Embauchés sur les bancs d’école

« Un peu plus et les entreprises embaucheraient les étudiants sur les bancs d’école. »

Ce n’est pas vraiment exagéré de dire que le téléphone du Centre de formation professionnelle de Jonquière (CFPJ) ne dérougit pas. Le responsable de la liaison entre les entreprises et le CFPJ, Rémi Ouellet, constate depuis un an que les besoins en main-d’œuvre ont fait un bond spectaculaire dans la région et que les employeurs veulent mettre la main sur la crème des candidats.

« Nous recevons régulièrement des appels et les entreprises demandent les meilleurs. C’est une situation qui existe dans à peu près tous les métiers », reprend Rémi Audet.

Habituellement, les élèves terminent leur formation par un stage en entreprise. Au terme de ce stage, les employeurs décident ou non de procéder à l’embauche du finissant.

Cette année, reprend l’agent de liaison, les employeurs vont rencontrer les stagiaires avant le début de leur stage. Une étape sera sautée et tout indique que plusieurs ont déjà l’assurance d’obtenir très rapidement un emploi.

« Nous allons tenir une foire de l’emploi au mois de mai. Ce sont les employeurs qui vont venir présenter leur entreprise. » Rémi Audet précise que les grandes entreprises comme Résolu, Rio Tinto ou la 3e Escadre de Bagotville sont au nombre des employeurs qui font des pieds et des mains pour recruter du personnel auprès des centres de formation.

« Nous faisons un suivi systématique un an après que les étudiants ont complété leur formation. Nous téléphonons à tous nos étudiants et le taux de placement est de 100 % », affirme Rémi Audet.

Le CFPJ dispose d’espaces pour accueillir pratiquement le double de la clientèle actuelle. Les besoins en main-d’œuvre dans la région amènent la direction à travailler sur une stratégie pour attirer à Jonquière des immigrants qui souhaitent suivre un programme de formation. Martial Verreault confirme que le centre accueille en ce moment 7 étudiants français inscrits au programme de menuisier-charpentier. Ces étudiants devront toutefois obtenir des permis de travail pour réussir à occuper un emploi au terme de leur formation.

La commission scolaire est en lien avec un organisme spécialisé pour le recrutement des étudiants à l’étranger. Il n’y a pas de programme spécialement prévu pour faire le lien entre les besoins spécifiques des entreprises, le centre de formation et le recrutement de la clientèle. 

Les particpants au Défi des recrues ont eu beaucoup de plaisir lors de la compétition de fabrication de saucisses sous la supervision des étudiants de la formation en alimentation. Tout le secteur de la restauration et de la transformation alimentaire a besoin de main-d’oeuvre.
Martial Verreault, directeur du Centre de formation professionnelle de Jonquière.

+ Un domaine en mode séduction

La formation professionnelle n’a pas toujours eu bonne presse auprès des parents et la Commission scolaire De La Jonquière déploie des efforts pour faire comprendre aux jeunes que ce milieu d’apprentissage n’a plus rien de comparable avec ce qui se passait dans les écoles au temps des formules « professionnel court » ou « professionnel long ».

Le Centre de formation professionnelle de Jonquière (CFPJ) accueille donc pour trois jours le Défi des recrues. L’événement se veut une fenêtre sur la formation professionnelle à travers laquelle les élèves de 6e année et de secondaire I peuvent voir ce qui se passe dans les différents ateliers.

« On veut démontrer que la formation professionnelle a grandement changé, au fil des ans, et qu’aujourd’hui, nous offrons une formation moderne. Nous invitons les jeunes des différentes écoles de la commission. Les élèves participent à des concours et se livrent donc une compétition », explique Martial Verreault, directeur du CFPJ.

Les jeunes invités ont donc la possibilité de réaliser un parcours qui leur permet d’avoir un premier contact avec les programmes dispensés dans les différents centres. En tout, reprend le directeur, la commission scolaire dispense 25 programmes de formation professionnelle qui regroupe les services, les métiers de la construction, la technologie et l’informatique, l’alimentation, la mécanique (machinerie fixe et électro) et la fabrication mécanique.

La formation professionnelle doit composer aujourd’hui avec une offre d’emploi qui la prive d’une partie de sa clientèle naturelle. « Quand le taux de chômage est élevé, nous avons beaucoup d’étudiants qui s’inscrivent en formation. Lorsque le taux de chômage diminue, c’est l’inverse qui se produit et les jeunes gagnent le marché du travail plus rapidement », explique le directeur en ajoutant que le facteur démographique amplifie le problème.

Le CFPJ pourrait accueillir 1300 étudiants à temps complet dans les différents programmes. Il en compte en ce moment un peu plus de 700. Les activités comme celle qui se déroule en ce moment ont une grande importance pour le recrutement de futurs étudiants.

« Un élève qui s’inscrit à un programme de formation professionnelle et la complète a des chances d’obtenir un emploi et des conditions plus intéressantes. L’employeur n’a pas à le former », reprend le directeur.

Les élèves qui fréquentent le secondaire général peuvent accéder aux différents programmes de formation après les niveaux III et IV. À titre d’exemple, un élève qui souhaite devenir plombier fera son entrée au centre après son secondaire IV. La formation de plombier est d’une durée de 11 mois. Le finissant doit trouver un employeur qui va lui garantir 150 heures. Il pourra ainsi obtenir une première carte d’apprenti qui lui ouvrira la porte du marché du travail.

La direction du centre est consciente que de plus en plus d’employeurs exigent une formation de niveau général au secondaire pour les emplois. Le directeur Martial Verreault mentionne que les étudiants sont fortement encouragés à compléter leur formation générale en s’inscrivant à l’école des adultes. Ils fréquentent ainsi la formation professionnelle le jour et celle pour les adultes en soirée.