En juin, le chercheur Sébastien Dufresne s’est déplacé en Chine en compagnie d’une délégation de l’UQAC. Ses intérêts de recherche visent à identifier quelle est l’approche de réadaptation la plus efficace pour traiter les déficiences.

Entente entre l'UQAC et la Chine: un 1er partenariat en santé

Pour la première fois dans son histoire, un partenariat de recherche en santé entre l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC) et la Chine a pris forme au cours des derniers mois. Le professeur Sébastien S. Dufresne, du département des sciences de la santé, est allé à la recherche de partenaires pour hausser l’efficacité des traitements de réadaptation sur la santé physique et la qualité de vie des patients atteints de cancer et devant subir de la chimiothérapie.

En juin, le chercheur s’est déplacé en Chine en compagnie d’une délégation de l’UQAC. Les intérêts de recherche de Sébastien Dufresne visent à identifier quelle est l’approche de réadaptation la plus efficace pour traiter les déficiences.

« Je prends des échantillons biologiques de salive, de sang, et certaines biopsies tissulaires dans le but de comprendre comment un patient qui a X traitements de chimio va avoir une douleur ou une fatigue sévère versus un patient qui aura une douleur et une fatigue légère. On veut comprendre biologiquement ce qui s’est passé », a expliqué le chercheur, mardi matin.

Comme l’explique M. Dufresne, le cancer est une maladie chronique, et en 2019, tous les pays développés s’entendaient pour dire « que les approches de réadaptation sont un outil à privilégier pour réduire les coûts de santé et augmenter la qualité de vie de ces patients-là ».

« Ce qu’on fait, c’est qu’en parallèle à un traitement de physio standard qui est personnalisé, on fait une superposition de l’efficacité et des mécanismes pour essayer de prédire quel patient aurait pu répondre le mieux sur la base de nos données biologiques. C’est une façon d’essayer de sélectionner éventuellement les patients qui auront le plus grand potentiel de bénéficier de la réadaptation et ainsi d’optimiser leur prise en charge et réduire les coûts de santé », explique-t-il.

Pour le professeur Dufresne, les biomarqueurs aident à déterminer quel patient doit être traité en priorité puisqu’au Canada, il y a actuellement 850 000 personnes avec un diagnostic de cancer.

« On ne peut pas avoir une arrivée massive de 850 000 personnes dans les départements de réadaptation. Donc, on doit être capable de prioriser pour faire une prise en charge qui est optimale. »

Mission en Chine

Pendant la mission en Chine, Sébastien Dufresne voulait être capable d’identifier les meilleurs sites pour des partenariats. Il a été en mesure de sélectionner deux centres qui font de la médecine moderne et de la réadaptation et qui sont l’équivalent du Canada, et ce, dans le but d’avoir plus de patients.

« Le fait d’aller en Chine va nous permettre d’avoir des biomarqueurs différents. Comme le profil des cancers de la Chine est légèrement différent du Canada, on va voir qu’est-ce qui peut expliquer les différences d’un type de cancer et des séquelles d’une telle nature en Chine versus au Canada. C’est une façon de préciser des mécanismes qui vont nous expliquer des symptômes. Ça nous ouvre la porte sur une accélération des retombées pour le Canada », a précisé M. Dufresne.

« Ma visite en Chine a été très fructueuse parce que j’ai pu identifier des collaborateurs du niveau que je recherchais. C’est le point de départ pour avoir un succès à un plus large spectre. »

Partenariats de qualité

Alexandre Cloutier, vice-recteur aux partenariats et secrétaire général, en était à une première visite en Chine et il a pu constater la qualité des partenariats de l’UQAC. Selon lui, ce succès s’explique notamment par la présence, à l’université, de deux employés à temps plein qui sont Chinois et Canadiens, ce qui permet d’ouvrir des portes « de manière très importante en Chine ».

« Lorsqu’on a exploré l’idée de développer des partenariats dans le secteur de la santé, on a saisi qu’il y avait d’innombrables opportunités pour nos chercheurs. Nous sommes déjà en réflexion pour une deuxième mission élargie par laquelle on va inviter des gens de notre communauté à soumettre leurs projets pour une éventuelle mission plus large », explique M. Cloutier, qui qualifie d’unique ce que l’UQAC fait en Chine depuis 15 ans.

« Nous avons vu des partenaires qui ont le goût de collaborer avec nous. Nous avons su gagner la confiance des gens là-bas. Nous bénéficions d’une confiance déjà établie. C’est à nous de saisir les opportunités vraiment importantes. Je suis persuadé que plusieurs chercheurs de l’UQAC vont pouvoir en bénéficier », conclut Alexandre Cloutier.