C’est l’ensemble de la pharmacothérapie qui devrait revu chez les résidents en CHSLD, selon l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec.

Encore du travail à faire, selon les pharmaciens

L’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (APES) salue les résultats encourageants de la première phase du projet OPUS-AP, visant à réduire l’utilisation d’antipsychotiques en CHSLD, mais demande une plus grande présence de pharmaciens dans les établissements de santé afin de mener à terme le projet.

Le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean a dévoilé vendredi les résultats locaux de l’exercice mené au Centre d’hébergement et de soins de longue durée de Métabetchouan-Lac-à-la-Croix, faisant état d’un taux global de réussite de 62 pour cent chez les 11 résidants sélectionnés. À l’échelle provinciale, la phase 1 du projet OPUS-AP (Optimisation des pratiques, des usages, des soins et des services - Antipsychotiques) a démontré un taux de réussite de 86 pour cent parmi les 220 résidants, répartis dans 24 CHSLD.

Malgré ces beaux chiffres, l’APES souligne que la prise de médicaments chez les aînés touche d’autres classes pharmacologiques que les antipsychotiques. Un sondage mené par l’association à l’automne 2017 révélait qu’un aîné en CHSLD prenait en moyenne 14 médicaments par jour.

« On est assez favorable au projet, sauf que la consommation d’antipsychotiques chez les aînés, c’est la pointe de l’iceberg, a réagi la directrice générale de l’APES, Linda Vaillant. On décortique le patient en morceaux et on regarde les médicaments antipsychotiques, et c’est peut-être là qu’on a une certaine réserve. C’est l’ensemble de la pharmacothérapie qui devrait être revu. On ne veut pas s’opposer au projet parce qu’il y a des résultats concluants et intéressants, mais on devrait revoir le projet pour qu’à court terme, on puisse l’élargir afin inclure d’autres classes pharmacologiques. »

Mme Vaillant soulève la question de la révision médicamenteuse, qui devrait être faite deux fois par année pour un résidant dans un CHSLD. Ce travail doit être fait par un pharmacien qualifié, mais le problème est qu’il y a présentement un manque de main-d’œuvre en établissement de santé.

« Il y a actuellement entre 80 et 100 postes de pharmacien à temps plein dans les CHSLD, et notre évaluation est d’ajouter 150 postes, pour être en mesure d’effectuer tout le travail de révision médicamenteuse et de suivi avec le résidant », a analysé Linda Vaillant, ajoutant que pour les unités de soins aigus dans les hôpitaux, environ 270 pharmaciens sont nécessaires.

Attirer à la maîtrise

Dans le but de pallier au manque de pharmaciens qualifiés pour travailler dans les hôpitaux ou les CHSLD, la directrice générale de l’APES estime que le ministère de la Santé et des Services sociaux a un travail à faire pour attirer les finissants du doctorat en pharmacie, d’une durée de quatre ans, vers la maîtrise en pharmacothérapie avancée.

Ces deux années d’études supplémentaires permettent à un finissant d’exercer sa profession dans un établissement de santé.

« À l’heure actuelle, il y a 70 places en maîtrise, mais le ministère doit ouvrir davantage de places et offrir le programme de bourses à plus d’étudiants, a indiqué Mme Vaillant. En annonçant une centaine de places disponibles toutes les années, ça encouragerait les jeunes à opter pour la maîtrise, alors qu’on remarque plutôt l’effet inverse présentement. »

Selon les chiffres de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec, 1600 des 10 000 pharmaciens travaillent dans un établissement de santé, ce qui représente 16 pour cent du corps de métier.