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Le président et chef de la direction de Résolu, Yves Laflamme, veut éviter que l’entreprise fasse les frais d’un conflit entre le gouvernement du Québec et les communautés riveraines du Lac-Saint-Jean en lien avec le problème de l’émissaire industriel de l’usine de pâte Kraft de Saint-Félicien.
Le président et chef de la direction de Résolu, Yves Laflamme, veut éviter que l’entreprise fasse les frais d’un conflit entre le gouvernement du Québec et les communautés riveraines du Lac-Saint-Jean en lien avec le problème de l’émissaire industriel de l’usine de pâte Kraft de Saint-Félicien.

Émissaire de l’usine de pâte Karft: Yves Laflamme comprend les enjeux

Louis Tremblay
Louis Tremblay
Le Quotidien
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Produits forestiers Résolu (PFR) refuse d’envisager de faire les frais d’un conflit social majeur entre le gouvernement du Québec et les communautés du pourtour du Lac-Saint-Jean sur la solution retenue pour le rejet des eaux de procédé de l’usine de pâte Kraft de Saint-Félicien qui font en ce moment l’objet d’un processus d’évaluation par le ministère de l’Environnement et de la Lutte aux changements climatiques (MELCC).

Dans le cadre de l’entrevue accordée en marge de la publication des résultats financiers du quatrième trimestre de 2020, le patron de la papetière a accepté d’aborder la question. Yves Laflamme, qui a appris son métier chez Donohue, l’entreprise à l’origine de la construction de l’usine de pâte Kraft en partenariat avec British Columbia Forest Products, a une très bonne connaissance de l’historique de la conduite qui doit aujourd’hui être modernisée.

«Je n’ai pas regardé ce dossier depuis un certain temps, mais nous avons une entente avec le gouvernement et la conduite doit être réparée. Nous allons faire ce que le gouvernement va nous dire, mais nous ne voulons pas nous retrouver entre l’arbre et l’écorce. Je sais que c’est une question sensible», a indiqué celui qui est aussi originaire de Saint-Félicien et qui possède une propriété en bordure de la rivière Ashuapmushuan.

En raison de la levée de boucliers des pêcheurs au milieu des années 1970, le gouvernement du Québec, qui avait une participation importante dans Donohue via la Société générale de financement, avait décidé de construire un émissaire de 15 kilomètres pour rejeter les eaux de procédé à l’embouchure de la rivière Mistassini. Cette décision avait été prise malgré la construction d’un traitement primaire des eaux et d’un système d’émissaire construit devant l’usine dans la rivière Ashuapmushuan avec la collaboration de BC Forest Products, qui avait l’expertise de ce type d’installation.

Yves Laflamme ajoute que tout le monde est bien conscient que la rivière Ashuapmushuan est beaucoup moins loin que l’embouchure de la rivière Mistassini. En même temps, il comprend très bien que cet argument ne sera pas nécessairement entendu par les communautés qui ont déjà adopté des résolutions officielles (MRC et conseils municipaux), qui rejettent catégoriquement la seule idée de penser à déverser les eaux de procédé de l’usine Kraft sur une base permanente dans la rivière Ahsuapmushuan.

En plus de l’enjeu local avec les municipalités et les pêcheurs, la solution retenue par Québec pour régler le problème de l’émissaire pourrait avoir des conséquences pour l’image de l’entreprise. La Fondation Rivières suit de près ce projet et il est déjà assuré que les organismes de défense de l’environnement vont fermer les yeux à un projet qui ferait en sorte de permettre à une entreprise de déverser des eaux de procédé industriel dans une rivière qui obtiendra d’ici quelques années un statut d’aire protégée permanente.

Malgré la grande prudence des propos d’Yves Laflamme, il est évident que Produits forestiers Résolu n’a rien à gagner dans une guerre entre l’État et les communautés riveraines sur les rejets des eaux de procédé de l’usine de pâte Kraft de Saint-Félicien.

PROJETS D’AVENIR

Depuis la restructuration financière de PFR, les deux présidents et chefs de la direction qui se sont succédé, Richard Garneau et Yves Laflamme, ont veillé à consolider les installations de la région. En plus des investissements dans les scieries, la papetière de Dolbeau-Mistassini a été relancée avec un contrat de vente d’électricité et Résolu a procédé à l’achat de l’usine de pâte Kraft de Saint-Félicien qui appartenait à la société Fibrek.

Depuis, Résolu a entrepris une diversification en procédant à l’acquisition d’actifs dans le secteur du papier tissu utilisé dans la fabrication du papier hygiénique, des papiers essuie-tout ainsi que la gamme de papiers pour tout le secteur de l’hôtellerie et de la restauration.

Interrogé à savoir si cette diversification présentait des opportunités pour le Saguenay-Lac-Saint-Jean, Yves Laflammme a évoqué différents enjeux spécifiques à ce nouveau créneau. L’entreprise possède aux États-Unis quatre machines à papier tissu. Ces bobines mères sont ensuite expédiées ou transformées sur place en produits finis (papier hygiénique, essuie-tout et autres).

PFR peut compter dans cette diversification sur des avantages reliés à ses usines de production de pâte Kraft. Les enjeux sont au niveau du transport. C’est sensiblement le même principe que la cannette pour l’industrie de l’aluminium, où le produit est fabriqué à proximité des marchés.

Yves Laflamme explique que les installations de la région, comme celles des autres régions, ont des avantages, mais doivent également composer avec des défis importants. Il s’agit de défis reliés au transport et aux coûts de transformation des installations.

Il est toutefois assuré que Résolu a pris la décision stratégique de s’attaquer au marché du papier tissu, particulièrement important dans le nord-est des États-Unis, et que la multinationale pourrait vouloir accroître ses parts de marché dans ce secteur en développement.