De gauche à droite, le caquiste Sylvain Lévesque, le libéral Florent Tanlet, la péquiste Diane Lavallée et la solidaire Catherine Dorion participaient à un débat organisé par le Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, mardi

Tous les partis derrière la Politique culturelle du Québec

Les quatre principaux partis se sont engagés mardi à appliquer la Politique culturelle de 600,9 millions $ publiée en juin par le gouvernement Couillard. Pas question de la réévaluer, a assuré le candidat de la Coalition Avenir Québec (CAQ) dans Chauveau, Sylvain Lévesque, allant ainsi à l’encontre des propos tenus le 8 septembre par son chef François Legault.

Sylvain Lévesque participait à un débat organisé par le Conseil de la culture des régions de Québec et de Chaudière-Appalaches en compagnie du libéral Florent Tanlet, de la péquiste Diane Lavallée et de la solidaire Catherine Dorion, tous candidats dans Taschereau. 

D’entrée de jeu, il a réfuté les préjugés à l’égard de la CAQ selon lesquels le parti de François Legault ne serait pas particulièrement intéressé par la culture. Florent Tanlet n’a pas hésité à joué cette carte pendant le débat, rappelant que «M. Legault n’a pas posé une seule question sur la culture en quatre ans».

«La culture est au centre de notre intervention», a assuré M. Lévesque, dont le parti s’engage à faire en sorte que les artistes soient mieux reconnus et mieux diffusés, notamment à l’étranger. 

Lorsque Florent Tanlet, puis Catherine Dorion, lui ont rappelé les propos tenus par François Legault lors du dévoilement du cadre financier de son parti — le chef de la CAQ disait vouloir réévaluer les programmes gouvernementaux lancés sous les libéraux, dont l’imposante Politique culturelle du Québec —, Sylvain Lévesque s’est montré ferme: «La Politique culturelle, le 600 M$, nous l’appuyons, c’est une augmentation sur cinq ans, et nous l’appuyons.» 

M. Lévesque s’est défendu de contredire son chef, référant son adversaire libéral au «document d’orientation culture» de la CAQ, à l’intérieur duquel «nous sommes très clairs». 

Le candidat de la CAQ a également dû répondre à une attaque de la péquiste Diane Lavallée, qui se demandait «où était la CAQ lorsque est venu le temps de soutenir le Diamant de Robert Lepage», elle qui dit vouloir «favoriser les lieux de diffusion». 

«Votre parti s’y est opposé [avant de finalement appuyer la subvention]», lui a rappelé Mme Lavallée. Sylvain Lévesque a rétorqué que son parti avait toujours été favorable au projet, mais qu’il voulait une plus grande participation du privé. 

Globalement d’accord

Le débat se sera du reste passé essentiellement sous le signe de l’harmonie, tous les candidats s’étant montrés sensibles aux demandes du Conseil de la culture de rehausser à 2% la part de la culture dans les dépenses publiques, d’améliorer le financement du Conseil des arts et des lettres du Québec (CALQ) et de maintenir l’indépendance de la société d’État. 

Ils se sont aussi globalement dits d’accord pour protéger le patrimoine bâti et religieux, soutenir la culture dans les régions, faciliter le virage numérique des organismes du milieu artistique, améliorer les conditions de vie des artistes (tant le PLQ que la CAQ proposent à cet égard de revoir les deux lois sur le statut des artistes) et favoriser l’accès des jeunes à la culture, notamment par l’entremise d’un financement adéquat des sorties scolaires en milieu culturel. 

Développer Télé-Québec

Tous ont par ailleurs reconnu le rôle de la ville de Québec comme «capitale culturelle», estimant nécessaire de l’aider à rayonner à ce chapitre, ici et à l’étranger. Florent Tanlet a rappelé à cet égard l’entente de développement culturel de 56,6 M$ que son gouvernement a récemment conclue avec la Ville de Québec. «C’est 15 millions de plus que d’habitude», a-t-il souligné.

Les candidates Diane Lavallée et Catherine Dorion ont proposé de favoriser la production télévisuelle à Québec dans les bureaux de Télé-Québec, à qui QS veut donner le mandat de développer une plate-forme numérique jeunesse. 

Jugeant essentiel d’améliorer le rayonnement culturel du Québec à l’international, Sylvain Lévesque s’est dit d’avis que Télé-Québec pourrait être utilisé «comme le vaisseau amiral de la diffusion au Québec». «Cet organisme-là a été délaissé au cours des années, et on doit s’y attaquer», a-t-il dit.

Tant la CAQ que le PQ et QS ont par ailleurs promis de «protéger» les créateurs québécois des «Netflix et Spotify de ce monde» et de régler le problème d’inéquité fiscale. «Ce n’est pas dans les bureaux de Mélanie Joly ou de ses successeurs que se décide la culture de Québec et du Québec», a lancé Diane Lavallée.