ici à la 11e chute de la rivière Mistassini.


Ainsi, il sera plus facile désormais pour un citoyen de suivre le processus d’autorisation environnementale, car les documents seront rendus publics au fur et à mesure. M. Baril a donné comme exemple la MRC Lac-Saint-Jean-Est qui s’était fait refuser l’accès à des documents dans un dossier en 2015.

Jean Baril a aussi souligné un autre ajout intéressant, soit les évaluations environnementales stratégiques. Cette façon de faire permettra d’évaluer l’impact du développement complet d’une filière et non pas de faire les projets à la pièce. « Ça aurait pu être fait pour la politique énergétique du Québec. Là on est pris pour discuter d’un projet précis à la fois. Un barrage ce n’est peut-être pas grave, mais deux, trois ou quatre sur la même rivière c’est différent », a-t-il poursuivi.

La conférence visait à faire connaître aux citoyens leurs droits, tout comme aux organismes de protection de la nature. Toutefois, il faut savoir que tous les projets dont les évaluations sont entamées ne sont pas soumis à la nouvelle loi. Ainsi, les projets Arianne Phosphate et Métaux BlackRock sont soumis à l’ancienne façon de faire. GNL Québec sera soumis à la nouvelle loi.