Justin Trudeau

Justin Trudeau admet qu’«il y a encore beaucoup à faire»

OTTAWA — Pour se préparer avant une course électorale difficile, Justin Trudeau aime monter des côtes — littéralement.

Au cours de la campagne de 2015, alors qu’il tentait de propulser son parti de la troisième position vers la tête, le chef libéral s’est attaqué au «Grouse Grind», un épuisant sentier de 2,9 km qui monte le versant escarpé d’une montagne surplombant Vancouver.

Il a réussi à se rendre au sommet en 54 minutes et 55 secondes, bien en deçà de la moyenne de 90 minutes. Il a laissé les journalistes, les photographes et les autres loin derrière et, quelques jours plus tard, le soir des élections, il a réservé le même sort à ses rivaux, Stephen Harper et Tom Mulcair.

À la fin du mois dernier, à l’aube d’une campagne pour un deuxième mandat, M. Trudeau a réussi à gagner deux minutes sur son temps de 2015, même en prenant des pauses pour des égoportraits avec d’autres randonneurs.

«J’étais [en train de penser] : “OK, j’ai quatre ans de plus, je suis en poste depuis quatre ans, assurons-nous que je suis toujours en forme”. Et j’ai réussi à gagner deux minutes, ce qui signifie que je suis peut-être un peu plus âgé, mais pas beaucoup», a-t-il dit quelques jours plus tard avec le sourire, lors d’une entrevue dans un café de Hamilton.

Cette fois-ci, à 47 ans, il est le plus âgé des chefs des trois principaux partis. Et il traîne un bagage politique derrière lui.

«Lorsque vous vous présentez pour la première fois, les gens peuvent projeter tous leurs espoirs et leurs rêves sur un individu, et j’ai eu l’honneur de porter ces espoirs et ces rêves», souligne M. Trudeau.

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Inévitablement, le chef libéral a déçu certaines attentes alimentées par la rhétorique habile et les promesses ambitieuses en 2015.

Il a déçu certains électeurs en renonçant à sa promesse de changer le système électoral uninominal majoritaire à un tour, d’autres en renonçant à la promesse de maintenir des déficits modestes pendant quelques années avant d’équilibrer les comptes fédéraux. Les écologistes se plaignent qu’il n’en ait pas assez fait pour lutter contre les changements climatiques, alors que pour d’autres, il en a trop fait, entravant l’industrie pétrolière de l’Alberta et imposant une taxe sur le carbone aux provinces récalcitrantes.

D’autres ont estimé que son programme de réconciliation avec les peuples autochtones était davantage un discours que des actions concrètes. Il a été ridiculisé pour ses tenues vestimentaires lors d’un voyage en Inde avec sa famille l’année dernière. Il a été blâmé pour avoir violé le code d’éthique des parlementaires à deux reprises. Deux importants ministres ont démissionné à la suite de l’affaire SNC-Lavalin.

À égalité avec les conservateurs

Les libéraux de Justin Trudeau se lancent dans cette campagne à peu près à égalité avec les conservateurs d’Andrew Scheer — les sondages les placent soit légèrement devant, soit légèrement derrière.

M. Trudeau espère que les Canadiens concluront qu’il mène au moins le pays dans la bonne direction.

«Je ne vais pas m’excuser d’être très ambitieux par rapport à ce que nous voulions faire» en 2015, a-t-il déclaré, insistant sur le fait que son gouvernement avait réalisé de «grandes choses» en matière d’environnement, de soutien à la classe moyenne, de réconciliation avec les Autochtones et de commerce international.

Ce dont M. Trudeau est le plus fier : l’Allocation canadienne pour enfants. Cette mesure a permis à 300 000 enfants de sortir de la pauvreté et a apporté une contribution significative aux familles qui peinent à joindre les deux bouts, affirme-t-il.