Émilie Lévesque divise son temps comme créatrice de contenu sur les réseaux sociaux, en plus de travailler en stratégie marketing.
Émilie Lévesque divise son temps comme créatrice de contenu sur les réseaux sociaux, en plus de travailler en stratégie marketing.

Émilie Lévesque est passée de Youtubeuse à stratège marketing [VIDÉO]

Myriam Arsenault
Myriam Arsenault
Initiative de journalisme local - Le Quotidien
Même si Émilie Lévesque compte plus de 50 000 abonnés sur ses différents réseaux sociaux, il a toujours été important pour la jeune femme de Saguenay d’avoir une carrière. Celle qui a décroché son emploi de rêve en stratégie marketing pour une agence de publicité à Montréal veut continuer à allier ses deux passions pour renforcer sa crédibilité dans le domaine du marketing d’influence.

Il n’est pas toujours facile pour la jeune femme de 23 ans de jongler avec ses deux occupations. Elle est créatrice de contenu sur les réseaux sociaux, notamment Instagram (emilielevesque3), Tik Tok (emilie.levesque3) et YouTube (emilielevesque), en plus de travailler comme stratège marketing pour l’agence Publicis Montréal.

« Je m’occupe de mes réseaux sociaux presque à temps plein, surtout de soir et de fin de semaine. Maintenant, avec le télétravail, c’est un peu plus facile de les concilier avec mon travail, mais ça reste quand même une tâche à temps plein, avec un vrai travail à temps plein », avoue en riant Émilie, dans un entretien téléphonique avec Le Quotidien.

L’histoire entre Émilie et les réseaux sociaux a commencé lorsqu’elle avait 18 ans et qu’elle regardait beaucoup de vidéos YouTube. Elle a décidé d’essayer de se faire une place sur le Web avec un blogue pour finalement se concentrer sur sa chaîne YouTube.

En 2016, elle a gagné avec cinq autres personnes une place au prestigieux concours de Vlog Academy, ce qui lui a donné l’occasion de participer à une chaîne YouTube collaborative. Pour Émilie, ce moment est le point de départ de sa carrière.

La jeune femme de Saguenay a plus de 50 000 abonnés sur Instragram et sur YouTube.

« Je me souviens du moment de l’annonce des gagnants. Je voyais le nombre de mes abonnés monter à vue d’œil. Je suis passé de 100 à 1500 juste ce soir-là, alors que je faisais la route Montréal-Saguenay », a-t-elle raconté.

Elle a participé à cette chaîne collaborative, appelée Néon piquant, pendant un an, tout en dirigeant la sienne, en solo. La collaboration avec les autres Youtubeurs, comme Cindy Cournoyer, a donné la piqure à la Saguenéenne, mais aussi une augmentation de ses abonnés, qui étaient à ce stade environ 12 500.

Vie universitaire

La créatrice de contenu étudiait alors les sciences naturelles au Cégep de Chicoutimi. « J’ai longtemps été intéressée par la communication, sans savoir que c’était ça que je voulais faire dans la vie », a expliqué la Youtubeuse. C’est donc à l’université, lorsqu’elle a changé de branche pour étudier le marketing, qu’elle a vraiment découvert le domaine, tout en continuant d’alimenter ses réseaux.

En créant du contenu sur sa vie d’étudiante, elle a su se démarquer des autres Youtubeurs québécois. « Je pense que ce qui a fait que je suis maintenant ce que je suis, c’est que j’étais une des rares influenceuses qui continuait à avoir une vie ‘‘normale’’. Dans le sens que lorsque j’étais à l’université, je montais du contenu en lien avec ma vie étudiante et les jeunes pouvaient s’identifier à mon quotidien. Je me suis souvent fait dire que ça leur faisait du bien, le fait que je ne leur vende pas toujours du rêve », a-t-elle continué.

Allier passion et profession

Cette expérience, en réseaux sociaux, a certainement aidé la jeune femme a décroché après ses études l’emploi de stratège marketing qu’elle occupe depuis plus d’un an. Mais cet emploi l’aide aussi à mieux comprendre l’envers du décor du métier de créateur de contenu.

« Je trouve ça vraiment plaisant d’avoir les deux chapeaux, parce que je suis capable de comprendre la réalité des influenceurs et ce qu’ils veulent, mais je comprends aussi le milieu de la publicité, donc de comprendre la réalité des clients. Toutes mes expériences me permettent d’être un assez bon intermédiaire pour savoir comment développer des campagnes de marketing d’influence qui vont fonctionner », se réjouit-elle.

Elle espère poursuivre dans cette voie et faire son nom en tant que professionnelle du marketing d’influence au Québec.

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LE FAIRE POUR LES BONNES RAISONS

Émilie Lévesque encourage les jeunes de la région qui souhaitent se lancer comme créateur de contenu à ne pas hésiter. Bien sûr, elle doit avouer que ce n’est pas toujours facile, et encore plus lorsqu’ils sont d’une région éloignée.

Elle admet qu’à ses débuts, elle a reçu un lot de commentaires qui étaient parfois difficiles sur le moral. Plusieurs prenaient plaisir à se moquer d’elle et de ses vidéos lorsqu’elle allait dans les bars, par exemple. Au secondaire, ces commentaires la touchaient beaucoup, mais elle est contente aujourd’hui de ne pas avoir porté trop d’attention à ces personnes.

« Dès que tu fais quelque chose de différent au Saguenay, tu vas te faire juger et ça peut être difficile. C’est un petit monde où tout le monde se connaît, c’est facile de parler. Il faut vraiment s’en foutre », lâche-t-elle en riant.

Elle sait que le métier de créateur de contenu peut avoir l’air attirant de l’extérieur. « Si tu veux créer du contenu, et que tu penses que tu as une voix, que tu veux t’exprimer sur un sujet qui n’est même pas obligé d’être intéressant, et que tu le fais parce que tu aimes ça, lance-toi ! Suis ta passion sans écouter les autres », encourage-t-elle. 

Si c’est pour la popularité ou l’argent que ça peut rapporter, elle garantit toutefois que la personne sera déçue.