Sylvian Gaudreault

Sylvain Gaudreault «sous le choc»

Vingt-quatre heures après la soirée électorale, le député péquiste de Jonquière, Sylvain Gaudreault, se dit « secoué » et « sous le choc » après avoir vu le Parti québécois remporter seulement neuf sièges sur 125.

Lundi soir, Sylvain Gaudreault a été élu avec 48,35 % des voix contre 32,47 % pour Benoit Rochefort de la Coalition avenir Québec, avec tout près de 5000 votes de majorité.

« C’est un sentiment très partagé. Je suis extrêmement fier et heureux de mon résultat à Jonquière. Mais je suis secoué et sous le choc de nos résultats au niveau national. D’avoir vu la défaite de plusieurs de mes collègues, c’est troublant », a-t-il avoué lors d’un entretien téléphonique avec Le Quotidien.

« Dans 24 heures, on ne peut pas faire un diagnostic final. Mais là, il faut qu’on se regarde dans le miroir. En 2012 et en 2014, on a essayé de ne pas trop modifier les choses. On a essayé la même recette. Là, on est face à nous-mêmes. On a des forces et il faut construire là-dessus. On a 80 000 membres et notre programme est décidé démocratiquement. On a trois piliers au Parti québécois, soit l’indépendance, la social-démocratie et la lutte aux changements climatiques. Il faut les rendre plus intelligibles », a-t-il poursuivi.

Sylvain Gaudreault a refusé de se prononcer dans quelle mesure le résultat aurait pu être différent avec Alexandre Cloutier comme chef, plutôt que Jean-François Lisée. « Je ne fais pas de politique-fiction », s’est-il limité à répondre, lui qui était chef par intérim lors de la dernière course à la chefferie.

Ainsi, il appuie toujours la décision prise par son chef, soit de repousser un éventuel référendum sur l’indépendance à un second mandat. « Je ne pense pas que c’était un mauvais choix. En 2014, on disait qu’on avait perdu à cause du poing brandi de Pierre Karl Péladeau et que Mme Marois n’avait pas été claire sur le référendum. On perdait parce qu’on nous reprochait d’en parler, et là on dit qu’on a perdu, car on n’en a pas parlé », a-t-il ajouté.

Pour ce qui est de la suite des choses, il doit d’abord y avoir une rencontre entre les neuf élus. Et pour l’instant, Sylvain Gaudreault refuse de dire s’il fera partie d’une éventuelle course au leadership ou s’il acceptera à nouveau d’assumer l’intérim.

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FURIEUX CONTRE LES SONDAGES

Même s’il a remporté la victoire avec son plus fort pourcentage en cinq élections, Sylvain Gaudreault digère très mal l’admission d’erreur de la firme de sondage Mainstreet Research concernant le premier sondage publié pour la circonscription de Jonquière.

Un premier sondage publié le 8 septembre, d’abord sur le site Internet du Quotidien, donnait une avance de 14,4 points à Benoit Rochefort (42,6%) face à Sylvain Gaudreault (28,0%). Ce sondage avait été réalisé sans indiquer les noms des candidats, car les candidatures n’étaient pas finalisées, avait argué plus tard Mainstreet Research. Un second sondage publié le 25 septembre, celui-là avec les noms, donnait une égalité virtuelle avec respectivement 38,0 et 38,1%.

Or, l’écart de 0,1% en faveur de Benoit Rochefort s’est transformé en avance de 15,9% pour Sylvain Gaudreault lors du vote. «Dans notre premier sondage de Jonquière, nous nous sommes trompés. Dans la seconde, nous vous avions légèrement en avance. De toute évidence, vous avez eu l’élan, vous avez travaillé fort pour une victoire impressionnante. Toutes nos félicitations», a répondu mardi midi le vice-président de Mainstreet Research, Steve Pinkus, à Sylvain Gaudreault via un message sur Twitter. «Je suis hors de moi, ce n’est pas sérieux. (...) Quand j’ai vu le tweet de Pinkus, je n’en revenais juste pas», a indiqué au Quotidien le député. Sylvain Gaudreault en avait notamment contre la confection d’un échantillon comprenant des gens joints aléatoirement sur leur téléphone cellulaire, car selon lui, rien ne prouve que les gens se trouvaient bel et bien dans sa circonscription. La méthodologie de Mainstreet indiquait que «dans le cas de la composition aléatoire, les répondants ont dû répondre à des questions supplémentaires sur leur région de résidence».