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Marie-Pier Forest, candidate au doctorat en éducation au campus de Lévis de l’Université du Québec à Rimouski. ­
Marie-Pier Forest, candidate au doctorat en éducation au campus de Lévis de l’Université du Québec à Rimouski. ­

Enseigner les mathématiques autrement

Ariane Gobeil
Ariane Gobeil
Le Quotidien
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L’étudiante au doctorat en éducation de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR), Marie-Pier Forest, a obtenu une bourse d’études supérieures du Canada Joseph-Armand-Bombardier du Conseil de recherches en sciences humaines du Canada (CRSH). Ce soutien financier d’une valeur de 105 000 $ sur trois ans permettra à la jeune chercheuse originaire du Lac-Saint-Jean de poursuivre ses recherches sur l’enseignement des mathématiques au primaire par la résolution de problèmes.

La chercheuse de 27 ans de Lac-à-la-Croix souhaite que ses travaux de recherche aient un effet bénéfique sur la compréhension des mathématiques chez les élèves. L’apprentissage des mathématiques par la résolution de problèmes est peu utilisé dans le milieu scolaire, selon Marie-Pier Forest, candidate au doctorat en éducation au campus de Lévis de l’UQAR. Pourtant, cette approche pourrait faciliter la rétention des connaissances et améliorer la compréhension de cette matière souvent très exigeante pour les jeunes.

« Je m’intéresse à l’enseignement des mathématiques par la résolution de problèmes parce que, selon les recherches, ce serait une bonne façon d’enseigner les mathématiques, mais on réalise que c’est peu utilisé dans les classes du primaire. Je veux comprendre pourquoi c’est peu utilisé et quels effets ça pourrait avoir d’enseigner de cette façon-là auprès des élèves. Est-ce que ça améliore leur compréhension ? Est-ce que ça a d’autres impacts, sur la motivation par exemple ? »

La bourse obtenue par Mme Forest représente pour elle une occasion de se consacrer pleinement à ses recherches, sous la direction du professeur Dominic Voyer. Cette façon d’enseigner présenterait de nombreux bénéfices comme une compréhension plus durable et une meilleure capacité à utiliser les connaissances dans d’autres contextes.

« Ce serait bénéfique au niveau de la compréhension conceptuelle, de vraiment comprendre une notion, de se le faire enseigner à partir de problèmes, plutôt que d’avoir un enseignement plus magistral. Souvent, les problèmes, on les utilise après. La notion est enseignée et après ça, c’est réinvesti dans des problèmes. Peut-être qu’essayer d’inverser cette séquence, ça aiderait à comprendre à plus long terme. Des fois quand c’est enseigné directement, les élèves sont capables de résoudre des problèmes tout de suite, mais des fois, c’est moins durable parce qu’on ne réalise peut-être pas à quoi ça peut servir dans d’autres contextes. »

Cette approche demeure toutefois peu connue, selon Marie-Pier Forest, et offrir des formations aux enseignants pourrait faciliter son adoption dans le milieu scolaire. « Ce que certaines recherches ont montré, c’est que c’est peu connu et que ce serait une bonne chose de continuer, avec de la formation continue ou des projets de recherche, de montrer cette façon d’enseigner. La résolution de problèmes, c’est un besoin qui est souvent manifesté par les milieux scolaires. »

La candidate au doctorat en est à son début de parcours, d’une durée de quatre ans, et son projet évoluera certainement dans les prochaines années. La méthode qu’elle utilisera pour réaliser ses recherches n’est donc pas complètement définie, mais elle envisage déjà des entrevues avec des enseignants du primaire ainsi que des rencontres avec des élèves afin de répondre à ces questions et développer une autre façon d’enseigner les mathématiques.

« C’est sûr qu’il y a une partie où je vais m’intéresser à parler à des enseignants du primaire pour comprendre s’ils utilisent cette façon-là d’enseigner. D’essayer de vraiment comprendre les raisons pour lesquelles cet enseignement est utilisé ou non. Puis, on aimerait qu’il y ait une partie auprès des élèves pour voir quels impacts ça peut avoir auprès d’eux d’enseigner de cette façon. »

En plus de ses études doctorales, Marie-Pier Forest est actuellement chargée de cours et enseigne la didactique des mathématiques auprès des petits à de futurs enseignants.