Le policier de la Sûreté du Québec, Hugues Lavoie (à droite), vit une expérience riche en émotions, sur le plan humanitaire.

En mission en Haïti, Hugues Lavoie veut faire une différence

Aider des gens qui figurent parmi les personnes les plus démunies de la planète et faire une différence dans le quotidien de ces personnes. Telle est la mission d'Hugues Lavoie.
Le capitaine Hugues Lavoie est affecté à l'Unité des catastrophes naturelles de la Direction centrale de la police administrative (DCPA), à Port-au-Prince.
L'ancien directeur du poste de la Sûreté du Québec de la MRC du Domaine-du-Roy vit l'aventure de sa vie depuis six semaines.
Affecté à l'Unité des catastrophes naturelles de la Direction centrale de la police administrative (DCPA) à Port-au-Prince, le capitaine Lavoie a vécu tout un choc culturel, en décembre, lors de son arrivée dans ce que l'on appelait autrefois «la perle des Caraïbes». Sa mission sera d'une durée d'un an. Son équipe est composée d'une vingtaine de policiers issus de plusieurs pays.
«Je me sens privilégié, c'est une expérience extraordinaire. Le but de cette mission est de renforcer l'État haïtien et nous travaillons beaucoup avec la police nationale d'Haïti. Je travaille sur la base de l'ONU et je donne de la formation sur les mesures d'urgence à mes collègues à leur arrivée. Je participe aussi à la réalisation de projets avec les policiers de l'endroit. Je suis allé dans des camps de déplacés, j'ai participé à des activités communautaires. À la fin du mois, lors du 2e tour des élections, mon unité sera affectée à Port-de-Paix», témoigne-t-il.
Humainement parlant, le capitaine Lavoie côtoie la vraie misère, au quotidien, dans un environnement dévasté. Rien ne ressemble à sa zone de confort. Pas d'eau potable, pas d'électricité, des routes non carrossables où les déplacements routiers s'avèrent un véritable tour de force. C'est une jungle, une autre planète. Et la chaleur est infernale.
Mais l'expérience est ô combien enrichissante et valorisante sur le plan humain.
En Haïti, les policiers canadiens ont la cote. Ils ont l'expertise et sont déployés dans des endroits stratégiques. Ils sont respectés par le peuple.
Hugues Lavoie préparait cette mission depuis 2014. Il souhaitait vivre une nouvelle aventure, apprendre, découvrir un autre peuple et aider les gens. «Ça remet les valeurs à la bonne place. C'est bouleversant de voir le niveau de vie de ces gens-là, à comparer du nôtre. C'est incroyable. Ces personnes n'ont rien. Elles sont en mode survie. Tous les jours, je vois des enfants nu-pieds qui ne mangent pas à leur faim. Ça fait mal au coeur. Ma mission professionnelle me tient à coeur, mais le volet humanitaire est également très important pour moi. On ne pourra pas changer le monde, mais c'est agréable de pouvoir leur faire vivre des petits moments de bonheur. Ça, c'est la base de la police communautaire.»
Là-bas, Hugues Lavoie travaille sept jours par semaine. Il doit garder sa forme physique et veiller à sa sécurité. Ça fait partie du métier. Le processus de transition pour en arriver à son but a été extrêmement rigoureux. Dans le cas de M. Lavoie, il s'est échelonné sur une période de huit mois.
Et en plus de ses engagements et obligations, il ne délaisse pas son chapeau de papa, bien au contraire. Ce dernier consacre du temps quotidiennement à son épouse et leurs trois enfants. Où il se trouve, il a la chance de bénéficier des technologies et passe plusieurs minutes par jour à échanger avec sa famille. «En arrivant de travailler, c'est ma priorité. Je ne me sens pas isolé. J'ai la chance de pouvoir les voir par Skype et de supporter ma conjointe qui en a plein les bras. La période des fêtes a été un peu plus difficile par contre», conclut M. Lavoie.