Les candidats dans Lac-Saint-Jean, le libéral Richard Hébert, le bloquiste Alexis Brunelle-Duceppe et le conservateur Jocelyn Fradette, ont croisé le fer dans un débat portant sur l’avenir de l’agriculture, jeudi, à la ferme Gilbert et fils de Saint-Henri-de-Taillon. La députée sortante dans Jonquière, Karine Trudel, a participé au débat pour représenter le NPD.

L’avenir de la ferme expérimentale fait consensus

L’avenir de la ferme expérimentale de Normandin est assuré pour les prochaines années. C’est ce qu’ont promis tous les candidats dans Lac-Saint-Jean, jeudi, lors du débat organisé par la Relève agricole.

Questionnés sur cette ferme fédérale qui, rappelons-le, est à l’origine de la culture du canola au Québec, les aspirants au poste de député se sont tous engagés à maintenir le financement de la recherche et même à le bonifier.

Cette ferme demeure importante pour les agriculteurs de la région, de plus en plus confrontés à la concurrence mondiale, croit le président régional de l’Union des producteurs agricoles (UPA), Mario Théberge.

« On ne pourra pas sortir notre épingle du jeu dans les marchés de masse. Lorsque le prix est coté à la bourse, ça va être difficile pour nous, juste par rapport à notre climat. On ne se bat pas à armes égales. La seule façon de s’en sortir, c’est par une agriculture spécifique, nordique, bio, raisonnée. Notre ferme fédérale, à Normandin, sert à développer ces nouveaux produits. Mais c’est une infrastructure sous-utilisée. Les trois chercheurs en poste sont près de la retraite », a alerté le président régional.

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Député sortant dans Lac-Saint-Jean, le libéral Richard Hébert a rappelé que son gouvernement a réinvesti dans la recherche après les années Harper et assure qu’il maintiendra le financement de ce centre de recherche.

« Au Parti libéral, on croit en la science. On a rouvert une ferme que les conservateurs avaient fermée pendant leur mandat. On a ajouté 75 chercheurs chez Agriculture Canada. On n’a donc aucune intention de fermer la ferme expérimentale. Les budgets seront consentis », a répondu le libéral Richard Hébert.

Le candidat bloquiste dans Lac-Saint-Jean, Alexis Brunelle-Duceppe, va plus loin en proposant d’investir davantage dans cette ferme.

« Il faut absolument réinvestir dans la ferme. Surtout dans le contexte de changement climatique. Mais ce que je comprends, c’est que tout le monde ici (candidats) veut la même chose, il y a un consensus sur le sujet. Je vais donc veiller à ce que tout le monde s’en souvienne », a exprimé le candidat bloquiste.

Si la communauté scientifique a souvent dénoncé les conservateurs et leurs coupes dans les recherches, Jocelyn Fradette assure que le nouveau plan d’Andrew Scheer donne une place de choix à la science. En effet, dans son programme en environnement, le Parti conservateur promet d’investir davantage dans les innovations.

Les candidats dans Lac-Saint-Jean, le libéral Richard Hébert, le bloquiste Alexis Brunelle Duceppe et le conservateur Jocelyn Fradette ont croisé le fer dans un débat portant sur l’avenir de l’agriculture, jeudi, à la ferme Gilbert et fils de Saint-Henri-de-Taillon. La députée sortante dans Jonquière, Karine Trudel a participé au débat pour représenter le NPD.

« Oui, on manque de personnel (chercheurs) et on fera l’effort pour en trouver. Parce que dans notre plan, on vise à stimuler les innovations », a insisté M. Fradette.

Karine Trudel, du Nouveau Parti démocratique (NPD), ne fait pas partie de la circonscription Lac-Saint-Jean, mais la députée sortante dans Jonquière, qui s’est toujours montrée près de la communauté agricole, a été désignée pour représenter sa formation politique à la place du candidat Jean-Simon Fortin. Et la ferme de Normandin, elle l’a visitée et a constaté sa sous-utilisation.

« Les champs sont grands et les portes et lumières sont fermées. Mais tout passe par la recherche. Il faut augmenter le budget. Les conservateur ont sabré, les libéraux ont investi, mais ce n’était pas suffisant », a mentionné Karine Trudel, promettant un meilleur financement pour cette ferme laboratoire.

Gestion de l’offre

Les candidats se sont également engagés à protéger la gestion de l’offre ou, du moins, à compenser rapidement si le Canada en venait à créer de nouvelles brèches.

« Les bénéfices du libre échange sont évidents. Et dans nos négociations, c’est clair, on veut protéger la gestion de l’offre. Si ce n’est pas possible, ça prend des compensations juste et sur-le-champ. Il est inacceptable que vous ayez attendu quatre ans avant de les avoir. Le gouvernement vous a pris en otage », a affirmé Jocelyn Fradette, candidat conservateur.

Le candidat libéral a rappelé que les derniers accords ont été difficiles à négocier et que son gouvernement a agi de manière responsable en prévoyant des compensations.

« On a signé 14 accords. On ne peut pas se contenter de faire juste des affaires avec les Américains. Et il y a eu 10 % (parts de marché) de consentis. On n’y va de gaieté de cœur. Quand ç’a été fait, on a tout de suite dit qu’on allait compenser. On parle de 1,75 milliard $, dont 345 millions ont déjà été remis aux producteurs laitiers », a indiqué Richard Hébert, promettant qu’il n’y aura plus aucune concession de la part d’un gouvernement libéral.

C’est le candidat bloquiste qui va le plus loin en proposant de faire modifier la loi du ministère des Affaires étrangères, du Commerce et du Développement afin d’interdire toute brèche à la gestion de l’offre.

« Les conservateurs ont renié leur parole deux fois plutôt qu’une dans le passé. En 2018, on a proposé une motion pour protéger la gestion de l’offre. Votée pour à l’unanimité. Un mois plus tard, les libéraux reniaient leur parole. On refait une motion quelques mois plus tard, les libéraux renient encore. Une motion, pourtant, c’est une parole. Mais on voit bien que ça ne fonctionne pas. On a donc décidé de déposer un projet de loi pour interdire toute brèche dans la gestion de l’offre, et ce, dans tout accord commercial. Comme ça, ça sera une loi. Dans une optique de gouvernement minoritaire, on a une bonne chance que ça passe », a proposé Alexis Brunelle-Duceppe.

Du côté du NPD, on promet aussi de défendre bec et ongle la gestion de l’offre. Mais Karine Trudel souhaite aussi s’attarder à la réciprocité des normes. En effet, plusieurs produits importés au Canada ne sont pas assujettis aux mêmes normes que les produits d’ici. Des normes souvent plus contraignantes, défavorisant ainsi les producteurs québécois.

« La réciprocité des normes, c’est là que le bât blesse. On sera très pointilleux sur cet aspect », a assuré la députée sortante de Jonquière.