Changer le régime forestier serait « une grosse erreur » selon Philippe Couillard.

Régime forestier: « Une grosse erreur »

Philippe Couillard s’inscrit en faux contre la proposition du chef de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault, de changer le régime forestier.

Le candidat libéral dans la circonscription de Roberval et premier ministre sortant a tenu à réagir aux propos de son adversaire qui a déclaré qu’un gouvernement caquiste donnerait des droits forestiers à des entreprises pendant plusieurs années plutôt que de leur demander de participer au système d’encan actuel. Selon François Legault, cette mesure donnerait « plus de prévisibilité » aux entreprises.

« C’est une grosse erreur de faire ça. Il faut rappeler que lorsqu’on a fait la création du régime forestier juste après la crise forestière de 2010, l’aspect le plus important, c’était la création du bureau de mise en marché pour recréer, dans l’écoulement du bois québécois des propriétaires publics, une situation qui ressemble au libre marché. C’est absolument important pour résister aux Américains », a déclaré Philippe Couillard.

Selon lui, il s’agit probablement de l’un des principaux arguments pour aller contrer la proposition de nos voisins du Sud de nous imposer des pénalités.

« Si on gagne en cour contre eux autres, c’est grâce au bureau de mise en marché. Est-ce qu’on peut l’améliorer ? Oui. Est-ce qu’on peut l’assouplir ? Oui. Mais l’écarter, c’est une très, très mauvaise idée qui va à l’opposé des intérêts de l’industrie de la forêt au Québec », a-t-il martelé, depuis la Beauce.

Le porte-étendard libéral croit que François Legault n’a pas bien étudié cette question.

« Il n’est pas là pour rien notre bureau de mise en marché. Il est là spécifiquement pour créer un endroit dans l’industrie de marché libre qui nous permet de nous défendre contre les Américains », a-t-il noté.

Arianne Phosphate
Dans un autre ordre d’idées, Philippe Couilard s’est réjoui de l’annonce d’un premier contrat signé par Arianne Phosphate avec un client européen, dont le nom ne peut être dévoilé. Il s’agit, selon l’entreprise, d’un premier pas vers la concrétisation du projet de mine de phosphate au Lac à Paul.

« C’est une excellente nouvelle. C’est une nouvelle déterminante. Souvent, quand un premier client se manifeste, les autres vont suivre », a-t-il affirmé.

Enfin, le PM sortant a aussi réagi au dossier de l’accaparement des terres agricoles, après qu’Alexandre Bernier, un jeune agriculteur, ait soulevé la proximité entre François Legault et Charles Sirois. L’homme d’affaires Charles Sirois a acheté des terres agricoles qui étaient détenues par la Banque Nationale au Lac-Saint-Jean en 2013.

« Je remarque qu’il n’y a aucun engagement de leur part pour l’accaparement des terres. Nous, on a pris l’engament de limiter à 100 hectares l’attribution annuelle. M. Bernier soulève la possibilité de la proximité entre M. Legault et M. Sirois. C’est lui qui pose la question. Peut-être que la CAQ pourra répondre à ça, mais j’aimerais ça comprendre pourquoi ils n’ont pas pris d’engagement là-dessus », conclut Philippe Couillard, qui devrait rentrer en région en fin de semaine, tout juste avec les élections de lundi.