Jody Wilson-Raybould se dirige allègrement vers une victoire électorale dans sa circonscription de Vancouver-Granville. L’ex-ministre libérale se présente devant l’électorat comme candidate indépendante.

Sondage Mainstreet: Wilson-Raybould en tête dans Vancouver-Granville

L’ancienne ministre Jody Wilson-Raybould, qui fut expulsée du caucus libéral par le premier ministre Justin Trudeau au mois d’avril dans la foulée du scandale SNC-Lavalin, se dirige vers une victoire lundi soir en tant que candidate indépendante dans Vancouver-Granville, selon un sondage Mainstreet pour le compte du Groupe Capitales Médias (GCM).

L’enquête d’opinion menée par téléphone le 15 octobre auprès de 620 adultes donne Mme Wilson-Raybould en avance dans la circonscription britanno-colombienne avec 32,8 % d’appuis chez les répondants décidés et enclins. Elle est suivie par le candidat libéral Taleeb Noormohamed qui récolte 28,3 % des intentions de vote et par le candidat conservateur Zach Segal à 22,3 %. La marge d’erreur du sondage est de +/- 3,94 à un niveau de confiance de 95 %.

Mme Wilson-Raybould détient ainsi une avance de 4,5 points de pourcentage sur son adversaire libéral, ce qui la place au-delà de la marge d’erreur de +/- 3,94, a noté Luc Fortin, président de Recherche Mainstreet au Québec.

« Mme Wilson-Raybould est en tête. Ceci étant dit, ça demeure quand même un exploit puisqu’il y a peu de candidats indépendants qui réussissent à se faufiler en tête. Il faut dire qu’elle a fait beaucoup parler d’elle au cours de la dernière année. Elle est quand même une députée populaire et appréciée, et une personne appréciée en Colombie-Britannique. Sa notoriété l’aide beaucoup dans cette course », a expliqué M. Fortin.

Jody Wilson-Raybould était ministre de la Justice et procureure générale du Canada dans le gouvernement de Justin Trudeau. Malgré les pressions exercées sur elle par le premier ministre Trudeau et ses conseillers, elle avait décidé en septembre 2018 de ne pas intervenir dans la décision de la directrice des poursuites pénales de ne pas inviter SNC-Lavalin à entamer des négociations en vue de conclure un accord de réparation. La firme d’ingénierie et de construction a été accusée d’avoir payé des dizaines de millions $ en pots-de-vin pour obtenir des contrats en Libye entre 2001 et 2011.

Mme Wilson-Raybould fut mutée au ministère des Anciens combattants en janvier 2019 puis a démissionné du cabinet Trudeau en février. La présidente du Conseil du Trésor, Jane Philpott, avait elle aussi démissionné le mois suivant en appui à sa collègue, et en indiquant avoir perdu confiance dans le gouvernement Trudeau. Les deux femmes ont été éjectées du caucus par le premier ministre Trudeau au mois d’avril.

En 2015, Mme Wilson-Raybould avait remporté Vancouver-Granville sous la bannière libérale avec une majorité de 9181 voix sur sa plus proche rivale, la candidate néo-démocrate Mira Oreck.

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M. Fortin indique que Mme Wilson-Raybould va chercher des appuis chez les libéraux et chez les néo-démocrates, malgré la remontée du NPD.

« Quand on regarde les indicateurs du sondage, il y a seulement chez les hommes où elle n’est pas en tête, mais elle est dans la marge d’erreur », a aussi observé M. Fortin.

Mme Philpott se présente elle aussi comme candidate indépendante dans la circonscription ontarienne de Markham-Stouffville, en banlieue de Toronto.