Rio Tinto, des élus et des représentants de Mashteuiatsh ont annoncé hier la conclusion d'une entente sur la création d'un conseil de gestion durable du lac Saint-Jean.

Entente sur la cogestion du lac Saint-Jean

Les élus et la population auront leur mot à dire sur la gestion du lac Saint-Jean. Après de longues discussions, une entente est survenue entre Rio Tinto (RT) et le comité des parties prenantes sur un modèle de cogestion du réservoir.
Jean-Pierre Boivin, Ghislaine Hudon, André Paradis, Marjolaine Étienne, Jean-François Gauthier et Mario Gosselin ont présenté le nouveau modèle de gestion du lac Saint-Jean.
Les MRC, Mashteuiatsh et RT ont présenté mercredi les grandes lignes de cette entente intervenue à la suite du travail de médiation effectué par le représentant du gouvernement, Mario Gosselin.
Le porte-parole des élus, André Paradis, démontrait une très grande satisfaction. « C'est un moment historique. Nous faisons une avancée incroyable pour l'ensemble de nos populations. Nous avons un nouveau partenariat et une nouvelle façon de travailler qui démontre notre solidarité et notre leadership », a-t-il qualifié.
Même si la multinationale garde les mêmes droits sur la production d'électricité au lac Saint-Jean, les MRC, Mashteuiatsh, Rio Tinto et les propriétaires riverains vont se retrouver sur un pied d'égalité pour réaliser la gestion du lac afin de tenter de répondre aux besoins de chacun.
Un conseil de gestion durable du lac Saint-Jean sera créé. Il chapeautera un comité scientifique et un technique. Ce qui veut dire que RT ne pourra plus prendre de décisions unilatérales. La conciliation des usages devra être tenue en compte.
Niveau du lac Saint-Jean
Par ailleurs, un nouveau scénario de gestion du niveau du lac a été convenu entre les partenaires. À l'automne, pour éviter les dommages aux berges, le taux maximum sera réduit d'un pied à 15,5 et le minimum sera de 12 pieds. Au printemps, le niveau maximal de 16,5 pieds pourra être dépassé pour une période maximale de 12 jours, ce qui sera bénéfique pour l'environnement afin de favoriser les milieux humides. L'été, le niveau sera à 16 pieds et de 15,5 pieds à compter du 1er septembre.
Ce scénario n'aura à peu près pas d'incidence sur la production électrique de RT. Il prévoit des baisses de 0,6 mégawatt, ce qui représente environ 200 000 au tarif L.
Pour Mashteuiatsh, il s'agit aussi d'une situation gagnante. « Cette nouvelle gestion du lac Saint-Jean est un bel exemple où le partenariat et la collaboration sont mis en évidence. Ce consensus va permettre de respecter nos droits, nos enjeux et la pratique de nos activités traditionnelles », a souligné la vice-chef Marjolaine Étienne.
Négociations pas faciles
Ce consensus ne s'est pas dégagé sans heurt. Le médiateur Mario Gosselin a laissé sous-entendre que l'exercice n'a pas été simple. Une vingtaine de rencontres ont eu lieu au cours des cinq derniers mois. Et de nombreux téléphones ont dû se passer pour réussir à concilier les demandes des différents usagers que ce soit les pêcheurs, les plaisanciers, les riverains, etc. 
Ce nouveau modèle de gestion et le scénario sur le niveau du lac seront soumis aux audiences du BAPE qui devrait avoir lieu en mai.
Une entente historique aux yeux de Philippe Couillard
« C'est presque historique ce type d'entente. Je pense qu'elle servira de modèle et que d'autres entreprises au Québec devraient s'en inspirer. Rio Tinto démontre qu'elle joue son rôle de bon citoyen corporatif. »
Le premier ministre Philippe Couillard n'avait que de bons mots pour commenter le consensus obtenu entre la multinationale et le comité des parties prenantes du lac Saint-Jean. « Je suis très content ! En 2017, il faut en arriver à ce genre de collaboration. Tout le monde est gagnant. La compagnie ne subit pas de recul et les riverains et les usagers vont être écoutés et entendus et vont participer aux décisions », a-t-il ajouté.
Philippe Couillard estime que le médiateur nommé a eu un rôle primordial dans l'obtention de ce consensus, car les positions étaient passablement éloignées.
De plus, en ayant une entente de la sorte, moins d'irritants envers Rio Tinto devraient être exposés lors des audiences du BAPE. « Je ne veux pas présumer de rien et je vais laisser le BAPE tirer ses conclusions, mais en ayant un consensus clair sur une position de gestion participative qui permet de concilier tous les usages du lac Saint-Jean. Ça augure bien, car les audiences vont se faire dans un bon climat », pense-t-il.
Le député de Roberval a indiqué que les audiences du BAPE devraient débuter le 8 mai.