Le principe est simple : les livreurs improvisés prennent les commandes en ligne, favorisent le paiement par virement Interac et déposent les sacs sur le perron de la porte.
Le principe est simple : les livreurs improvisés prennent les commandes en ligne, favorisent le paiement par virement Interac et déposent les sacs sur le perron de la porte.

Enseignants «livreurs» en temps de crise: des commerces locaux embarquent

Mélanie Côté
Mélanie Côté
Le Quotidien
L’initiative de trois enseignants de Saguenay, qui ont décidé de se transformer en livreurs d’épicerie le temps de la COVID-19, ne passe pas inaperçue. Après avoir fait des petits aux quatre coins du Québec et récolté plus de 1200 mentions « J’aime » sur leur page Facebook, voilà que cinq commerces locaux se joignent à eux pour aider la population.

Les IGA Éric Régnier de Chicoutimi-Nord, Yvon Haché de Chicoutimi et Famille Verreault de La Baie, le Provigo Gervais Bouchard de Chicoutimi-Nord et RL Énergies ont décidé d’embarquer dans le mouvement. Chaque semaine, ils offrent une contribution monétaire et un accès rapide aux caisses. L’argent servira notamment pour l’essence et peut-être pour l’achat de téléphones et de machines à paiement direct.

Simon Lavoie, qui a amorcé le mouvement « Aide aux commissions/livraisons - Saguenay » avec Mathieu Tremblay et Pierre-Alexandre Tremblay, se réjouit de voir que cet élan d’entraide ne cesse de prendre de l’ampleur. Depuis la parution d’une capsule à leur sujet le 21 mars dernier, dans Le Mag du Progrès, sous la plume de Patricia Rainville, l’initiative attire de plus en plus l’attention. Le principe est simple : ils prennent les commandes en ligne, favorisent le paiement par virement Interac et déposent les sacs sur le perron de la porte.

« Au départ, nous avons tâté le terrain avec le IGA Éric Régnier de Chicoutimi-Nord, mais c’est lui qui nous a dit d’appeler les autres », a expliqué Simon Lavoie au Quotidien.

Ce dernier explique avoir reçu des demandes d’information de partout dans la province. Selon lui, des mouvements semblables ont vu le jour à Montréal, Gatineau, Laval, Québec et Rimouski. Des groupes au Lac-Saint-Jean seraient également en train de se former.

« Nous leur disons de se baser sur les informations de notre page Facebook. C’est un mouvement d’entraide, pas une compétition », assure Simon Lavoie.

Même si on pourrait croire que la clientèle est surtout composée de gens âgés, des travailleurs de la santé, qui ne veulent pas prendre de risques, des gens qui reviennent de voyage, qui sont en quarantaine ou en isolement volontaire, font également partie de leur clientèle.

« C’est très large comme public. On ne s’attendait pas à ça. Au départ, on voulait s’occuper parce qu’on ne travaillait pas, mais maintenant, c’est presque à temps plein », explique l’enseignant de français de l’école secondaire Charles-Gravel.

Une répartitrice s’est jointe à eux. Également, deux équipes de livreurs oeuvrent à Jonquière du lundi au vendredi et une équipe se trouve à La Baie, les lundis, mercredis et vendredis.

« Ça s’est étendu. Au départ, on pensait faire Chicoutimi et Chicoutimi-Nord », ajoute Simon Lavoie.

Le trio d’enseignants peut donc dire mission accomplie, car leur objectif de départ, soit d’aider les gens à rester en sécurité, est pleinement rempli. Et en prime, voilà qu’elle prend une saveur locale avec la participation de commerces régionaux.

« On veut se rappeler que ces commerces ont soutenu la population, contrairement à d’autres lors du déluge de 96 qui avaient profité de la crise pour gonfler leurs prix », conclut Simon Lavoie.