Jean-François Lisée s'est arrêté dans un Tim Hortons de Lavaltrie pour le lunch, samedi.

Pas de crainte de perdre des services avec le PQ, dit Lisée

Il n'y a pas de risque à voter pour le Parti québécois — un choix sans austérité — car il va maintenir les services à la population, a soutenu samedi le chef Jean-François Lisée aux électeurs. Il a lancé du même souffle «l'Opération Convaincre» pour laquelle il a mandaté toutes ses troupes.

Voilà un argument qu'il offre aux électeurs, à deux jours du scrutin.

Le PQ est «l'antidote» pour ceux qui craignent de perdre des services, a-t-il expliqué à des dizaines de militants s'étant levés tôt pour déjeuner avec le chef à Terrebonne, dans la couronne nord de Montréal.

«Il n'y a pas de risque avec le Parti québécois, parce qu'il n'y aura pas de compressions dans l'éducation, pas de compressions pour la santé, pour les aînés. Parce que notre cadre financier est le plus économe et il est le plus solide de tous les cadres financiers.»

Et puis, ce cadre qui assure les besoins essentiels permet d'être les plus visionnaires pour l'environnement, et d'être une société plus équitable, explique M. Lisée.

Il rappelle qu'avec leurs compressions, les libéraux ont fait souffrir les gens. Il a ainsi réutilisé l'un de ses arguments — ou avertissement — de début de campagne: n'échangez pas l'austérité libérale pour de l'austérité caquiste.

Le dirigeant péquiste se veut rassurant et maintient que rien n'est encore perdu.

De 15 à 20 % des citoyens prennent leur décision dans les 48 dernières heures avant l'élection, a-t-il glissé. S'ils votent tous pour le PQ, celui-ci peut former un gouvernement majoritaire, calcule le chef.

Il faut donc les trouver. Il a donné pour mission à ses partisans de mettre la main sur deux ou trois indécis chacun et les convaincre de voter PQ. «Tant que vous ne les avez pas trouvés, vous ne vous couchez pas», les a-t-il sommés en riant.

«Alors on lance aujourd'hui l'Opération Convaincre.» Un appel lancé à Terrebonne et répété devant d'autres groupes de militants à Trois-Rivières puis à Québec, où Diane Lavallée tente de succéder à Agnès Maltais dans Taschereau.

La tâche pouvait paraître lourde, mais un converti s'est présenté de lui-même au point de presse, qui a eu lieu peu après à Saint-Esprit, dans Lanaudière, sous un soleil radieux. M. Lisée a invité «son nouveau meilleur ami», qu'il venait de rencontrer, dit-il, à parler devant les caméras.

Cadeau de campagne

Walter Murphy dit être un libéral qui va voter pour... le PQ, est-il venu déclarer au lutrin de M. Lisée et de son équipe. Le chef lui a cédé sa place, trop heureux de ce cadeau inespéré.

«Mon coeur est encore libéral, mais je ne voterai pas libéral. Avec toutes les choses qui se passent, je pense que c'est ben beau rire du monde, mais je pense que c'est assez.»

Le candidat de la CAQ, c'est une girouette, a dit l'homme, qui habite dans la circonscription de Rousseau. «Moi, je voterai pas pour un gars de même.»

M. Legault, le chef de la CAQ, veut enlever les taxes scolaires. «Ben oui. Où il va prendre son argent le pauvre gars?... C'est tout.»

Le 1er octobre, M. Murphy va voter PQ, et a même convaincu 18 personnes de voter comme lui.

«Pis il reste aujourd'hui et demain», a lancé le sympathique converti au franc-parler, qui a volé la vedette.

Il a aussi épargné à M. Lisée de répondre à une question délicate : le chef est-il stoïque et acteur alors qu'il se rend compte qu'il se dirige possiblement vers une défaite?

Le chef refuse de baisser les bras en public, et enchaîne les blagues, malgré deux sondages en deux jours qui confineraient son parti à la troisième place.

On va causer la surprise, maintient-il depuis quelque temps. Et il rejette tout scénario post-défaite électorale : «Moi la bataille qui m'intéresse, c'est celle pour la première place».

Les militants péquistes suivent l'humeur de leur chef et demeurent enthousiastes lors des rassemblements. «On va gagner, on va gagner!» ont-ils scandé lors de l'arrêt à Québec. Et même : «Murphy! Murphy!» quand le chef Lisée leur a raconté l'anecdote du jour.

Parmi les militants présents samedi la pancarte à la main, certains conçoivent que le PQ ne sortira pas gagnant lundi, tout en se disant fiers de la campagne péquiste. D'autres disent être convaincus que les nombreux indécis se tourneront vers leur parti.

En cette 38e journée de campagne, l'autobus psychédélique du PQ s'est arrêté dans six circonscriptions, de la couronne nord de Montréal jusqu'à Trois-Rivières, Québec et même sur l'île d'Orléans.

Cette dernière circonscription, Charlevoix-Côte-de-Beaupré, était celle de Pauline Marois, l'ex-première ministre péquiste.

Afin de regagner son siège, perdu en 2014 aux mains de la libérale Caroline Simard, le PQ présente cette fois-ci la fille de Félix Leclerc, Nathalie.