Francine Haché a mentionné que Jean-Philippe Blanchette pourra revoir ses enfants à sa sortie de prison, mais que sa petite-fille Laurence ne pourra jamais revoir sa mère décédée dans l’accident.

« Elle était trop jeune pour mourir »

« Kathleen était trop jeune pour mourir. C’est moi qui aurais dû partir avant. Elle était ma confidente et mon amie. Vous (l’accusé) avez dit qu’elle ne méritait pas ça. Elle ne méritait pas d’être aimée par un homme qui consommait. Mais parce que ma fille t’aimait, je te (Jean-Philippe Blanchette) pardonne, mais ça ne veut pas dire que je vais oublier. Ça ne fait que soulager un peu ma douleur. »

La mère de Kathleen Haché-Binette, Francine, a livré un témoignage émotif, jeudi matin, lors des représentations sur la peine dans le dossier de Jean-Philippe Blanchette.

Même si les deux femmes demeuraient loin une de l’autre (Val-d’Or et Chicoutimi), elles se parlaient régulièrement via Skype ou au téléphone. 

« Kathleen était heureuse. Elle venait de commencer à travailler comme guide au Zoo de Falardeau, elle qui aimait tellement les animaux. »

Francine Haché s’est adressée à Jean-Philippe Blanchette en lisant les grandes lignes d’une lettre qu’elle avait rédigée.

« Je te remercie d’avoir dit la vérité à propos de Kathleen. Mais c’est à cause de toi que j’ai perdu la seule fille que j’avais, c’est à cause de toi que ses trois frères ont perdu leur soeur et c’est à cause de toi que ma petite-fille Laurence a perdu sa maman », a poursuivi la mère de la victime. 

« Tu as dit que tu avais arrêté de boire à cause de cette affaire-là. J’aurais aimé que tu dises que c’était à cause de cet accident-là. Ça m’a fait mal d’entendre le mot ‘‘affaire-là’’ », a-t-elle ajouté.

Francine Haché espère que l’accusé a pris conscience de tout le mal qu’il a fait, surtout lorsqu’il a fait le bouche-à-bouche à sa fille pour tenter de lui sauver la vie.

La dame aurait bien aimé que l’accusé pense aux conséquences de conduire en boisson avant de prendre le volant lors de cette soirée fatidique.

Blanchette témoigne

L’accusé s’est aussi adressé au tribunal. Kathleen et lui formaient un couple depuis six mois et avaient décidé de fêter ça avec une sortie en Jeep.

Il regrette ce qui s’est produit et n’a jamais voulu que ça se passe comme ça. 

« Je regrette de ne pas être mort, mais ce n’est pas moi qui décide. Je m’excuse grandement auprès de la famille de Kathleen. Tout le monde a perdu un gros morceau de sa vie dans cet accident, moi compris », précise Blanchette.

« Je n’ai jamais voulu ça. C’est un drame qui est arrivé. Ce fut la pire journée de ma vie. Nous pratiquions des activités que l’on aimait. On voulait juste se rendre heureux », a-t-il dit.

« Je regrette de ne pas être mort. Mais ce n’est pas moi qui décide. Je m’excuse auprès de la famille de Kathleen. Tout le monde a perdu un gros morceau de sa vie, moi compris. »

Jean-Philippe Blanchette

Ce dernier reconnaît qu’il avait consommé de l’alcool ce soir-là, mais il croit tout de même que l’accident mortel aurait pu se produire sans alcool.

« Je n’avais pas l’impression que j’avais les facultés affaiblies. Il est difficile d’évaluer que j’étais rendu à plus de .08. J’avais l’impression que tout était correct et je crois que l’accident serait arrivé sans boisson. »

Jean-Philippe Blanchette dit aujourd’hui qu’il aimerait refaire le fil de la soirée mortelle et que s’il avait su la suite des événements, il aurait probablement changé des choses.

« Si j’avais su, j’aurais fait autre chose », a-t-il conclu.

Familles affectées

Le demi-frère de la victime, Daniel Binette, est venu raconter à quel point Kathleen lui manquait.

« Son départ a créé un gros manque. Elle était là pour moi, pour me répondre et me donner des conseils. C’était ma petite soeur et c’était une joie de la côtoyer », dit-il.

« Je suis choqué par ce qui est arrivé et contre Jean-Philippe Blanchette. Ça aurait pu ne pas arriver. Un conducteur d’un Jeep comme le sien doit savoir que c’est un véhicule chambranlant et encore plus lorsqu’il est modifié. Un bon chauffeur aurait su qu’il fallait s’attacher, car il n’y a aucune protection, surtout avec un toit de toile. Ça aurait pu être évité », de dire Daniel Binette.

Quant au beau-père de Kathleen et grand-père de Laurence, Errol Rathé, il ne cache pas que cet autre départ (sa conjointe et son père étaient décédés peu avant) l’a anéanti.

« Heureusement que j’ai la petite. Elle est le portrait craché de sa mère. C’est le plus beau cadeau que je puisse avoir. Elle est gentille. Elle me parle de sa mère très souvent. Je ne croyais pas ça lorsque c’est arrivé. Mon fils (père de la petite) est tombé malade après », relate le grand-papa.

« Moi je suis assez tranquille. Je ne bois pas et je me demande comment on peut en être rendu là en 2018. Les gens devraient y penser avant que ça arrive. Personne n’est gagnant dans cette affaire », note-t-il.

Du côté de l’accusé, son frère Simon a indiqué que sa famille est très attristée des événements et qu’elle appréciait Kathleen.

« Je les ai vus le soir du drame. Je devais aller avec eux, mais comme j’avais un petit bébé, j’étais fatigué et je n’y suis pas allé. En soirée, j’ai entendu dire qu’une femme de 27 ans était décédée et j’ai immédiatement pensé à Kathleen. Je suis allé voir mes parents pour les aviser », indique M. Blanchette, qui a dit penser à elle chaque jour.