Élise Gauthier

Élise Gauthier terriblement déçue du conseil général

Élise Gauthier, présidente de l’exécutif du Bloc québécois dans Chicoutimi-Le Fjord, affirme avoir assisté à un conseil général « d’une bassesse » qu’elle a rarement vue et qui a été « épouvantable », dimanche, à Drummondville, elle qui espérait, comme une quarantaine d’autres présidents de circonscription, de pouvoir devancer la tenue du vote de confiance envers la chef Martine Ouellet.

La présidente de circonscription et porte-parole du parti dans la région a été particulièrement déçue par le comportement de plusieurs militants. « J’ai vu de la vulgarité là, j’ai entendu des gens insulter les personnes qui allaient au micro très poliment présenter leur intervention », a-t-elle rapporté, lors d’une entrevue téléphonique avec Le Quotidien, dimanche en soirée. Une situation qu’elle attribue, notamment, à la présence sur le plancher de nombreux observateurs qui se sont faits bruyants.

La militante de longue date, qui a assisté à plusieurs congrès et conseils généraux, a été étonnée par la teneur des propos tenus lors de ce conseil général. « Celui-là, il était d’une bassesse un peu rare, a-t-elle laissé tomber. [...] Vraiment, ç’a été épouvantable. »

L’exécutif de Chicoutimi-Le Fjord faisait partie de la quarantaine d’associations de circonscription qui souhaitaient devancer le vote de confiance, afin de « sortir de la crise le plus vite possible ».

Le discours de la chef l’a également laissée amère. « Je m’attendais ce matin [dimanche] à ce qu’elle ait un discours beaucoup plus rassembleur, beaucoup plus humble, ça n’a pas été le cas. Au contraire, elle a tapé sur les sept qui étaient démissionnaires – elle dit qu’elle leur tend la main – elle a tapé sur les anciens chefs, sur des anciens députés qui ont eu le malheur de prendre position, et qui n’étaient pas dans la salle. Je trouve ça bas, je trouve ça vraiment bas. »

Élise Gauthier estime maintenant que la seule option possible afin de remettre le parti sur les rails correspond au départ de Martine Ouellet. « Alors on va être obligé de la battre [...] pour tous ceux et celles qui vont vouloir que Mme Ouellet quitte le Bloc, il va falloir voter de façon négative le 1er et le 2 juin. Et ça, je trouve ça épouvantable... mais on n’a pas le choix », s’est-elle désolée.

PAS DE CANDIDAT TANT QUE LA CHEF EST LÀ

La position de l’exécutif du Bloc québécois dans Chicoutimi-Le Fjord demeure la même tant que Martine Ouellet se trouve à la tête du parti : l’association ne présentera pas de candidat à l’élection partielle, à moins que la chef en impose un.

Même si la chef décide d’imposer un candidat – ce qui est en son droit – a précisé Élise Gauthier, présidente de l’association de circonscription, ce candidat n’aura cependant pas l’appui de l’association.

L’exécutif de Chicoutimi-Le Fjord réévaluera la situation en juin, au lendemain du référendum sur la mission du parti.

Outre la crise de leadership qui divise le parti, une question financière justifie également ce choix. 

La présidente estime que 25 000 $ sont nécessaires pour mener campagne lors d’une élection partielle.

Les nouvelles reçues sur les finances du parti, dimanche, à l’occasion du conseil général, n’étaient pas positives, a-t-elle rapporté. 

« On ne nous a pas donné les chiffres exacts, mais on nous a dit qu’il y avait des trous [...]. C’est sûr qu’il n’y a personne qui veut donner à un parti qui se chicane sur la place publique. Moi-même, je n’ai rien donné, et je ne donnerai pas tant que la crise ne sera pas réglée. »

Mme Gauthier et certains membres de l’exécutif de Chicoutimi-Le Fjord se questionnent d’ailleurs sur leur propre adhésion au Bloc québécois. La présidente compte recommander à ses membres de demeurer en poste jusqu’au 3 juin avant que la situation ne soit réévaluée.