Sur la route entre Alma et Montréal, Andrew Scheer a réalisé un arrêt éclair dans la capitale provinciale, en fin de journée. Mais le chef du Parti conservateur du Canada ne voulait pas juste se délier les jambes ou faire une pause pipi.

Scheer veut le 3e lien et... le slogan du Bloc!

«Comme premier ministre, le troisième lien sera MA priorité!» a confirmé Andrew Scheer, mercredi, lors d’un bref arrêt à Québec.

Sur la route entre Alma et Montréal, Andrew Scheer a réalisé un arrêt éclair dans la capitale provinciale, en fin de journée. Mais le chef du Parti conservateur du Canada ne voulait pas juste se délier les jambes ou faire une pause pipi.

Il avait un discours bien tassé de 10 minutes à livrer à une centaine de membres du parti, candidats et partisans rassemblés au quai des Cageux, à l’extrémité ouest de la promenade Samuel-De Champlain. Le but était clair : vitaminer les troupes locales et plaire aux électeurs de Québec.

«Comme premier ministre, le troisième lien sera MA priorité! Les Québécois auront un seul rapport d’impôts! L’enjeu du pont de Québec sera réglé une fois pour toutes!» a-t-il lancé au micro, aidé d’un écran où défilait son texte.

Avec les ponts comme décor, rien n’était laissé au hasard. Sauf qu’on ne peut pas tout contrôler. Surtout pas le trafic maritime, alors que se sont invités en arrière-plan pas un, mais deux vraquiers de la Canada Steamship Lines, entreprise longtemps détenue par l’ancien premier ministre libéral Paul Martin.

Deux militantes écologistes s’étaient aussi invitées pour déployer de façon très pacifique une banderole du groupe Extinction Rébellion marquée noir sur vert. Éveline Gueppe et Élisabeth Bourgault ne sont «pas d’accord avec les propositions» de M. Scheer en matière environnementale.

«On a besoin d’un changement radical pour sauver la planète de l’extinction», affirme Mme Gueppe, qui tenait dans un sac ventral le petit Émilio, raison première de son engagement. Les services de sécurité du Parti conservateur ne les ont pas empêchées de réaliser leur action et elles n’ont pas dérangé la bonne marche de l’événement.

On connaît la chanson

«Ce matin, les libéraux ont encore fait de la petite politique sur le dos des francophones», a d’abord indiqué M. Scheer, avant de repousser les attaques de ses adversaires. En cette journée de la fierté franco-ontarienne et 15e journée de campagne électorale fédérale, les libéraux avaient lancé les hostilités en demandant au chef du Parti conservateur de «dénoncer les coupes de Doug Ford contre les francophones». Le premier ministre ontarien Ford est d’allégeance conservatrice, mais provinciale.

«Peut-être c’est une surprise, mais le français n’est pas ma première langue», a ensuite dit un Scheer blagueur qui, soulignons-le, a beaucoup amélioré son français depuis un an.

«J’ai appris mon français grâce à des programmes d’immersion en Ontario et je vais toujours défendre les francophones partout au pays et surtout ici au Québec. Mais je vais être clair : je n’ai aucune leçon à recevoir d’un Parti libéral qui n’est pas capable d’écrire une chanson en français comme du monde!» a-t-il lancé, référant à l’incompréhensible Une Main haute! que les libéraux ont finalement dû retirer.

«C’est nous!», c’est qui?

M. Scheer ne s’en est toutefois pas pris qu’au parti au pouvoir depuis quatre ans, qu’il a quand même qualifié de «gouvernement indigne». Il n’a pas hésité non plus à viser le Bloc québécois dans ses attaques. 

«La reconnaissance que les Québécois forment une nation au sein d’un Canada uni, c’est nous!» a-t-il scandé, reprenant à son compte le slogan du Bloc «c’est nous!» «Un siège pour le Québec à l’UNESCO, c’est nous! Un règlement du déséquilibre fiscal, c’est nous! Le respect de la nation québécoise, c’est nous! Donner plus d’autonomie au Québec en matière d’immigration, c’est encore nous!»

Jeudi, M. Scheer passera dans la circonscription de son adversaire Justin Trudeau, Papineau, ainsi que dans deux autres circonscriptions montréalaises, soit Mont-Royal et Saint-Léonard–Saint-Michel.