Saint-Tite passe du comté de Laviolette à celui de Champlain.

Une histoire de proximité

SAINT-TITE — À peine élue à la mairie de Saint-Tite, Annie Pronovost est déjà plongée dans une nouvelle réalité provinciale. Non seulement sa municipalité change de comté, passant de Laviolette à Champlain, mais elle doit composer avec la perte d’une ministre.

Le Nouvelliste vous présente une série de textes sur les enjeux des différentes circonscriptions. Aujourd’hui, regard sur Champlain

«Pour faire avancer des dossiers, on a été super choyé avec Mme Boulet qui venait d’ici aussi. C’est sûr que quand les gens font avancer nos dossiers, ça aide énormément. Je souhaite la continuité et surtout, avoir cette proximité qu’on avait avec Mme Boulet. En plus, on pouvait l’appeler Julie. Ça allait super bien. On avait cette accessibilité avec Mme Boulet. J’espère avoir du service comme on a eu. On a été super gâté avec Mme Boulet, elle connaissait très bien le territoire. C’est ce qu’on attend aussi de quelqu’un qui va être à la tête pour nous aider dans ce sens-là», fait-elle savoir.

Se disant de nature positive, la mairesse «espère que tout va bien se passer et que ces gens-là vont travailler pour nous sur notre territoire, qu’ils vont comprendre nos enjeux». «Avoir cette complicité-là avec un député, c’est merveilleux. Et on se tient entre petites villes et petits villages. C’est bien important pour moi. On est tous interreliés», poursuit Mme Pronovost.

Et l’une des demandes communes, c’est l’accès à Internet. «On n’arrête pas de le crier, c’est un besoin. Je pense à mes collègues à Notre-Dame, pour le télétravail, ce n’est pas possible. Ça coupe, c’est long. Ici, à Saint-Tite, c’est la même chose, j’ai des endroits où ça ne va vraiment pas de ce côté-là», rapporte-t-elle.

Un constat partagé par son homologue de Saint-Narcisse, Guy Veillette. «Tout le monde en milieu rural déplore l’absence de services corrects au niveau de la télécommunication, que ce soit Internet haute vitesse ou le signal cellulaire qui se rend mal dans plusieurs municipalités. Ça, c’est un élément d’enjeu. D’une certaine façon, il faut que nos campagnes puissent se développer aussi au même titre que les villes. C’est un outil de développement régional et local et d’occupation de nos territoires», affirme-t-il.

Celui-ci souhaite également la mise en œuvre de «tout ce qui s’appelle la gouvernance de proximité», qui fut amenée par le gouvernement libéral, soit confier aux MRC ou aux municipalités des rôles significatifs dans les opérations et dans les décisions qui touchent la gestion du territoire.

«Il y a un énoncé qui est intéressant, mais ce n’est pas encore atterri d’une façon concrète là-dedans. Les ministères ont encore beaucoup de mains mises, alors que c’est nous autres qui vivons dans les milieux. Il y a beaucoup de décisions qui sont encore centralisées à Québec. Je pense à la protection du territoire agricole. Ça devient quasiment déphasé. Ce ne sont pas les mêmes règles qui sont appliquées dans les couronnes de Montréal ou en périphérie des centres urbains versus ce qui est fait en campagne. Il y a un rôle à revoir de ces organismes-là», croit le maire.

Selon lui, le gouvernement doit songer à laisser certains pouvoirs au niveau des municipalités plus rurales. «Il y a eu beaucoup de concentration des différents ministères. La santé en est un exemple peut-être extrême. L’agriculture ne se retrouve plus dans les milieux ruraux, elle se trouve concentrée dans un ministère quelque part. Je comprends toujours le principe d’économie et d’administration, mais en même temps, ce sont des emplois de qualité dans nos milieux», explique-t-il.

Ce dernier plaide pour «un meilleur contrôle de nos outils de développement». «On a des débats avec la protection du territoire agricole pour favoriser du développement domiciliaire chez nous. C’est un enjeu. On veut permettre à des gens de demeurer chez nous», ajoute M. Veillette.

Outre le renouvellement des infrastructures, ce directeur général du Carrefour Emploi Mékinac soutient «qu’il y aurait lieu de repenser les programmes en lien avec l’immigration en région».

«Ce n’est pas seulement par du soutien au niveau des organismes comme les services d’accueil aux nouveaux arrivants, ça, c’est une première étape intéressante. On pourrait peut-être établir des seuils à respecter dans chacune des régions ou donner des crédits d’impôt pour permettre aux nouveaux arrivants de venir s’établir en milieu rural. Tous nos employeurs sont en besoin criant de main-d’oeuvre», suggère-t-il.

Pour ce dernier, avoir un ministre n’est pas une priorité. «Je souhaite d’avoir quelqu’un qui va continuer de travailler vraiment fort pour la population. Qu’il soit ministre, ça peut amener une certaine écoute au niveau du conseil des ministres, certaines entrées peut-être un peu plus intéressantes, mais pour moi, ce qui compte, c’est d’avoir quelqu’un qui va être vraiment dédié et qui va travailler pour le développement et le suivi des dossiers qui vont se passer dans le comté. C’est d’abord un représentant des citoyens. S’il est dans un poste de ministre, tant mieux, ça ouvre des portes, mais ce n’est pas une obligation», confie le maire Veillette.

Finalement, la mairesse de Saint-Tite identifie la mise à niveau de l’aréna et l’eau potable comme deux «gros dossiers» qui ont reçu l’aide de l’État... et de Julie Boulet.