Entente pour la mobilité du personnel de la santé

La FSSS-CSN, la FIQ et le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont conclu une entente, lundi soir, dans l’espoir de faciliter la contribution des travailleurs du réseau de la santé du Lac-Saint-Jean au soutien de l’équipe du CHSLD de la Colline, où au moins 13 membres ont été confirmés positifs au coronavirus et retirés du travail pour une période d’au moins 14 jours.

En gros, cette entente vise surtout à agrandir le bassin de volontaires dans les catégories d’emplois de préposés aux bénéficiaires, infirmières auxiliaires et infirmières ainsi que des aides de service. Les discussions syndicale-patronale ont débuté samedi dernier alors que le CIUSSS avait de la difficulté à procéder au remplacement du personnel retiré au CHSLD de la Colline pour maintenir les services dans cette résidence qui constitue pour le moment le plus important foyer d’infection dans la région.

L’entente en question, selon les explications fournies au Quotidien par le président du syndicat FSSS-CSN des préposés aux bénéficiaires, Gaston Langevin, va compenser les travailleurs et travailleuses volontaires pour leur transport, l’essence et si nécessaire l’hôtel et les repas. Les employés qui accepteront dans les prochaines heures de répondre à l’appel vont demeurer à La Colline et ne retourneront pas à leur établissement afin d’éviter d’importer le virus et de créer de nouveaux foyers d’éclosion.

« Nous avons fait parvenir l’entente à nos membres. Elle a été conclue avec l’employeur et la FIQ dans un appel-conférence. Le temps de transport est payé si une préposée part de Roberval pour venir au Saguenay. Son essence sera aussi payée et, si nécessaire, le séjour à l’hôtel. Comme on ne veut pas qu’un employé puisse devenir un vecteur de déplacement du virus, il sera affecté à de la Colline. Il est aussi assuré de ne pas perdre de revenu en raison de cette affectation», explique-t-il.

Dans la catégorie des préposés aux bénéficiaires, selon les chiffres fournis par le syndicat, le délestage des opérations régulières (lits de courte durée, blocs opératoires et cliniques externes), selon les chiffres avancés par le président du syndicat, a permis de libérer plus ou moins 30 employés. Ils ont en bonne partie été replacés rapidement en remplacement dans les CHSLD ou ajouts en raison du confinement (services de repas aux chambres). À ce nombre, il faut ajouter selon le syndicat une trentaine de retraités qui ont répondu à l’appel du gouvernement du Québec.

Dans cette catégorie, le CIUSSS a le droit d’assigner les employés qui ont moins d’un an d’ancienneté sur tous les sites de la région. Pour ceux qui ont plus d’une année d’ancienneté, l’employeur doit obtenir le consentement de l’employé. Il devra demander une autorisation ministérielle pour lever cette barrière.

Dans le point de presse tenu lundi, la patronne du programme de Soutien adapté à la personne âgée (SAPA) du CIUSSS, Chantale Boivin, a expliqué que l’établissement voulait compter sur des employés volontaires pour aller travailler dans les zones chaudes, soit essentiellement au CHSLD de la Colline et à l’infirmerie de la congrégation des Antoniennes-de-Marie, alors que la situation rentre dans l’ordre à la Villa Saint-Alexis de La Baie.

La présidente de la FIQ régionale, Julie Bouchard, assure qu’il y a déjà eu des déplacements de personnel entre des unités de soins. Cependant, ajoute la présidente du syndicat des infirmières, la situation n’est toujours pas stabilisée dans les équipes de travail au CHSLD de la Colline alors que, depuis vendredi dernier, le CIUSSS peine à trouver le personnel nécessaire pour combler tous les quarts de travail.

« Le message que nous envoyons à nos membres est qu’il est préférable de s’entendre avec l’employeur que d’en arriver à l’application de l’arrêté ministériel. L’arrêté ministériel peut être appliqué après la mise en place de sept autres mesures. La huitième donne tous les pouvoirs à l’employeur pour déployer les ressources », a déclaré Julie Bouchard, qui affirme que les discussions se déroulent correctement en ce moment pour en arriver à des solutions pour aider de la Colline. Tout comme la FSSS-CSN, la FIQ a aussi à composer avec des membres qui ont vraiment peur de se retrouver dans des unités COVID-19, comme c’est le cas à de la Colline en ce moment. Selon Julie Bouchard, il s’agit dans certains cas de raisons familiales ou par crainte de la contamination. Comme l’employeur, Mme Bouchard croit qu’il est préférable de dépêcher dans ces unités les gens qui le font sur une base volontaire au lieu de la contrainte.

La FIQ espère que les mesures incitatives découlant de l’entente territoriale permettront d’aider à stabiliser la situation à de la Colline. Les infirmières et infirmières auxiliaires qui accepteront de devenir membres des équipes de La Colline ne subiront aucune perte et auront l’assurance de travailler sur un seul site jusqu’au retour à la normale dans ce CHSLD.