Une course épique selon Valérie Tremblay

Laura Lévesque
Laura Lévesque
Le Quotidien
« C’était une course épique. » La bloquiste Valérie Tremblay a récolté la deuxième place avec près de 35,2 % des voix dans Chicoutimi-Le-Fjord, mais l’enseignante en mathématiques a donné des sueurs froides à l’ex-entraineur Richard Martel.

La candidate a mené pendant toute la soirée électorale devant celui que plusieurs qualifiaient d’indélogeable. Ce n’est qu’après le dépouillement de quelque 150 boîtes sur 186 que le conservateur a commencé à prendre une légère avance. Une avance qui est demeurée mince jusqu’à la toute fin. Au dépouillement des dernières boîtes, à 1 h du matin, un écart de 1,5 % séparait la bloquiste du conservateur. Valérie Tremblay a obtenu 15 248 votes, soit 614 de moins que les 15 862 de Richard Martel.

«On partait de loin, donc pour nous, c’est une belle course. On est passé près de la victoire. J’aurais aimé être avec mes collègues bloquistes à la Chambre des communes. Mais je suis contente pour eux, pour nous. C’est une victoire du Bloc», a exprimé Valérie Tremblay, alors qu’elle venait de concéder la victoire à son adversaire. 

Réunis au Dooly’s de Chicoutimi, la candidate et une trentaine de militants ont cependant eu le coeur à la fête pendant toute la soirée. Le Bloc québécois, dont la popularité a dramatiquement chuté depuis la vague orange, a repris du poil de la bête. Un travail de reconstruction qui a été payant, constate la candidate qui siège en tant que trésorière au bureau national du parti et qui occupait le siège de présidente régionale avant le déclenchement des élections. 

« Moi et les militants, on a travaillé fort au cours de la dernière année. Plusieurs me disaient que c’était peine perdue. Mais j’y croyais à la reconstruction. Je savais que ce n’était pas un problème idéologique, mais bien un problème de leadership. Notre région, le Québec, on a un fond nationaliste profond», a commenté Mme Tremblay.

Cette dernière admet d’ailleurs que la venue d’Yves-François Blanchet à la tête du parti a fait tourner le vent dans la bonne direction. 

« Les militants ont mis du temps. Les circonscriptions ont été reconstruites. Mais le chef a été pour beaucoup. La cerise sur le sundae, c’était Yves-François Blanchet », a-t-elle imagé, en vantant notamment l’authenticité de son chef.

Un chef qui lui permet de croire que la souveraineté pourrait reprendre en popularité. «Je sens que le momentum est là. Le vote de ce soir donne de l’espoir», a-t-elle exprimé. 

Celle qui s’est déjà lancée en politique municipale comme conseillère espère maintenant prendre du temps pour se reposer. Elle ne ferme pas la porte à la politique, au contraire. «La politique, c’est ma passion.»