Le navire sur lequel Claude Côté se trouve est au large de Miami et est désert. Les passagers ont pu quitter, puisque leur voyage était terminé, mais pas les employés dont le contrat se poursuit. Le navire se dirigera sous peu vers Nassau.
Le navire sur lequel Claude Côté se trouve est au large de Miami et est désert. Les passagers ont pu quitter, puisque leur voyage était terminé, mais pas les employés dont le contrat se poursuit. Le navire se dirigera sous peu vers Nassau.

En mer depuis quatre mois, Claude Côté vivra une double quarantaine

Patricia Rainville
Patricia Rainville
Le Quotidien
Claude Côté est en mer depuis le mois de novembre dernier. L’homme de Labrecque, au Lac-Saint-Jean, oeuvre comme pianiste sur les bateaux de croisière. Il espérait rentrer au pays au cours des derniers jours, mais il ne peut pas quitter le navire pour le moment, puisqu’on limite les accès au port de Miami. Bien qu’il ne soit pas en panique, le musicien a tout de même très hâte de regagner le sol québécois. Celui qui se dirigeait vers les Bahamas, lundi, devra faire une première quarantaine une fois à port et une deuxième à son retour au Québec.

« Heureusement, il n’y a personne de malade sur le bateau! Mais c’est maintenant le seul sujet de conversation à bord et il est vraiment difficile d’avoir des informations. Disons que la gestion de crise est assez merdique. Les informations sortent au compte-goutte », explique Claude Côté, lors d’un entretien accordé au Quotidien via FaceTime, lundi.

Le pianiste croyait pouvoir débarquer en Floride pour prendre l’avion jusqu’à Toronto, puis Québec, mais les employés n’ont pas pu quitter le navire, puisque leur contrat n’est pas terminé.

Claude Côté est avec un autre Canadien à bord.

Le bateau sur lequel il se trouve a passé la journée de lundi au large de Miami et le « code rouge » a été déclenché il y a dix jours. Des escales ont été annulées au fil du voyage, en raison de la météo, mais aussi de la COVID-19.

Claude Côté est pianiste sur les navires de croisière. Il n’est pas en panique, mais a bien hâte de rentrer chez lui, au Lac-Saint-Jean.

« Tous les objets qui peuvent être touchés par plus d’une personne sont bannis, par exemple les salières, poivrières, cendriers, etc. Les mesures sanitaires sont prises, mais tout le monde veut rentrer chez eux. Certains employés sont Asiatiques et ils pensent être pris longtemps, comme certains Européens également », raconte le musicien, ajoutant que le navire doit repartir pour Nassau, dans les Bahamas, sous peu. Le contrat de Claude Côté prendra fin le 21 mars et il espérait pouvoir prendre l’avion à partir de Nassau.

Mais en fin de journée lundi, il a appris qu’une quarantaine de 14 jours était obligatoire sur le navire, une fois qu’ils auront atteint Nassau, ce qui repousse son retour au moins jusqu’au 31 mars.

Et il est bien conscient de la cohue dans certains aéroports et des contraintes concernant la fermeture des frontières.

« Le Canada nous dit de rentrer, mais ce n’est pas si simple. On voudrait bien, mais on ne peut pas. Je dois présentement rester sur le bateau. Seuls les passagers ont pu descendre à Miami », a indiqué l’homme, qui a pris la mer en novembre et qui a vu évoluer la crise au fil des mois.

« Au début, il y avait des passagers de l’Europe et on avait peur d’être infectés, c’est certain. Mais il y a eu des contrôles et les gens vont bien. Il n’y a aucun malade à bord », répète le musicien, qui demeure optimiste et qui se sent tout de même en sécurité.

Le code rouge a été déclenché il y a dix jours, sur le bateau. Certains objets, comme les salières et poivrières, sont bannis.

S’il ignore encore à quel moment il pourra rentrer chez lui, à Labrecque, une chose est certaine pour Claude Côté : il se placera en isolement durant 14 jours aussi à son retour.