Malgré les difficultés, un faucon pèlerin a été photographié à l’aide d’une lentille 200-400 mm par notre photographe.

En quête du faucon pèlerin

Le faucon pèlerin a beau être l’oiseau emblématique du Parc national du Fjord-du-Saguenay, on ne peut pas dire qu’il s’offre beaucoup en spectacle aux yeux des touristes et des gardes-parc mandatés pour l’observer le long des falaises du Saguenay.

Ce constat a pu être vérifié mercredi dernier alors que Le Quotidien a mis le pied à bord du bateau pneumatique Falco, à partir du quai de Rivière-Éternité, pour une journée d’observation de ce robuste rapace de la sous-espèce anatum/tundrius. Nous étions accompagnés de membres du personnel du parc, parmi lesquels on retrouve Martin Beauregard, garde-parc patrouilleur, Corentin Chaillon, garde-parc technicien, et Yana Desautels, responsable du Service de conservation et d’éducation.

La diffusion de cris imitant ceux du faucon pèlerin augmente les chances d’observer le rapace le long des falaises du Saguenay.

Ces jours-ci, l’équipe de gardes-parc effectue le suivi de nidification du faucon pèlerin, un exercice qui consiste à comptabiliser le nombre de nids ainsi que le nombre de fauconneaux présumés qu’ils contiennent, explique Mme Desautels. Chaque année, en juillet, les gardes-parc se déplacent sur le Saguenay à plusieurs reprises pour tenter d’évaluer la productivité annuelle de l’oiseau depuis son rétablissement dans le parc en 1992, à la suite de l’interdiction de l’utilisation en 1969 du DDT, un agent chimique utilisé en agriculture qui fragilisait la coquille de ses oeufs, explique-t-elle. Tous les cinq ans, le ministère de la Faune effectue un inventaire provincial du faucon pèlerin en vertu du Plan de gestion canadien du faucon pèlerin adopté en 2015.

Corentin Chaillon, Martin Beauregard et Yana Desautels ont participé  à la mission d’observation du faucon pèlerin au Parc national du Fjord-du-Saguenay mercredi.

À une certaine époque, les falaises du Saguenay abritaient un cinquième des sites de nidification du faucon pèlerin du Québec, une donnée qui n’est plus vraie, puisque l’oiseau se rétablit dans les différentes régions du pays, dans près de 600 sites, explique M. Chaillon.

Observation difficile
L’expérience vécue permet d’affirmer que la pratique d’observation est plus facile à écrire qu’à réaliser, puisque le travail est effectué à bord du bateau, souvent en présence de houle, face à de hautes falaises de roc escarpées. Les falaises du Saguenay offrent au faucon pèlerin un territoire de chasse ouvert au-dessus du Saguenay, loin des prédateurs, ce qui lui permet de chasser en piqué jusqu’à des vitesses qui peuvent atteindre près de 300 km/h pour capturer d’autres oiseaux dont il nourrit sa progéniture. Pour ajouter à la difficulté, le faucon pèlerin est un oiseau qui ne met pas beaucoup d’efforts pour construire un nid élaboré. Souvent, il n’hésite pas à emprunter le nid du corbeau pour donner naissance, affirme M. Chaillon. Par contre, il aime nicher aux mêmes endroits d’une année à l’autre, ce qui facilite le travail des observateurs.

On peut même apercevoir des phoques sur le fjord.

Pour détecter sa présence, l’Homme a mis au point un subterfuge en utilisant un dispositif sonore qui imite différents cris. Il s’agit de l’appel de ses fauconneaux, le cri de l’échange de nid entre le mâle et la femelle, et le cri de défense de son territoire, un cri moins utilisé en cette période. La réponse aux émissions sonores permet théoriquement de faire rapprocher le rapace de son lieu de nidification. N’empêche que la patience et un bon sens de l’observation à l’aide de lunettes d’approche sont de mise.

Visites
Une première visite au bas des caps dans le secteur du lac Betty-Baldwin, tout juste sous les lignes haute tension de l’anse de Tabatière, à L’Anse-Saint-Jean, a permis d’apercevoir un individu en vol en haute altitude, sans jamais déceler le nid ou entendre de fauconneaux, ce qui n’a pas permis de confirmer une nichée. Il faudra revenir avant la fin du mois, puisque les fauconneaux malhabiles en apprentissage ont des chances d’être aperçus.

La situation a été différente aux îlets rouges, en aval, où une oreille fine a permis d’entendre les fauconneaux appeler leurs parents afin de combler leur faim.

Même si de grands espoirs étaient permis en termes d’observation au cap de La Boule, près de Tadoussac, aucun parent n’a pu être observé. Toutefois, l’écoute attentive, par M. Beauregard, des cris croisés des fauconneaux lui a fait dire qu’il y avait possiblement trois fauconneaux au nid, une information qui devra être confirmée plus tard.

À 14 h 30, il est déjà temps de retourner à Rivière-Éternité puisque la journée de travail s’achève. Au terme de la journée, Mme Desautels se montre satisfaite du travail effectué. À cette étape-ci des travaux, tout indique que le nombre de nids de 2017 est demeuré stable et qu’il est appelé à croître.

Même si les faucons pèlerins sont difficiles à voir, on peut remarquer plus facilement d'autres espèces, comme ce huard.