Le candidat de Québec solidaire dans Roberval, Luc-Antoine Cauchon, a présenté l’idée de créer une banque d’État devant la succursale de la Banque Laurentienne, qui fermera ses portes au courant des prochaines semaines.

QS: une banque d’État proposée

À mi-chemin dans le marathon qu’est l’actuelle campagne électorale, Québec solidaire propose la création d’une banque d’État ainsi que plusieurs moyens pour appuyer l’industrie de l’agriculture.

Le candidat de Québec solidaire dans la circonscription de Roberval, Luc-Antoine Cauchon, est revenu sur ces idées, dévoilées au cours des derniers jours au plan national, qui s’inscrivent dans les trois thématiques de sa campagne.

C’est devant la succursale de la Banque Laurentienne qui fermera ses portes le mois prochain que Luc-Antoine Cauchon a présenté l’idée d’une banque d’État. L’objectif n’est pas de nationaliser tout le secteur bancaire.

« On veut offrir une alternative qui est saine et qui offre des tarifs raisonnables. La plus grosse dette qu’une personne peut avoir, c’est son hypothèque. On est à la merci de ce secteur qui n’est pas réglementé de la bonne manière », explique celui qui déplore les congés de taxes offerts aux institutions bancaires qui n’offrent plus, à son avis, de services adéquats.

La banque d’État permettrait également, selon lui, de conserver des points de services bancaires dans les villages.

Agriculture de proximité
Québec solidaire souhaite une agriculture de proximité. Celui qui porte les couleurs du parti dans la circonscription de Roberval mentionne, entre autres, l’intention d’encourager les petits producteurs, notamment en augmentant certains quotas.

L’alimentation locale se retrouve également au cœur des idées du parti. « On voit cela dans une démarche de vases communicants. Si les gens mangent mieux, ils seront plus en santé. S’ils mangent localement, il y aura moins de pollution et ça fera plus d’économie dans le coin et on fera vivre nos agriculteurs. On veut appliquer une vision de l’agriculture qui est locale, bio et environnementale », explique M. Cauchon.

Les établissements publics seraient également impliqués, alors que ceux-ci auraient comme mission de s’approvisionner au maximum chez des producteurs locaux.

Questionné quant au rôle du gouvernement dans cette façon de faire, M. Cauchon est d’avis que des incitatifs permettraient d’atteindre l’objectif. Il ajoute que le changement souhaité est majeur et que les fonds nécessaires seraient investis.

Questionné au sujet de l’affirmation du député de Roberval et premier ministre sortant, Philippe Couillard, qui soutient avoir choyé sa circonscription, M. Cauchon est catégorique.

« Je trouve ça triste un peu. Je me dis que Lac-Saint-Jean et Jonquière, vu qu’ils n’ont pas voté pour Philippe Couillard, n’auront rien. C’est quoi, il faut absolument voter du bon bord pour avoir un petit peu d’argent ? C’est un cadeau empoisonné, on mise sur le court terme. Le palais de justice, ça se serait fait quand même, c’était dû, ça fait des années que c’est sur la table. La prison de Roberval, ce n’est pas Philippe Couillard qui a amené ça. Les minicentrales, c’était sur la table depuis longtemps. L’usine de Chambord, s’il n’y avait pas de volonté patronale, ce n’est pas Philippe Couillard qui aurait amené ça », affirme celui qui espère un débat d’idées.

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DES MESURES DE LUTTE À LA PAUVRETÉ

Les candidats de Québec solidaire (QS), Pierre Dostie dans Chicoutimi et Manon Girard dans Lac-Saint-Jean, souhaitent faire de la lutte à la pauvreté leur priorité dans leur circonscription respective.

Lors d’une conférence de presse tenue au local électoral de la rue Racine, M. Dostie et Mme Girard ont proposé de hausser les prestations d’aide sociale à 18 000 $ par prestataire, un seuil minimum pour assurer les besoins de base de la vie courante. Actuellement, les personnes aptes reçoivent des prestations de 648 $ par mois, selon M. Dostie.

Les candidats de QS ont affirmé s’inscrire en faux contre l’approche du régime actuel qui fait la distinction entre les personnes aptes et inaptes au travail dans l’application de l’aide de dernier recours, « le tout basé sur des préjugés ». Mme Girard affirme qu’il faut cesser de faire la distinction entre les bons pauvres et les mauvais pauvres.

Advenant l’élection d’un gouvernement solidaire, un projet pilote qui assurerait un revenu minimum garanti inconditionnel couvrant les besoins de base serait mis sur pied. La prestation viserait 12 000 personnes vivant sous le seuil de faible revenu, peu importe leur situation d’emploi. QS estime, de plus, que les programmes d’intégration aux études ou à l’emploi ne sont pas suffisants puisqu’ils ne sont pas ajustés à la réalité du marché du travail et à la réalité des personnes en processus d’emploi.

Alors qu’il œuvrait au Centre local d’emploi (CLE), M. Dostie a relaté qu’une enquête destinée à connaître les motifs d’emploi chez les personnes aptes au travail a démontré que les problèmes de gardiennage, des difficultés de comportement, de consommation et de transport sont les plus souvent évoqués. « Ces gens ont besoin de coups de main provenant de travailleurs sociaux, de gens des commissions scolaires, des centres locaux d’emploi. Il faut combiner nos efforts pour aider ces personnes », affirme-t-il.

La mise en place d’un régime universel de soins dentaires, la création d’un régime d’assurance médicament semblable et l’éducation gratuite constituent d’autres mesures prônées pour assurer une lutte efficace contre la pauvreté. 

M. Dostie a mentionné que l’argent utilisé pour aider les pauvres est de l’argent qui retourne dans l’économie locale. « Je suis fière d’être la candidate de Québec solidaire dans Lac-Saint-Jean pour faire la lutte à la pauvreté et non la lutte aux pauvres », a indiqué pour sa part Mme Girard. DENIS VILLENEUVE

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MARCEL LAPOINTE APPUIE LOGE M'ENTRAIDE

Le candidat de Québec solidaire dans Jonquière, Marcel Lapointe, appuie « sans réserve » la demande de complément de financement faite à Saguenay par Loge m’entraide pour la concrétisation de la Coopérative d’habitation La Solidarité à Kénogami. « Ce qui est bon pour pitou, soit le Patro de Jonquière, est aussi bon pour minou, la Coopérative d’habitation La Solidarité. Ces deux organismes communautaires qui travaillent pour le bien des moins nantis de la société jonquiéroise ont tous les deux accompli des efforts remarquables pour la réalisation de leur propre projet par des campagnes de financement auprès de généreux donateurs et la population. Aux élus maintenant de faire leur part en répondant positivement à la lettre de la coordonnatrice de l’OSBL Loge m’entraide, Sonia Côté, parue dans le journal Le Quotidien de Saguenay aujourd’hui », affirme Marcel Lapointe dans un communiqué. ANNE-MARIE GRAVEL